n A anaa. a a R e a LE DV SIEEE D E PHILISBOYRG; Et de ce qui'y eft paflé de jour à autre, depuis | le dixieſme May juſ⸗ quau dix-ſept Septem- bre 1676. Avec ſa Ca- pitulation par vn Of- ficier de la garnifon. A STRASBOVRG, Chez Simon Paully. 1676» AY LECTEYE E Jiege de Philiſ- bourg fè fón 1s dou te iexpedition la plus fameufe qui fe foit fat- te dans cette prefente Guerre; mais comme la refiflante ,que les alliés ont trour VÊ; dont lat- taque de cetteplace, f. fait Peut- efir plus de la moitié dè ce qui s 7 efl pafe A glorieuæ: ie vous En c Pama? icy un journal, vecneilly Parun C ffic ier, A iij AUV LECTEUR. de la Place, qui ny a rien obmis que se quil pouvoit dire à Jonavan- tage: Si le fyle vous en parroift dur EP Jans Art, les ckofes vons en doivent paroifire plus aſſeurbes plus fidel- les. Ceſt la maniere dé- arire de ceux quine font infpirex que par les cho- Jes mefme dans un recit fort éloquent ,ileft rare qu'on foit exa, ν il eft fort ordinaire qu'on AV LECTEUR, abandonne fes memoirs pour retrancher ce que vut l Art; oa pour y joindre ce que limagi- nation fe forge. On peut dire que ceux- la font ce qu'ils efcrivent, am lieu que dans ce que ig vous donne: on diroit que les ations sy font eles mefmes décrites, TFOYVRFRNABH du Siege de Philif- bourg, e> de ce qui fi eft paſſQs“s depris le 16. May 1676. jufquè au jour de fa Reddition. L dixieſme May'on ent avis que les Ennemis eftoienr à la Digue qui vient de la petite Hol- lande au Fort,& qu'ils'eftorent empatez dlune barierre qui eftoit a la grande portée du mouſquet de noſtre Fort que gardoit un Ser- gent& fix hommes qui firent leur décharge> ainfi qu'il leur eſtoit ordonné& fe retirerent fur cet avis, Monfieur dua Fays partit de la Ville avec cent Dragons de fon Regiment&'en alla au Fort, où eltant arrivé il ne jugea pasà pro" pos de donner tcmps aux Ennemis 1 de-'y établir pour cette effet zl on détachâ cinquante Dragons/Com- mandez par le ſieur de Ronville Major& commandant fon Regi- ment, le ſicur de la Riuoy Capi- taine de Grieux& le Chevalier Bayart Licurenant des Dragonssy la Salle Lieutenant& volontaire qui avec leurs troupes'épée à la maia, allerent avec toute la vi- gueur poſſible attaquerent les En- nemis retrenchez au nombre de quatre vingt,& un Ploton'en- vlron cént hommes qui le{oufte- noient cette petite troupe fut a- vec tant de fermeté qu'elle ren- verſa les Ennemis& leur fit qui- ter leurs poſte& leur Armes, fga- voir bien vingt mouſquets plus de quatre vingt Spontons& quelques autres ſacqs, deux de leurs Sol- dats y furent tuez& deux bleſſez emmenez priſonniers, neus'y culmes qu'un Dragon. bleffé, le ficur. de. Grieufe le fut'une ccm- tufion au front, le fiecur de Ron- ville garda la}Barriere,& efcar- mocha jufqu'au foir que Mon- 2 ficnr du Fays'envoya retirer, on y laifla{aint Vincent Lieutenant ayec trente: hommes; qui fur les vaze heures du foir y fut attaqué’ par une allez grande troupe, il fit trois décharge.&[e retira ainfi gu'il Iuy eftoit ordónné, La nuit du vnze'Ennemy fit une batterie à la barriere; mais le matin'on en oppoſa une autre de deux pieces qui furent placées fur la courtine du vieux Fort Deſpe- nan, les foins des feurs de la Butte& de Maignan reüſſitent tres bien& cette batterie incommoda fort celle des Ennemis, ce melme iour les Ennemis ſe vinrent poſter à une autre barriere qui eſt dans un chemin qui vient de Spire qui elt tout droit deyant la face du ba- {tions du Fort, monfieur du Fays creut de Jes-en efloiguer 5 pour ce {ujet il commanda le fieur de la Riuoy Capitaine avec cinquante Dragons, Mont Sapin Licutenant & un Cornette avee le ſieur de Liflet Capitaine au Regiment Du- ) 8 pleſſis Praſlin, avec trente homa mes& un nommé du Cros, tous les Officiers Dragons & Soldats: y furent ayec une refos lut o2& une fermeté tres-grande, 'action fut chaude les Ennemis eftoient au meins quatre contre un, 'eſt à dire qw'ils eſtoient trois à quatre cent hommes, nos gens les pouſſerent& chafferent plus de cent pas où ils: trouverent un bataillon fur le ventre, ce qui des obligea à faire leurs: retraitte avec bbn or= dre; nous en tuafme beaucoup des leur: mais noftre perte fut plus grande par la mort du'ficur de la Rivoy, dedu Cros qui y fat blef- fè dont il en eft mort& du ſieur d: Bouchard Capitaine de Navat- re& ingenieur, qui y eſtoit allé volontairement à Paveu de Mona feur du Fays;'eftoit trois tres braves Guerriers, nous y cufmes cinq bleſſea& un Dragon tué Pon ne peut dire, combien'Officiers & Soldats que les Ennemis perdi- tent„Iaction fut tres-belle, la meſme nuit on fit démolir cætte barriere. 4 Le Mardy 1i. la nuit lon fit donner feptou huit fois'allarme, le fieur de Ronville Maior des Dragons avec Beaulieu Licutenant de Picardie& cinq ou fix hom- mes quelquefois dix, eurent tou- te cette nuit les Ennemis en tefte du cofté de la premiere Barrieres du coſté de Spire, Ennemy y fit une batterie de deux pieces, cette mefme nuit du douze,'on chan- gea noftre contre batterie& en Lavanęa juſque ſur le bord du Rhin pour découvrir celle que P Enne- my avoit auprés de la barriere,& Janoftie démonta leurs pieces, fi bien qu’ils ont elté preſque toute la journée fans tirer un coup. Les Enhnemis ont avancé leurs travaux cette nuit du cofté de la barriere de Spire: mais fort peu, ils ont fort efcarmouché dont la Coſte Lievtenanta elté bleffé Le Mercredy r3.la batterie que T Ennemy fit du coté dela barrie- re de Spire, tira le matin, là les pieces en eftoient fott groffes, il y eut quatre à cing batterie. ette j Cette nuit'Ennemy condui- fit fa trenchée, depuis la batterie de la barriere de la petite Hollans de iufque à celle du cofté de Spi- re, ayant trouvé dans les brouf= failles un foffé propre& tres com- mode pour eux;- mais depuis cette derniere barriere'ils fe{eruirent de Gabions, le terrain eftant tresa difficille à eauſe des racines; ce mefme iour 13, Tes Ennemis'em- parerent de la redoute verte qui eftoit à la portée du Canon de cette place,& qui eftoit gardĉêe par un Sergent& dix hommes, qui avoient ordre de ſe retirer aufſi- toſt qu'ils verroient une grande troupe: Enſuite ils détacherent deux battaillons, dont'un prit le droit du Marais&'autre ſur Ia Chauſſee, qui vient à la pleine qui eft entre le Rhin& la Ville; ils ‘uviirent une trenchée tout le long du Rhin à deffein de nous en ofter la communication> pour nous empefcher par ce moyen du fecours au Fort,’y pouvoir en retirer ceux qui le deffendoient. b 6 La nuit du 13. au i4. les En- nemis approcherent leur batterie qu'ils avoient àla barriere du cô- té de la petite Holladne de plus de 15. pas; nous retiraſme qua- tre pieces de Canon du Fort& ramenämes à la Ville crainte'a- cident, les Ennemis ietterent for- ces bombes toute la journée„& firent une batterie fur le bord du Rhin à la tefte de la trenchée du cofté dela plaine, entre la Ville& le Rhin qui voit noftre Fort par la gorge, ce qui nous fit juger que nous aurions grande difficulté de mettre du monde quand nous voudrions, ne pouvant y aller que de nuit& le Rhin eft tres difi- cille à paffer de nuit, Le Jeudy 14. Papres-midy nous tizafme quelques coups de Canon à la batterie dont ie viens de par- ler,& dont Ion ne tira pas gran- de vtilité, le paulement de la bat- terie eftant tres-bien, fur les fept heures du foir les Ennemis atta- uerent un Lieutenant qui eftoit dau un creux avec quinze homs a a a a aaa T C T aani ( ] F mies s entre noftre Contrefcarpe & leur retranchement fur la Digue. Ils en chaſſerent le Lieutenant qui ne fit aucune refiftance que celle de faire fa dèckarge,& fe retirer’ en bon ordre, comme‘il ñt:’on fitun fort grand feu; les Ennemis fe logerent au pofte“où eftoit ce Lieutenant, noftre Canon les in- commoda fort ea cér endroit, Monſieur le Gomery fut brulé'un fac de poudre qu'ane bombe al- lamée tomba dans noſtre Contreſ- carpe,'on ne releva pas le monde du Fort, depuis le 12, Monfieur dua Fay'ayant iugé à propos. La nuit du 14. au 16.'on a re- tirẽ cette nuit trois Capitaines, au- tant de Licutenans& fous Lieu- tenans,& cent cinquante hommes, ils reſta pareil nombte tant'Of- ficiers que Soldats, le ſicur Liſlet Capitaine au Regiment du Pleſſis, relta aufi avec cinquante hom- mes„ les trois autres Capitaines font le fieur Lot de Gimarel> de Navarre,& le fienr de Rigolle de Normandie, nous mifmes auff b ij $ cette nuit noſtre Pont vollant à fond du Rhin. Vendredy 15. Pona ce foit re» leué les Officiers& Soldats qui- eftoient-dans ce fort, ayec pareil: nombre que celuy qui y eſtoit. Samedy 16.’on a fait un tres- grand feu auiourd’huy tant de mouſqueterie que de Canon, le fieur Dampmartin Lieutenant re- formé aelté tué fur fa banquette ’un coup de Canon, noſtre Ca- uallerie& Dragons firent certe apres difnée le coup de piſtollet ayec celle des Ennemis, qui vifita- Ia pla ine du Moulin, Grieux Licu- tenant de Monſieur du Fay eut ſon Che val bleſſé. La nuit du ig. au: 17. lon fit encore un fort grand feu, tant les Ennemis que nous, cela dura iuf- que apres de dix heures, enfuite dequoy le ſieur de Teſſy Capitai- ne au Regimeat Dauphin que- Monficur du Fay avoit fait paffer avcc ṣo. hommes frais& quelques- Grenadiers avec la Sallë& Sevau Licutenans, ils firent une fortie fort vigoureufe chaffant lEnnemye œ çD x bkd 9 de la tefte de leurs trenchées,&ren= verſant force Gabions,& ne perdis rent ny Soldats ny Officiers, cette meſme nuit les Ennemis qui étoient {ur le bord du Rhin du eoſté de la Ville entreprirent de pouſſer le fleur de Seſley Lieutenant du Re- giment de Normandie qui eftoit fort prés deux& qui eſcaimouchoit: ce Lieutenant les receut tres-bien& de fort prés gquoy qu'il'euſt que 20. hommes, le fieur de Foflac Capitaine du Regiment Dauphin foûtint ce Lieutenantilalla au de- vant des Ennemis tres-bien, leur fit fa décharge& lì eftoit foûtena 'un fort grand feu que lon fit du rideau qui reſtoit de la petite Con- treſcarpe; les Ennemis ne laiſſaire pas'Allarmer une Baraque de planches fur le bord du Rhin, par quelques Grenades qu'ils iettoient, ils ne nous tuerent qu'un Soldat, ilts en laiflerent quinze où feize des leurs» il y avoit un bataillon& Te où$. eſcadrons Autant que le feu de cette baraque nous le peut faire Jager; ils fe retirerent avec affez de i b iij 10 confuſion,& quoy que ee fuſt de nuit noftre Canon leur fit prendre le parti de'en aller fort vite, ils- nous laifferent quelques pots de fer, nous vifmes encore un bataillon fur noſtre droitte qui'approcha pas, & ils'oſerent rien entreprendre ſur la vigueur qu'un chacun fit pa- roftre, le Chevalier de Marts Ca- pitaine dans la Marine qui com- mandoit un bataillon y fit tres- bien. Sortie dua7. fur la pointe du iour». nos gens firent: encore une fortie au Fort, ils chaſſerent les Ennemis, le ficur de faint Denys Capitaine des vaiſſeaux,& Taiſſy furent bleſ- fez'éclats de paliffade en rentrant: dans le chemin; comme auffi le ſieur vaillant Lieutenant fut bleflé dont: ils eft mort, neuf Soldats tuez,&c: un Grenadier. Idem, le 17. le Fort fut battu par quatre batteries, lune{fur le bord: du Rhin de quatorze pieces', une autre de pareille nombre de la bar- riere de Spire, une autre fur le bord- du Rhin du cofté de la Ville,& une: gde deux moitiersde ce. méme.cofté; TE jugeꝛ comment cent cinquante hõ- mes ont pũ deffendre un meſme Fort reduit de terre& attaqué de cette maniere pendantſix ſemaines, & ſi'eſt lavoirmal defendu avee ſi petit nombre de monde„les En- nemis ctoyoient à la vigoureuſe deffenſe que'on faiſoit qu'il 7 avoit au moins 400. hommes de- dans, toutleur Canon& leurs bom- bes neſbranlbient nullement nos Soldats,& ıl les falloitmal traiter pour les empecher de fortir. Attaque le mefme iour environ midy, l Ennemy[e mit àdécouvert juſque ſur la paliſſade du chemin- couvert du haut du Rhin,& y vou- lant faire quelque Jogement le feu que nous leur fifmes les obligea de. {e retirer au: plus vifte, pouant leurs Gabions fur le glacis, 'on eſcarmoucha fort peu de part&'autre,& il ne ſe fit pas meſme un fort grand feu de Ca- non: les Ennemis pouſſerent quel- ques Gabions, le coin de la palliſſa- de que les Soldats avoient quitté ayãt veu le ſieur de 8. Denys bleſſe. b. iüj z Iz Samedy 18, lon retrencha le baftionà(0. gorges,&on fit une re- tarde à la face du demy baſtion de la gauche pour'en fervirà'ex- tremité, lon fit une fortie à trois hċures commandée par un Lieute- Rant, un Sergent& quinze hom- mes pour harceler les Ennemis, les Capitaines de garde ce iour= là eſtoient les ſieurs Clauſel, de Grammont& Boiſonval teus trois de Champagne. La nuit du 19.'on fit un tres grand feu de part&'autre,&'on fit mefme une fortie,'on ietta force Grenades dans le logement des Ennemis, cetre fortie fut Com- rnar dée par le ficur de France Lieu- tenant Colonnel de Dupleffis, qui fut bleſſẽ'un eſclat de fon Fufi qui fut brisé’un coup de Canon; cette meſme nuit les Ennemis avan- cerent leur batterie de dega le Rhin du cofté de la Ville, de maniere qu’on ne fe pouvoit monftrer à la gorge du Fort, ils avancerent aufi celle qu’ils avoient du cofté du Fort iufques fur le glacis, le matin ils I3 entrerent dans le Foſſẽ du coſté du Baſtion; mais ils en furent chaſ- ſez. Le 19, Monfieur du Fay aſſem- bla les commandans des Corps, auſ- Juels il propoſa ce qu'il y avoit à faire, ſur ce que le Fort eſtoit fort preſſè& tres incommodẽ par la bate terie du fort du Rhin„qui voyoit arri ver& qulil eſtoit impoſſible'y: mettre: rien,& que meſme dans pew Von ne pourroit retirer ceuxqui y eſtoient„ ce qui eſtoit important pour le fervice du Roy; de confer» ver le monde pour faire une'bonne & vigoureuſe deffenſe; comme cet- tepropofition fut trouvé bonne& tres-vtille, il fut refolu que le fieur. de la Londe Ingenieur,& le ſieur Chevalier de Mars itoient au Fort; qu'il vifiteroient'eftat où il fereit pour en faire le raport, ce qui fur. executé apres qu'ils furent de re tour,& le raport:fait du mauvais- eftar où ilavoit veu qu'il eſtoit, il- fut reſolu quleſtant necefaire de conſerverles Troupes,& qu'il étoit- impoſſible de garder ce Fort, la by a o o ĉommunication nous en eſtant preſ- ġue oftée par ee pofte que les En- nemis occupoient du cofté de læ Ville fur le bord du Rhin, lè Con- feil de guerre refolut que dés le meſme foir on en retireroit les Troupes& les munitions, ce que Fon fitentre vnze heures& minnir” pour ceteffer, on fit paller les bat- teaux où lon embarqua tout le monde,& on laiſſa ſeulement qua- tre Grenadiers qui pendant tour le temps qu’il fallut pour cét embar” quement; iettojent des Grenades, apres quoy'on les retira ſans que les Ennemis'apperceuſſent de tout ce maneige,& plus de trois heures apres que nous fuines fortis, ils eurent peine à croire que nous eltions fortis& ne laifferent pas de tirer force Canons& bombes. Le z0. entre dix& vnze du ma- tin, toutes les Troupes quieftoient de deça le R hin du coftéde la Vil- le,quitterent leur trenchées;decam- perent&'en allerent par la plaine des Capucins nous leur ffmes quel- gues falluades de noftre Canoniles = a e a a a ——— ty Eanemis qui eftoient dans. le Fort üous canonerent toute la journée avec 19. picees, les vnes tirans à nos batteaux,& les aurres à noftre ouvrage à corue, quelquefoeis à nos Fourageurs dans le Pré du cotté du Marais, ils en tirerent bien ſept à huit cens vollées de Canon; qui a elté tout ce qui*elt paffé iulques au vingt deux qu'ils firent le ficge de la Ville. Dans cer jntervalle, comme les Šanemis furent toĝiours dans des Carrieres, ils venoient ſouuent nous voir avec la Cavalle- tie pour nous eſcarmpucher Il fe palla quantité'actions avec la Cavalierie pour eſcarmoucher, auec quelque Infanterie dont ie ne parleray point; Le ir. Iuin le ficur Dannezay Capitaine au Regiment du Dauphin, faiſant creuſer une Digue du colté du Marais allantà Rheimskin. Il parut ço. hommes des Ennemis, ce qui Pobligea de faire prendre les Armes à fes tra- vailleurs,& en détacher quarante, ìl alla au Sergent de ces gens qui parroifloient dansles hayes il les $ T6 poufia tres vigoureuſement&‘Tes Ñt retirer; il y fut bleffé’un coup de Mouſquet à tra vers le bras gau- che donr il guerit apres avoir ſouf- fort pres de quarante-jours. Siege de la Ville de Phi- lifbourg du 22. Iuin 1676. Du z1. Iuinau%. Les Enne- mis{ur le foir, environ fur les vn- ze heures attaquerent une T huil- Jerie où nous avions un Lieutenant & vingt hommes qui avoit ordre de {e retirer à'aproche’une grande Troupe, il fir ſa décharge& fut pouſſẽ juſque ſur la contieſcarpe de Pouvrage à corne, apres quo) les Ennemis ſe tetirerent, comme au {oir, ils firent venir force Infante- riedu coftédela briqueterie, auffi camperent ils dans des brouffailles Je longdu Rhin. Ce vingt trois Iuin nous viſmes paroiſtre dans la plaine du Moulin P Armée a aa Aa ra E h a aeania r7 TArméće des Ennemis, qui fe cam- perent dans les Sapins, partie de leur Cavalerie fut à Cheval toute ta iournée dans la plaine qui va du moulin à Grave, ils eſtendirent leur Camp depuis la redoute verte iuf- qu'au moulin dans les Bois. 'Le 24. Iuin; les Ennemis ow- vrirent la tranchée affez prés de la Thullerie dans les brouffailles le long du Rhin, ils y travaillerent quoy que Pon leur tiraft de noftre ouvrage à corne quelque coups de Canon qui les rompirent. Ce mefme iour nous apperceuf mes que les Ennemis avoient quel- que Infanterie dans le Canal du moulin; Monfieur du Fay fit dé- tacher le ficur du c lofel Capitaine de Champagne,& Grancour Lieu- tenant, avec po, Mouſquetaires des Gardes dela place,& marcherent droit au moulin ayec le fieur Dan- glebert de Manado& de Ronville, & deux eſcadrons ə cette Infasterie fut pouffée dans le Canal Par noftre Cavallerie& Dragons; mais noftre Infanterie{e jerta dans 1e Canal ç I8 qui les renverferent„ le ſieut du Blolel& de Grandcour firent tres- bien, on ſe retita, noſtre Cavalle- rie eftantà Cheval jufqu’à celledes Ennemis qui neus avoit paru,& il 'y eut point'autre action ce jour-là.; Vendredy 26. fortirent le main quelques Soldats des Ennemis,& ſe coulecent le longdu rideau de la Croix; ils fure»t pouflez par va petit corps de garde de noftre Ca- vallerie, ils nous tuerent un Ca- valiet& un Cheval; l’ Engemy travãillant a quelque ouvrage pres du moulin qui ſembloit eſtre un Parc, Lon fit le meſme iour à qua- tre où cing heures du matis une fortie avec cent hommes comman» dez par le fieur de$. Paul de Cham- pagne; Iot Capitaine de Navarre, Coullon Capitaine de Dupleſſis, ils pouſſerent les Ennemis dans leur retrenchement qu'ils firent à la Thuillerie, le fieur Villeneuve Lieutenant des Dauphins alla jul- qu’à la batterie,’on ne peut, aſſe⁊ loäer la vigueur de cette ations e iC 2 i n Ds i d 19 ay la fermeté des OMciers, celà fut tres bien conduit, noftre Ca- yallerie& les Dragons*avancerent & firent un dérachement de tren- te Maiſtres qui'avancerent au deſlus du retrenchement de'En- nemv, ils firxent Priſonnier ug jeu- ne Gentil- homme du Prince de Dourlac, ce jeune Prince penſa eſtre ſurpris, nous ne pouvons pas dire la perte que l Ennemy fit; mais elle fut grande, nos gens nefe re- tirerent qu'a la retraicte que Mon- ſieur du Fay qui voyoit cette action, fit battre par un Tam- bour qu’il avoir aupres de luy, nous yeufmes le ficur Breul& Darnou- ville Lieutenant tué jun Soldat& dix bleflez, le premier de ces Lieu- tenan: éioit de Champagne,& Vau- tre de Dupleſſis, le ſieur de Mon- tellat&'autre bleſſè'un coup de pierre, le mefme iour les Ennemis du coté dudit moulin, pouflerent un Sergent& dix hommes que nous avions à une efclufe à cent pas 'eux. Samedy 27. les Ennemis avan- c ij 20 ecrent leur‘travail du cofté delz batterie'environ 30.pas,’on done na'allarme à la trenchée fans per- te que’un Grenadier,"nous tra- vaillaſme iour& nuit à combler les creux& toutes les hauteurs qui nous Pou voient eſtre prejud iciable à'a- proche de noftre place, ce mefme iouril firent ayancer quelque In- fanterie le long du marais, le fieur de faint Iuft Cornet les poufla avee dix Maiftres& fe retira. Dimance 18. Ce matin les Enne- mis poufferent environ quarante Gabions tirant des mazures du moulin au Canal de la riviere, qui nous marqua eflre un commence- ment pour faire leur attaque de ce cofté; lapres midy lon fut recon- noiltre ce que fe pouvoit eftre que ces Gabions.’on. vid bien que 'eſtoit un commencement de tra- vail, fi bien que monfieur: du. Fay reſolut de faire mener deux pieces de Canon, le fieur Maignan Com- miſſaire principal en fut le condu- &teur qui fit tout ce que lon put faire, nous ayions nos pieces un peu au deflous de la Croix fur le bord du rideau à main droite, il y avoit: 21 cent hommes'Infanterie& route noftre Cavalerie,& quelque Dra- gons, ces Ennemis en menerent auſſi deux pieces an moulin pour tirer fur les noftres» ils nous tire- rent de ces deux pieces& du Fort cinquante volćes de Canon» qui nous tuerent trois Cavaliers& au- tant de Chevaux, cela nébranla point nos troupes qui demeure- rent toûjours ferme, Jes Ennemis pa~ rurent mais à la tefe de leur Camps nous nous retiraímes par’ordre de Monſieur du Fay apres avoir eſté encet eltar bien use heure& de- mie. Sur les vnze heures du fois les Ennemis donnerent'allarme aves une aflez grande troupe'Infan- terie, vinrent premierement chaife les travailleurs gui bouchoient le Canal de la Riviere du moulin pres de léclufe entre la Ville& le moulin, ces travailleurs eſtoient avec leur Armée commandée, par le ſicut de Chambert Capitaine de Champagne ſouitenu par le ſieur de Ronville avec einquante Dragons, € ïj 22 Tes Ennemis firent un tres grand feu qui’embarraffa guerre ledit fiear de Chambert qui les ſoũ- tint tres vigoureuſement,& une petite garde de Cavalerie que com- mandoit Sauvage Cornet des Dra- gons, qui eſſuya le feu des Enne- mis fierement: aprés cela finy qui dura peu, nos travailleurs ñrent leur devoir comme'il'avoient point efté interrompus, cette nuit TEnnemy avança trente Gabions du cofté de lʻattaque du moulin, nous travaillafmes ce iour- là au tranf- port des munitions pour les!mettre en leurreté. Le trente une petite garde de ſix hommes que nousavionsà la Croix pour eftre averti, fut pouffé par là Cavallerie& Infanterie des Enne- mis, ce que voyant le Sergent fe re- tira, on eſcarmoucha& on gagna un rideau un peu au deſſous de ce- luy qu'il quittoit; ce qui obligea le Keur Danglebert de permertre la garde de la Cavallerie de“a vancer zuſqu'aà ce rideau, pendant lequel emps le sefte dela Cavalerie monta. 23 à Cheval, cette eſcarmouche dura fort long-temps, les Ennemiś fai- fántun tres grand feu, nos Dragons à picd commandez par le ficur de Ronville Major,& le fieur de Bau- giratd' Capitaihe& pluſicurs Offi- ciers arriverent, gui fyavancerents & faifant quitter aux Epnnewmis le rideau qu'ils occupoient, le ſieur Danglebert'avancà en la plaine avec quelque Cavaliers& quinze Dragons à pied>& le ſieur Monſa- pin Lieutenant pour faire feinte 'attirer PEnnemi iufguw’au rideau qui eltoit bien bordé, les curs de Manado- de: Roffel Capitaine des Chevaux Legers, vinrent avec des Dragons far le rideau, ayant devant eux un détachement de 30. home mes commandez par un pieutc- aant, les Ennemis reprirent vigueur par fix ou fepr efcadions qui leur arriverent en deux bataillons, ft bien qu'ils nous obligerent à redeſ- fendre du rideau pouſſant noſtre Cavallerie vigoureuſement, ils fe meflerent avec le détachement que iay marqués à la tette duquel: e iiij 24 fe trouya le fieur Danglebert, le ficur de Ronville fit faire une dés charge fi à propos fur un efcadron qui venoit prendre le détachement Danglebert en fanc, que cette dé- charge lesarrefta promptement,& firent un mouvement qui donna temps au feur Danglebert de for- mer fa troupe, les fieurs de Rofel, dẹ Manado firent tout ceque lon peut jugeren braves gens, nos Dragons firent tres-bien,& particulierement à'arrivée'un bataillon qui ve- noir de la rédoute verte, dont un détachement de deux cent hom- mes vinr par le marais qui fe rene verla au lieu de nos Dragons s toute cette ation fut. dune fer- meré& vigueur la plus grande gue lon{e peut imaginer, puis qu'une poignée de monde,'eft à dire au plus trois eens hommes ſoũ⸗ tinrent un Combat'une. heure & demies contre fept Elfecadronss & deux mille hommes. de pied; Le ſicur de Liſle Capitaine du Pleſ- ſis qui Etoit àla droite, fur leris deau, avec einquante hommes pdig a aia a a a a a. à rres-bien:'on ne peut yoir'a~ ction plus opiniaſttẽe,& euſt du- ré plus long-temps, fi la pruden- èe de Monfieur du Fay, qui ju- goit mieux que nous de'évene- ment, ne nous euſt fait retirer: Le ficur de la Butte Lieutenant>&€ Maignan Commiffaire, firent en cette: occafion tout ce que de bra- ves Officiers fçavent faire; cat noftre Artillerie fit merveille: Les Ennemis nous tirerent force Ca- non„nous y euſme quisze Dra- gons blefez, dont cing font morts, trois Cavalliers tuez ,„& quelques Chevaux, nous-nous retiralines en bon ordre, ſuivant celuy que nous euſmes de Monſieur du Fay:'a- ction fut glorieuſe pour noſtre trou- pe»& Montigny Lieutenant, da Pleflis y fur blefė. La nuict du Mardy au Mercre- credy le ſieur Dorigny Capitaine du Pleſſis, eut la Garde du Rideau au bout du Glacis du coſté de la Porte de France à gauche; il fit un petit logement„& eſcarmou- chà toute Ia nuict; fi-bien qu'il cY 2 empécha les Ennemis de travaillers Le matin les Ennemis battirent no- ſtre Thuillerie de deux pieces de leurs Trenchées,& de lautre cô- té du Rhin qu’ils avoient tiré du Fort,& meme fur la Digue, ve- nant de la Petite-Holande: Si-bien que cela nous obligea de retirer le Lieutenant,& on'y laiſſa qu’un Sergent& quatre hommes, pour avertir le Lieutenant qui fe retira le long du Rideau, à. vingt- pas plus loing; ce mefme jour aprés- midy il écoula de Infanterie,& Cavallerie, qui attaquerent le ſicur de Pezanne au pied'une Briques terie;& le ficur Dreux, tout deux Lieutenans du Dauphin: Comme la Trouppe des Ensncmis étoit con- fiderable, ils firent leur décharge, & fe retirerent le long'une Di- gte, à un pofte pallifladé que gar~ doit le feur de la Geriniere Capi+ taine des Vaifleaux: Ce poſte avoit efté mefme fait ponr fouftenir les Gardes les plus avancées: Le Ba- taillon des Enn:mis'avança cent pas& environ vingt le poufferent 27 droit au pofte de la Geriniere, tous nos Soldats quitterent ſi bien qu'il demeura luy fixiefme avec les Of- ficiers, celt un miracle qu'ils ne furent pas tous tuez il fit une dé- charge de quelques coups& tua trois Cavaliers& un Compte'If- ſembergue que nous fiſmes enter- rer lequel fut redemandé le len- demain,’on ft fortir de Infan- terie& noltre Cavallerie,& nos Ennemis avoient fait la retraitte, ils demeurerent Maiſtres'une de nos Thuilleries qu'on leur auroit abandonné,’y cinguante hommes ayoient paru,'eftant rien qui nous fut vrille, cette melme nuit'on donna Palarme à la trenchée du cô- té du moulin, le Sr.de la Salle Liey- tenant avec dix Grenadiers ſouſte- nu du fieur de Ronville qui avoit la garde de la Cavallerie. 'on fit cette nuit un ttes- grand feu à la trenchée du coſté de Ta Briquetterie. Lon donna des poftes à toutes les troupes de la Garniſon,& nous fuſmes campez dans le chemin cou- vert, 28 Le sgataillon de Champagne gat- doit la contre garde de Guiche ,& la contteſcarpe iuſqu'à la porte de France. Le Bata illon dela Marine depuis Pavant foflé iufqu’à'autre du che- min couvert devaat lə redoute de la corne: Bataillon de du Plefis,& la moi- tié à gauche de la corne de la con- treſcarpe, avec'aiſie gauche du Courrouć,& la contre garde du Dauphiné. La Cavallerie& Dragons depuis Ia contregarde du Dauphin, iufqu’à la contre-garde de Guiche, compris l2 redoute. Duo Icudy 22. au Vendredy 23. à minuit monfieur du Fay fit[ortir le ficur de France Lieutenant Co- lonnel, Dupleſſis avec Villeneuve & venelet Licutenant;& cinquante hommes, ils donnerent vigoureu- {ement dans le premier fetrenche- ment de la briqueterie, ietterent pluſieurs Grenades,& fe retirerent avec perte'un Soldat; cela retar- da leur travail; à la mefme heure le fleur Ju 29 le fieur de Vaugerard Capitaine des Dragons fit aul une. fortie du coſté de la trenchée du moulin fans. aucune perte»:cela retarda auſſi le travail des Ennemis. Le travail de la trenchée du cofté de la briqueteriè'avança un peu le mefmè jour s les Ennemis travail- Joient à perfectionner leurs třavaux en plain jourderriereleurs Gabions» Monſieur du Fay y fit ſortir deux pieces de Canon fur le Cimetiere, qui leur fit abandonner; pendant quelque temps le ficur Maignant avoit tres-bien. fait le refte de ce jour la, Cavallerie porta force faſſi- nes à la trenché de la briqueterie quoy que’on leur tiraft du Canon, dont nous čpargnions la poudre le tout pour caule, La nuit du trois au quatriéme, à minui le fieur de la Salle Lieutenant de Monficur du Fay avec quelque Grenadiers,& vingt ſoldats les attaquerent par la tren- chẽ du coſtéè du Moulin, ſouſtenuè par le ſieur de Ronville qui avoit la garde de la Cayvallerie: Le matin les 30 Ennemis poufferent un Sergent que nous avions à’Eelafe avec dixhom: mes, qui fit ſa decharge& ſe reti- ra. Le Samedy quatriefmẹe; le ma- tin il arriva un Brigadier du Re- giment Dalfait avec un billet eſ- crit& chiffré de Monfieur de Lou- voy, pour le connoiſtre Menſieur du Fay fit faire une ſortite à minuict le ſicur'Azay Capitainne au Regi- ment‘Dauphin avec go, hommes ayant fur{a gauche un Sergent avec dix homme qui donnerent une fau- ſe allarme, le fieur'Azay donna vi- goureuſement, entra dans la trenchez tua plaſieurs desleurs avec ſon mõde fit un priſonnier: Il eſtoit ſouſtenu du ſieur de la Bourdonniet Capitai- ne du Pleſſi, qui futde meſme que le premier& ſe retirerent en bon or- dre ſans perte, quoy que les Ennemis filent un feu tres grand, 'on travailla ce jour-là à mertre la Farine& Bled en ſeureté, ce mê- me jour Monficur de faint Jult'é- tant avancé fur le Ridèau dela Croix popr remarquer le travail des $1 Hnunemis, un de[es Chevaux eut la cuile emportée’un coup dè Canon entre quatre& cing heures aprés midy: Les Ennemis pouſſerent en- core noſtre Sergent,& les dix hommes de'Eſcluſe, qui y retour- nerent un quart-'heure aprés, 'eft un maneige ordinaire: à on- ze heures du loir.,'Ennemy re- vint encore en ce mefme pofte à deffein de’y loger: Mais le fieur Dobertel Lieutenant de Norman- die les en chaſſa, & y laiſlſa le a Sergent: Le;pøfte fut incontinent tegagné par les Ennemis la nuict du ſix au ſept: Cette meſme nuict la Salle Lieutenant fut ietter des Grenades dans les Gabions de la trenchée du moulin, les Ennemis ` vintent à nous ar trenchéée,& borderent leurs trenchécs de- Ga- bions qu'ils empliſloient deë terre; ils Etoient'une prodigieuſe hau- teur& largeur. Le Mardy fept,'on ne fit qwel- carmoucher toute la journée de part &'autte: Sur le foir il arrivaun Eſpion, avec Lettre de Monſieur 32 de Luxembourg à monfieur du Fay, où il luy donnoit avis qu'il avoit ordre de nous ſecourir,& que nous travaillaſſions touſiours à ce qui nous étoit utile pour. noftre def- fenſe. Le Samedy huict, les Ennemis eurent un tres-grand front de Ga- bion, depuis le Four à Chaux juf- qu'au marais:'en appercevoit 15. ou 16, embrazures, ils firent un fort grand feu ce jourlà. La nui& du neuf au dix,’on fit un grand feu à la crenehée du côté đu Moulin,& fort peu à la Bri- queterie: Le neufviéme à trois heures aprés midy les Ennemis ren- verferent le grand frond des Ga- bions qu’ils avoient auprés du mou- lin,& commencerent à nous ca- noner de douze pieces de vingt- quatre> dont ils tirerent jufqu’au foir fans relâche:’on fit un fort grand feu la nui& du neuf au dix, & le Vendredy dix on recommença en noftre place de fept à huit cens yolées de canon./ Vendredy dix, à trois heures du matin la batterie de la trenchée du Moulin avoit beaucoup tiré& brilé T feulement nos maifons,& ne fit rien à nos deffenſes, ce meſme iour un Canon que les Ennemis avoient beaucoup avancé à la trenckée., pouſſerent des Gabions juſqu'au vieil Canal de la Riviere nouvel- lement comblée: monfieur dù Fay liy pour les retarder reſolut une ſor- l$ tie afin de les interrompre; ils renverferent partie de ce qu’ils a- ; voient fait; on détacha vingt-cinq a hommes par Bataillon,& ſur les dix heures du matin., lon fortit; fçavoir, le Heur de faint Vincent Dupont Lieutenant, avec vingt ne` hommes, fouftenu de France Lieu- tenant de la Colonnelle du Pleſſis, N- ayec trente hommes;& le fieur a- de Fleurac Capitaine de Norman- f die avec,trente. hommes, foûtenant la trouppe entere,& lè refe di détachement dans le chemin cou- iT, vert, preft à marcher: en cas dè a beſoin; tout le monde alla ferme & réfolù au retranchement’, sèy jetta pe ſle-meſle avec eux-meſint g iij en fuite„à la etk de la trenchĉe, Jeur entrant beaucoup de gens: ils {e retirerent tres-bien, nous per- diſmes deux Sergens, vingt-cing Soldats tuez ou bleffez; Íe feur Chriſtophle Lieutenant bleſſé, dont ìl en elt guery, La nuict du dix an onze„, les Ennemis pouflerent les Gabions jul- qu’à lEfelufe vers le. moulin, le ficur Luinchac Licutenant, avec vingt hommes, y alla pour empé- aher de travailler; mais il fut re- poullé, il eut deux Soldars de tuez & deux bleſſez. La nui& da onze au douze, Tur Tes dix heures, toute noftre Cava- Jerie.& Dragons à cheval'avan- cerent juſqu'à quarente pas des Ga~ bions: On dẽtacha le fieur Mcee leſſis Lieutenant de Cavallerie, a- xec trente Maiftres, qui'avança juſqu'au bord du Canal de la Ri- viere„ avec ordre de donner en melme temps que le ficur de Vau- gerard qui avoit la garde,& qui dlevoit donner de Pautre coſté, la fit executer à la sefte la tren- Prirent bien Lalarme, que deux 37 chée plia,& nos deux troupes fe retirerenr avec les Eſcadrons du ficur de menado& de Ronville, qui les fouftint,} 2 apices on y fvg tenant avec nes& quel- gues Gren qui chaſſe rent encore les Ennemis de. la tefte dë la trenchée; de maniere que toute cette nuit ils ne travaillerent point, La nuit du treize an quatorze, le ficur de Ronville ayant la garde de Cavallerie, eut ordre de mon- feur du Fay de donner des allar- smes du collé de Ja Croix, où tou- te la journée lon avoit veu deux bataillons pour fatisfaire à Pordre gu'il avoit: Il envoya deux fois quelques Cavaliers, les premiers ne firent pas ce qu'il ſouhaitoit: Il y fut luy-mefme avec un Briga- dier,& cing ou fix Maiftres,{uis vant lelong du Marais, entre la Croix& le Moulin, où il enten- dit grand bruit de pelles& de pio- ches; Il fit tirer prés de ce bruit cing ou fix coups: les’ Ennemis 36 Pataillons firent leur décharge s» toutes les troupes retournerent dans le Camp,& leur Cayallerie mon- ta à cheval. 'on'apperceut le quatorze que les Ennemis ayant faite un travail à la Ctoix ſur le rideau,'on fit monter à la refte de noftre Cae yəllerie 4 Cheval nos Dragons outre les Gardes ordinaires. On commanda auſſi cent hom- mes'Infanterie: les chofes fedif- poſerent ainſi: le Sr du Xozel Ca- pitaine de Chevaux Legers,& le feur de geaugerard Capitaine de Dragons ayans tous deux la Gar- de, le premier donna au travers du marais. par le chemin qui va du Courronné à la Croix, ayant. de- vant eux chacun um detachement de vingt maiftres commandez par Jes fleürs de geſamie& Grieux Licutenans; Ces quatre Meſſieurs fürent avec. toute la vigueur poſ⸗- fible aux Ennemis,& ſaluerent tout ce qu'ils trouverent dans la plaine, de mefme firent le coup dë pifto- let contte ceux qui eſtoient dans Uerement du Conon des Ennemis, 37 une redoute que'Ennemy avoit faite ſur la hauteur de la Croix, elle eſtoit ſouſtenuẽ du ſieur de Menade Capitaine& du ſieur Danglebert qui Commandoit toutes les troupes pendant le temps qu'il fallut pour faire ce qui vient’eftre remar- qué: force Cavallerie des Ennemis fut receüe par la noftre vigóureu- fement:& comme celle des Enne- mis, voulut poulier& defendre lé rideau, voyant qu'ils eftoient trois fois plus forts que les noftres» ils y trouverent cent hommes'In- fanterie commandłe par le ſieut de Įmericour& de rigauville, Pun de Champagne& Pautte du Dauphin, qui leur flrent un tres grand feu & qui leur firent prendre le partt de retourner plus vifte qu’ils'é- troient venus, joint encore que. geux eſcadrons lun de Cavalerie & lautre de Dragons que com- mendoit le fleur de Ronville leſ- quels marchant droit Aeux quitte- rent la priſe,'eſtant fait un tres- grand feu de part&'autre, partica- 8 tatit de eurs tenshée que du Fort & du Moulin tirant à cartouche: ces deux eſcadrons ſouſtinrent beau- coup de Canon, les Ennemis eurent beaucoup de leur Infanterie de tue⁊ dans la pla ine par noſtre Cavalerie, & meſme quelques uns de leurs Ca- valiers; nous’y avons-perdu que: trois Cavaliers& Dragons, le ſicut de Grieu Lieutenant de la Colonel du Fay y fut bleffé dont il eft mort, de Befanne bleflé à la jambe,& Vil- lars Corne:te auf bleflé à la jambe 'un coup de Canon, le fieur de Vallier cornetreaufi bleféà lalam- de'un coup de Canon de cartu- che, eſtant à lEſcad ron deR cnville, on y fit trois prifoaniers, chacun des Ennemis ſe retira. avec grande confuſion,& nos troupes entieres & eh bon ordre, Danglebert eût fon Cheval tué. La nuict du 14. au 15.'on don- na quclques allarmes anx retren- chemens tant du coſté du{oulin que de la briqueterie pour inquie- ter les travailleurs,& le matin'on vit que les Ennemis avoient coupé 19 le chemin' de la Croix pour'’nous empefcher'aller à euxfi frequaem- ment que nous faifions. Les Ennemis avancerent beaucoup Ileur travail,& touſiours quantitẽ de gabions, ccux qui mirent les gia bions-furent armés, le Ieudy 16, les Ennemis firent une batterje,à la briqueterie,& cette niuct ſe paſ- ſa en faiſant grand feu,& donnang des allarmes pour retarder leut travail. A 'on fit un grand feu du coſtẽ de la briqueterie,& à dix héures au foir on fit une. fortit dé 140, hommes‘commandés par le ſieur de la Goupilliere qui fut ſans vti⸗ lité. j Le Samedy dix huit les Ennemis xot] reent des gabions Xlordinaites & firent- une-batterie de deux pieces-à-'Efclufe idh-colté Moulin s le 19, au matines: Emne- mis titeent'unebatretiede neuf Pieces de leur trenché de la bri- dust rie qui batoit nos embraſu- res: ſarles 4. heures du ſoir la Cayallerie à apporté quantité de 49 Faſines à cette trenchée,& ſuz les dix heures du foir nous en re- riralme une qui eſtoit de garde à un marais fort proche'eux, crain- te qu’ils'emportaflent fon poite cette nuict, comme en effet ils y vinrent àvec un gataillon peù de -remps aprés que lon'en fut re= tiré, ainf fans nous avoir fait aw cun: mal cette meme nui mon- ficur de Saint Juft Lieutenant du Roy fit ſottir cinquante hommes commandez par le ficur de me- ryere Capitaine Dauphin,& deux Lieutenant; les deux Dupont free zes,& pouficient les Ennemis, prirent le pofte quꝰils occupoient prés la marcs le garderent un peu maisles Ennemis avet une plus gran- de troupe les en chaſſe tent,&travail- Ilcrent:cette meim nuict nous fiſmes un feu de goderon prés les ga- bions des Ennemis du coté du Moulin, ce qui les empeſcha fort de travailꝰe re ; Le logement que les Ennemis firent la nuict meſine ſur le bord du nouycau canal qui eſt parallele a noltre al à noltre avant follé, fut attaqué patr uńe fortie que nous fiímes co- imandée par le ficur de France, de Dupleſſis ſouſtenu par le ſicur de Verdun Capitaine des Dauphins. Ils en chaſſerent les Ennemis,; le ſleur de France eſtant bleſſé, le ſieur de Verdun prit la teſte& la garda prés'une demie-heure, ou il{ouffrit un tres grand fex qui luy tua beaucoup de monde, il fallut enfin quitter aprés lavoir bien deffenduë, le fieur de Fran- ce mourut de fa bleflure,&dle fieur Popelincourt Lieutenant tués & un autre de du Pleſſis, nous y perdiſmes peu de Soldats, les En= nemis y en perdirent beaucoup 5 nous voulufme encore une fois ten= ter à les repoaſſer,& pour cela Fe fieur Coulon Capitaine y alla, les poufla; mais un Foflé plain’eau Pempécha de les pouffer plus loin, par le cofté qw'il les attaqua: È trois heures aprés midy lon jetta des bombes de la trenchćée de la Briqueterie: le Rhin accrut de ce coſté-Ià, ainſi ils pouvoient bien e 4 abahdonnét cette ttenchée. Le 21. Juillet, les Ennemis avan- cerent une batterie de quatre pie- ces, à la tefte de la trenchée, du cofté du Moulin,& en firent un autre fur le Rideau, à la Croix,» de dix pieces. Ce jour vingt& ur on vit arriver Armée de l’ Empe- reur à la Petite Hollande,& ce melme jour les Ennemis abandon- nerent la trenchée du cofté de la Briquetterie par'inondation du Khin; ils laiſſetent ſeulement quel- que Infanterie au retranchement, ou ily avòit moins'eau: Le vingt deuxiéme ils retirerent toutes les pieces de batterie; ce mefime jour le ſieut de Taiſſy,& cinquante hommes, alla pour combler la tê- te de la trenchée abandonnée, ou luy tira quelques coups droit où les Ennemis avoient laif- fé de lIafanterie: Il y fut blefé 'un coup à travers le corps, dont il modrut,& quatre Soldats bleſ- fez, oh fe retira aprés avoir tra- vaillé jufqo’à la pointe da jour. Nous fiimes pluſicurs petites chi- 43 cannes pour arréter'avancement 85 travail des Ennemis. e Jeudy vingt-troiſiéme nous euſmes des Officiers bleſſez dans le chemin, couvert'eſclats, de pal- liſlades„'un coup de Canon. en plongeant. Du endredy vingt-quatriéme> les Ennemis’avancerent guere leut tienchĉe,& ne tircrent que peu de Canon, on vit beaucoup d’ Infan- terie& Cavallerie paſſer allant du ij Ju Le vir P nto refo- iler au retranchement de| demy de Luxembóurg, gu'il le ver roit compagn e a Monſi eur du Fay fut frapẽ'un eſclat de pall iflade dans łe chemin couvert, la demy-lune & le baſtion'Anguien furent fu- rieuſement battus; le peu de mua sitions goe nous y avions nous em- pelcha de nous-oppofer., quoy e ij 44 que Meſſieurs de Partillerie euſ- fent beaucoup de bonne volontés Les Ennemis avancerent quanti- tẽ de Gabions iuſques ſur le bord de noſtre Rideau, ce qui fit que Monſieur du Fay fit faire une ſor- tie par le fieur de Merlet Lieute- nant Colenel de Dupleflis: le fieur Carle Capitaine de la marine, le ficur: Flenrat- Capitaine de Nor- mandie, cent hommes& douze Gtenadiers ſouſtenus de cinquante- Maiftres, commandez par le ficur de Caudel Lieutenant de Dragons, qui-avoient devant luy vingt-cinq cravailleurs. pour renyerfer. le tra- vail des Ennemis: on a jamais vcu rien de plus vigoureux que ce que firent les Officiers& Soldats; ils pouſſerent les Ennemis dans leur re- trenchement; les mirent en fuite& défirent partie de leur travaux,&. leur tuerent beaucoup de Mondo apresquoy on feiretira en leur em- menant une vingtaine de Gabionss nous y eufmes quelques Soldats de bleſſez, le ſieur Carle fit deux pri- ſonniers. ma fia ir 4f Le vingt-fept& vingt-huit,'on sra ce jour-là førce bombes du coſté de la Croſne, le vingt-huict on donsa quelques allarmes à la trenchée du moulin. La nui du vingt-neuf, les En- nemis pouſſerent un grand travail & firent vne grande place d’ Arme fur le bord de noftre glacis, vis à vis la demy-lune de Turenne fans gue lon'en fuft apperceu, Le trente cette matinée Mon- ficur du Fay prit refelution de fai- re faire une fortie qui fut executée ainfi. Le ſieur de Ronville Major de Dragons, ayant avec luy le fieur de Montſapin Aide Major,& de Caude Lieutenant, avec cinquante Dra- gons& vingt Grenadiers, la Sal- le Lieutenant de la Compagnie Franche de Monfieut du Fay, le ſieur de Merlet Lieutenant Colonnel Dupleſſis, le ſieur de Lozel Capitaine& le ficur Mercy Capitaine dans les Dauphins com- mandoient cent cinquante hom- facs ayeç quelques travailleurs; la e iij 47 ſteur du Fay envoya les ſicur de geaulieu dite à Ronville quc ſe retiraſt le long du rideau au pied du Glaſſis, ce qu'il fit en tres bon Oordre, le ſieur de la Geriviere eſtoit au rideau avec cinquante hommes pour nous{ervir à la re- traitte, commeaufi le fleur Mana- do avec: fa garde de cinquante Maiſtres, nous fiſmes encote quel- ques deſcharges de noftre rideau & les Soldats& Dragons eftoient tellement animés que les Officiers en receurčt tourtes les peines dumon de à les retenir» comme aufi ledit fieur de Menado avec fa garde de cinquante Maiſtres& le fieur dt Rouvay lun de nos aydes Major vint de part de Monfieur du „ire encore retirer de erdimes å latta- 3 åeux bleflés;1l fur t jue : de Merlet, d 1 g8 ne pouvons dire le nombre dë ceux des Ennemis; mais les tetten- chemens eſtoient fort plains de. norts. premier Aoult, les Ennemis flrent un feu tres grand,& iette- rent uns trës- grande quantité de bombes, de portà feu, des panniers de cordes plains’artilleries, des boullets à feu,& nous canonerent Beaucoup plus qu'a'ordinaite, nous Ieur répondifme:; mais mediocre- ment par noltre Canon du baftion 'Anguien,& de la Couronne, on Ieur jetta quelque doubles Grena- des; mais nous'avions guerre de munitions en les confervant, Mon- fieur du Fay fit tenir un fort grand ordre dans la Ville par les Bour- cois, pour prendre garde au dé- kas que pouroit faire le feu, une bombe tomba fur le Magazin de la place fans y faire rien par le {foin qu'on en prit, depuis trois ionrs les Ennemis ne firent rier que de nous canonerde z3, pieces, ils firent fept à huit cent vollées par: iour,& forces. bombes-& des 49 pierres qu’ils nous fettoient ayec les mortiers. Les Ennemis ne firent rien du cofté de la briquetesies depuis la recreñie du Rhia, Le deuxiefme Aouft fur les fep keures du ſoir, les Ennemis entr a prirent c'inſulter noſtre chemin couvert, depuis'abbreuvoir juſ- qu'à la porte de France,'on vit {ortir de la trenchée deux battail- lons& une grande troupe de Ca- vallerie, qui marchoient le long du Rideau, droità la place'Ar- me de la demy- lune de France: oùᷣ le fieur de konville Major eſtoit de garde avec cinguante Dragons” & Uee Grenadiers, ledit a de Ronville ayant reconnu que les Ennemis venoient à fon polte, il di ifpofa fes er oupes& toutes choſes à la deffenſe il devoit oppoſe Tà PEnne emy, s avança ayec quize Dragons dans un boyau de com- munication K şo deux bataillons, avec pour Te moins deux cens-hommes qui poitoient des faſcines, quitta ce poſte& ſe retira dans la place'Armes, à la faveur de la petite troupe avec la- quelle le ſieur de Ronville'eſtoit avancé, qui ne tarda pas de le fui- vre mayant les Ennemis qu’à vingt pas, qui faifoient un feu de leur moufqueterie& de Grenades; tres grand,& qui vinrent tres vigou- reuſement diſputer la paliſſade à coups'épée, le freur de Ronvil- le la defendit avec fes Officiers, avec tant de fermeté, que les En- nemis'apperceurent de la perte qu'ils ſaiſoient; vitent obligez a Chr aa a D; i{ AE 1e TENET oub ient le dii Rindu is aroichi d annoint iè icin qu Ss avoicht 7G CInpoltger 2 Chemi uve 3 iiS boyau à trente t d? Arme, te fieur de Ron- n ftant appercen en don- à Monficur du Fay», ans aTa A* Ida des Travatieutks aurre Lagement en-⸗ si tre celuy que faiſoient les Ennemis & la place d’ Ain nes, pour les chaf- fer T celuy qu’ils avoient fait, la chofe reüflit,& pour cela il fit for- tir un Sergent avec quatre Gre- nadiers; ſouſtenus par milon Lieu- tenant,&idix hommes,& alla poſter les travailleurs qi eurent fait tres promptement> il ft louſtenir Te du feu continuel de fes Grenadier & des Dragons, A bien qu sls ab! igerent les Ennemis à quitter i ouvrage qu' ils avoient fait&'en recommencer un autre{ur le Gla- cis dont jls ne furent pas mieux fatisfaits» quoy qu'un Baraillon les ſouſteint& i donner iuf- qu’à trois fois au bout de la pa- lilac de; mais la fermeté des Ofm- ciers& de la troupe que comman= PAR le. fieur de Ronville fut 4 grande& leur feu eftant de mef~ me, ils furent forcez'abandon- ner leurs deſſeins& leur retren- chemens apres une opiniatreté de plus de quati e heures, le feu eftanet cle'entendant plus rien, on fut reconnoiltre,& on'aperceut J2 plus que quelque gens qui cmpore toient des corps morts. Nos Dragons& Grenadiers ti- lerent deflus,&'avancerent pour en dépoiiiler, le iour venu on'a- percent que cet endroit en eftoit tout couvert, nousy contafme cent ſoixante& quatre morts, dans le nombre deſquels eſtoit le Comte Antoine Moregri Lieutenant Coe Jonel Deftrein, qui commandoit le premier Bataillon& deux cens travailleurs, ils Jaiflerent trois Capitaines> trois Lieutenans,& pluſieurs bas Cfficiers, le Comte de Fuſtambeit qui command oit le ſecond Bataillon fut bleſſè dont il eft mort,'on peut aifement juger quel nombre de Soldats les Enne- mis y perdirent par celuy qui eft refté fur la place,& parle feu qui leur fiur fait de cette place pendant toute la&ion, il fut jetté huict cent Grenades,& confommé trois cens liures de poudre, les Enne- mis dans leur rerraitte nous aban- donnerent quatre cent mouſquets, dcux cens pelles où pioches, qui furent ftar $3 urent portez dans noftre magafis, 8 deux cens Faſſines& dix ou. douze Gabions, apres avoir amaſſe toutes les dépoüilles, le fieur de Ronville fit combler des trauaux que les Ennemis avoient fait, Pon ne peut trop loüer la vigueur du ſieur de Ganignac Lieutenant des Dragons,& de Berthe Lieutenant de Normandie qui firent meryeil- le en cette action„ nous perdifme un Sergent, comme auffi, deux Grenadiers, trois Dragons& dix bleffez, le fieur de Ronyille le fut Iegeretuent à la jambe’un efclat de Grenade, cette attaque couſta aux Ennemis, de leur aveu, bleſſez où morts cing cent hommes> ils ne trouverent pas la meſine reſi- ſtance à Lattaque qu'ils firent à la place'Armes de la demy-lune de Turenne, qui eftoit le milieu des attaques, les Ennemis renverſerent ’abord ce pofte, nos Soldats pri- rent'épouvante;& abandonnerřent le ficur de Merlet& de Verdun Ca- pitaine,& deGramont: fi bien gue ces Meſſieurs trouyerent que dg s4 quatre vingt hommes qu'ils avoient, ils icfterent prefque feuls, où jls payerent de leurs perſonnes avee la derniere vigueur, le fieur de Grancourt y furt bleflé, ce pofte fut ainfi abandonné,& les Enne- mis fe logerent fur la pointe de la palliſſade de la place’Arme dela demy-lune de Turenne, où ils eſtoiént tres-bien à couvert avec bonne communication par des Ga- bions à leur place'Armes, une mine que nous avions à la pointe de cette place'Armes, où'En- nemy'eſt logé, nẹ fit pas grand efter, le fieur Marlet fe retira au poltedu Pavillon à l’ Ange ren- trant de la demy lune de France: Les Ennemis qui ayoient attaqué èn mefme temps'angle de la pla- ec'Armes de Turenne, ne trou- verent plus guere de refiftance qu’à ce dernier polte, le ficur du Pont qui y eftoit de garde avec vingt hommes, fut abandonné auſ- Ë bien que le fier Merlet; il f retira au pofte de Sepan, où fon monde eftoit meflé avcc celuy d r nrs p p O s ge” e O u= gr O m a po O eL A O 55 eur Segan, ils leur firent pren- e vigueur Ñ bien qu'ils tinrent on, obligerent les Ennemis à fe ’alentir de leur premiere vigueur, les deux Officiers fitent tres-bien, cependant les Ennemis nous em- meaerent une petice piece de Ca- noa fur un åffuft, Marny qui é- toit dans Pun deces poftes,’a- breuvoir qui fut attaqué commé les autres poftes avec deux batail- Ions venant de la Croix, comme çe polte'cltoit gardé que'un ieutenant& quinze hommes, ils guitterent& le renverſerent ſur la communication où eſtoit le ſieu de Rozel Capitaine du Pichis, qu ne put eftre mailtre de fa trouppe & qui ſe renverſa comme celle du Lieutenant,& fe jetta daas lepofte du fieur de Rigonville Capitaine da Dauphin, qui avec quarante hommes& quelques Grenadiers avoit déja fouftenu'attaque du battaillon,&'un autre qui le cous poit fur la droite, où les Enne- mis avoient emmënė la piece de Ganon: La troupe du Lieutenants y F eol 1 T Mo — na g Š £ 1 4 sé & celle du fieur de Rozel, ayant: trouvé le ficur de Rigauville en fon pofte& en bon eſtat, ſe défen- dit tres bien, chacun reprit vi- gucur à fon exemple& Pon fit à gui mieux féroit À coups de pet- tuiſanne avec les Ennemis,& à coups de mouſquets, les Soldats 'annimerent tellement, que man- quant de balles, arracherent leur Boutons dè leurs juftaucorps-&'én ſervirent comme de balles, quoy que les Ennemis euffent beaucoup de Grenades,& ne dilcontinuoient de faire feu: Ilstravaillerentà Pa- Breuvoir vis à vis le poſte du ſieut de Rigauville: mais de tous leurs travaux il ne garderent que le lo- gemeat qu'ils avoient fajt à la pointe de la place'Armes de la demy-lune de Turenne: nous re= prifmes tous les poſtes hors celuy- là,& nous les gardaſmes comme. auparavant. II ſe trouva ſut la place au pofte, du coſté de Rigauville, quatre- vingt quatre morts,& quatre Offi- ciers des Ennemis, il ý en eurent, ai pa simi ame a t — encore beaucoup de tués le long de Ïa contrefcarpe, par le feu que’on fit des baftions& des demy- lunes, les ſieurs Deſcoſſias Capitaine de Normandie,& la Cudiniere Capi- taine des Vailleaux, firent tres- bien& ſosſtinrent ayec vigueur leur pofte, cela: dura fort long- temps par tout, Rigauv ille eut une contufion de pallilfade>&dix où douze Soldats tuez& bleſſez. Le trois entre huiĝ& neuf heu- tes du matia, firent battre une chamade dans leugstrenchées,& de- manderent à Monſicur du Fay la permiffion de retirer lcurs morts, ce qu'il leur accorda fous I holta- ge'un Capitaine du Regiment de Doutias„à la place duquel on envoya à Meſſicurs les Generaux, le ficur de Ronyille major des Dra- gons, cela dura bien trois ou qua- tre heures, pendant lefquelles les Ennemis enleverear avec des Cha- riots leurs morts, apres lequel temps ces deux Officiers eufent ordre de{e rendie, le premier à la grenchée& le T Ia Ville: ij s? zes chefes fe pallerent fort hons ncftement, Monficur du Fay fit: tres grandè chere à celuy qui vint aupres de luy, apres quoy nous- commançalmesànous Canoner dans Laction de la nuict derniere, le ſieur de Monado qui ayoit lå garde de: Cavallerie fut tuẽ en ſortant ſur le glacis à la tefte dé ſon eſcadron, & le ſieur Danglebert bleſſé dans la demy-lune de Turenne dont il elt mort. Depuis le trois jufqu’au cing, il ne seft rien paffé de confidera= ble,& les Ennemis'ont point avan- cé, Le Icudy fixieíme, Von vit une: grande pouſſiere du coſtẽ de la pe- tite Hollande venant de Lando, & le ſeptieſme nous entendiſme tirer du Canon dé ce cofté là; le~ dit iour du matin’on entendit baw rce des Tambours à la Françoiles t& nous vifmes l’ Armée du Duc de Lorraine ¢n bataille à la perite Hol- lande. Cette nuict Pon fit grandfeu,& kes Enncmis ietterent quantité de. 59 Grenades, parce que Monſieur du Fay en voya attacher à leur Gabions des fagots godtonnez, qui en brũ- lerent quantité. Samedy huictieſme’on enten- dit encore les Tamboursà la peti- te Hollande,& un priſonnier que Pon fit, dit que Monfieur de Lu- xembourg y eftoit ayee fon Ar- mée. Les Ennemis jetterent touſiours quantité dé Bombes& de pots è feu,& toute la nuit du neuf au dix, firent wn feu continuel de mouſ- quetterie,& lòn'aperçeut qu'elles avolent fait une nouvelle batterie. fur la droite, approchant du Ri- deau, où il y avoit cing pieces qui tiroient à la face gaucke du Hſtios Anguien: depuis ſix iours leur trenchte ne ſe releva point, parce que partie dè leurs troupes les al~ lerent ioindre, Monſieur de Lor- raine à caule de noftre Armée qui. eftoit en prefence de la leur, Le Mercredy enziefme, lon fit ane grande rẽjouyſſance à la tren- chẽe des Ennemis, Lon y tira deus iiij ég mil coups de moufasets,& force Canons,'on tirazu du collé la brigucterle force Canon ho ſceuſmes par des Soldats gyi vin- b i d u n G rent, Que noftre Armée dyoit re- é du coté de Lando;& que noús ne dëvions plus avoir de fe- couis;'elt ce qui fir leur réjouyſ- ſance, nous travaillaſmes fortement au retrenchement du baſtion'An- guien. Le douzieſme, les Ennemis con- tinuerent'y tirer du Canon; OÙ: ils firent une grande breche. 'on commançaà retrancher la battetie de Turenne: les Enuemis avancerent quantité de Gabions fur le bord de la palliſſade, la nuit du douze au treize, quoy qu'on leur fift un tres grand feu Il ne seft rien palé ce jour- ’huy treiziefme. La nuict du treize au qua- torze, ils mirent quantité de Ga- bions devant la face droite du ba- ſtion'Anguien& du coſté de'a- Breuvoir,&A PAnsgle, rentrant de la. place'Arme à gauche du. bae ema a na &r ſtion de Furenne. Vendredy quatorzieſme rien. Les Ennemis enfermerent les pla- ces'Armes des baſtions'An- guien& de Turenne,& nous com- mançafmes à quitter ces poſtes perit à petit„en y dimiauant les gar- des afin de conſervet noſtre mon- de pour defendre noftre demy-lune & nos baſtions, noſtre monde di- minuant fort. Le Samedy quinze& feize, lon vit de Infanterie& de la Cave- lerie au Camp des Ennemis,& por- terent force Falcinesà la treachée, nos munitions commanęoient à di- minuer, Dimanche ſeize, on envoya brũ. ler les Gabions des Ennemis par des Soldats, commandez par serrhe Liċutenant, cela reut tres-bien. ’on travailla à contreminer la demy lune de Turenne, les Enne= mis tirerent fortement du Canon à’aifle droite de'ouvrage A cor⸗ ne. La nuict du ſeize au dix-ſeptiẽ- me, les Ennemis firent un Loge- Eh ment avec des Gabions,& des ima» dricos deſſus, qui formerent une gallerie dans le chemin couvert qui vient juſqu'au bout du Foſſé, la demy lune de Turenne à la droi- te de celuy que Pon leur brufla le iour'auparavant qu'ils'ont pũ reparer, nous perdifmes du monde au retrenchement du baſtion d’ An- guien. Le Samedy dixſept ieſme, Ber- thes& Dandré Lieutenant furent ayec des Grenadiers,& vingt hom- mes portant des Faffines, ils furent f allumer un feu,& lattacherentà la. Galierie que les Ennemis avoieng faite devant la demy-lune de Tu- renne, cHe far entierement brû- Ke, les Ennemis ne fçavoient plus où ils en eftoient, de voir qu'ils 'avoient pas plutoſt fait quelques ouurages, que nous leurs détrui- fions,'André à efté blefé à cet effet dont il en mourut& un Gree. nadier y fut tué. La nuit du dix ſept au dix huict, les Ennemis pouſſerent un travail Pi,, qui embraſſoit les deux places dAr- ———— mes des Angles, rentrant des coſtes de la demy-lune de Turenne,& les deux autres places'Armes qui les joignoeit des Angles Flanquées 3 des baſtions'Anguien& de Tu- wenne- Le Mardy le feu pritau maga- zin de la Contreſcarpe du Dau- phin, où il’y ayoit que trois cens livres de poudre,& enviren deux cens Grenades- il y eut un Lieute- mant de tué& lept ou huict Sol- dats les Eanemis fapperentla con- trelcarpe en trois endroits devant la demy-lune de Turenne. Mardy dix huict, le feu prit au Magazin de la contregarde du Dau- phin ,; où il’y avoit que peu de chofe. La nui& du dix-huict au dix- neuf, lon jetta force Grenades dans le retrenchement des Enne- amis. Le dix-neuf, partie de Armée Imperialle paſſa le Rhin,& vint cemper de ce colté-cy, nous ny avions plus qu'un Sergent& quatre hommes à'Angle du chemin cou- 64 vert du baſtion'Anguien; les Ennemié le ſapperent. Le vingt, lon ne fit pas grand chofe, lon fit grand feu de part& 'autre,& nous abandonafmes’a- breuvoir ny ayaat plus qu’un Ser- gent& quatre hommes, le fieur de Hiflet y fut bleflfé’un efclat de Grenade dont il mourut. Le vingt& vn,'on travailla à chercher la contremine de la demy- Iune de Tutenne, où les Ennemis avoient une batterie au delà de la pallifade de PAngle de la place '’Arme de la demy-lune de Turen- ne, dont il abbattitent le Foſſe 'Anguien de Turenne: il y ayəit dans cette batterie trois mortiers dont ils jettoient des pieces qui nous incommedoient fort,’on vit des Charriots qui apportoient des machines de Charpenterie qui fem- bloient eftre un Pont. La nuict du Vendredy au Same- dy vingt-deux, les Ennemis firent un tres grand feu,& nous un tres mediocre, les Ennemis eftant prés &e la demy-lune de Turrenne,'où nous 65 mous ne pouvions plus prefques montrer le nez, ils fe logerent dans la place’A rmes de cette de- -lune fur le bord du Foffé, ow firent une batterie pour nous en ofter la communication. es Ennemis firent breche 4 coups de Canon à la face gauche 'Anguien, ils en firent autant à uy de Turenne. La nui® du vingt-deur au vingt⸗ trois, les Ennemis firent grand feu& placerent deux pieces à la place'’Armede'Angle, rentrant dans la gauche dela demy-lune de Turenne gui battaient le /baftion: ils en aveient aufli quatre pieces fur le Rideau du cofté de la breus voir. Les Ennemis pouſſerent une gal- lerie ſur deux Chevalets juſquꝰa la barriere#e la porte de France, malgrẽ tout le grand feu des mouſ- quets& de Canon que nous fifme cette nuict. Dimanche vingt-trois, rien. Mais la nui& les Ennemis firent un Pont à la face gauche de la de- 8 C ECG 4 maa 66 my-lúne de Turenne,& lachevea rent jufqu’a la mu cherent le mineur, ils nous jette- rent quantité de bombes& de pi- cores dans la demy-lune, ils nous tuerent vingt-cinꝗ Soldats. Le Mardy vingt-cinq hui& heu- res du martin avec force bois& gaudrons, nous bruſlame la moitié du Pont que les Ennemis avoient fait ce qui fut abandonnẽ; nos mineurs ayant eſte juſqu'a la cham- bre du mincurs des Ennemis, trou- verent les outils. Le vingt-ſix les Ennemis'em- parerent de la breuvoir,'y ayant qu'un Sergent& quatre Soldats on leur fit allez grand feu. Le vingt-ſept, les Ennemis a- voient une piece à IAngle flau- qué’Anguien, dans le chemin couvert cette batterie abbatit le fentier de leur mine de peur que Pon ne les incommodaſt par nos contremines. La nuict du vingt-fept au vingt- huict, ils batirent noftre flanc droit de Turennes de cinq pieces, ce mẽ- e raille où ils atta- a 4 m éb ġ n f o rn a G e vt ai 67 me iour'à midy, un Tambour des Ennemis batit la chamade& un Officier'eftant avancé demanda de la part de Monfieur le Prince de Lorraine, qu'on luay envoya vn Officier& qu'il en envoyeroit un autre, ce qui fut aufli feit, on y envoya le fieur de Vaugitard Ca- pitaine des Dragons, ils envoye- rent de meſme un de leur Capitai- ne des Dragons, le ſieur de Vaugi- tard eftantarrivé au camp, il fut conduit pres de Monfieur le Prince Charlesde Baden dansla Tente de Monfieurle Marquis de Dourlac; où eftoit le Prince Armand de Ba- den& lefieur Marquis de Cha- vagnac, ces mefheurs luy firent for- ce honneftetrez luy diſant qu'on avoit iamais yeu une plus vigou- reuſe deffenſe& de plus braves gens, que toute noftre garnifon, & que la` conduire de Monſieur du Fay eſtoit'un fort brave hom- me&'equité, avoient pour luy toute leftime imaginable, enfuite ils lay direut que nous devions connoiftre que dorefnavant nous gij 68 ac pouvions plus ſouſtenir ce que nous a vions juſqu'a preſent fait,& qu'ainfi nous devions penfer que nous manquions'hommes, de mu- nitions, point de balles& qu'ils connoilloient par celles que nous tirions, que nous nous ſervions de balles deltein, ce qui eſtoit con- tre Pordre de la Guerre& quels vduleient bien paſſer les ſujets de plainte qu'il pouvoient avoir, par ce que nous cftions de tres braves gens& qu'ils ſeroient bien aiſe de is faire connoiſtre leſtime qu'ils t poür nous, en nous faifant vpofitrion àvantageuſe& gue'elioit ce qai les avoit əbligé de nous demander un Officier, pour nous faiie[{çavoir leur intepa ion, enfuite dequoy Monficur le Prince Charles de Lorrainè entra, qui dit audit ficùr de Vaugifard la mefme chofe, que ces deux pre- mieis Princes luy avoient dit, à quoy il répondit qu’il'avoit au- cun ordre de Monſieur du Fay, 'entrer en matiere& gwil ne’a- Yoit enyoyé que pour fgavoir ce 69 qu'ils ſouhaitoient de luy& qu'il alloit parler à Monſicur du Fay pour lùy faire fçavoir ce qu’ils luy vcnoientde dire, à quoy le Prince de Lorraine luy dit allez- y, le fieur de Vaugiffard vingt aupres de Mon- ficur du Fay, luy dire ce que ces Meflicurs luy avoient dit: il al- {embla le Confeil& parla le pre- mier,& dit qw'il’avoit'au- tre réponfe à lcur faire, que fi ils avoient conçeu de de Peltime pour fa Garnifon, qu'ilcroyoit que dés le moment qu’il auroit efeouté une pareille propoftion, qu'ils mau- roient plus'eſtime qu'ils diſoient avoir, puis qu'ils luy demandoievt à compofer dans un temps 5 où ils 'eſtoient point encore maiftres 'aucun ouvrage détaché de la pla- ce,& qu’a légard de ce qw'ils di- foient, que nous manguions de monde& de munitions, que nous leurs fetions conuoiſtre par les ſui- tes, que nos necellitez ne font pas fi grandes qu'ils'imaginent& qu'ainſi, ils ne ſe voyoit pas enco- te en eſtat decouter ce que'on lu⸗ g iij 78 propofoit, le feur de Yaugiflare fat auffi-toft le direà Mefficurs les Princes, le Prince Charles de tro- raine répondit qu'il en eftoit faché & que peur-eftre il pourroit de~ mander à Capituler dansun temps où il ne feroit pas le maiftre des choſes comme il'eſtoit dans ce temps,& que Philifbourg avoit remply PAllemagne de tant de mal- heurs, que cela nous devoit y fai- re penſer; Vaugiflart ſe retita& Pon renvoya le Capitaine des Dra- gons& nous recommançafme å nous canoner comme à'erdinaire & firent un tres-grand feu de mouſ- queterie: les Ennemis avoient une piece dans la batterie de la pla ce ’Arme du chemin de Turenuc, qui battoit la contregarde de ter- re. Le vingt-neuf, la nui&’on com- mança à retrencher la courtine, en- tre Anguien& Turenne;'on ft fort grand feu. Le trente les Ennemis tirerent beaucoup de Canon&’attacherent à faire breche à la pointe de la de= JI my-lune de Turenne,'ayant pas reui à leur mine. Le trente& vn, on défit partie du rettenchement de la demy-luue de Turenne, on y lailla une efpece de lunette à la gorge, renforcée de trois rangs de palliſſade, ils batti- rent l Angle flanqué de la demy- lune,& pouflerent un boyau du chemin couvert au foflé à l Angle» dont ils iettolent la terre dans le foll, Pon brufla le refte de leur gallerie auec des Tonneaux gau- dronnez, ils firent cette puit un logement de facs à terre, pour cou- vrir entrée de leur gallerie, Le premier Septembre, les Ene nemis ne firent rien qu'achever une batterie qui de eharpente avec des coffres pour tenir le fable, cela eft dans la communication de labreu- voir, vis à vis laifle droite de'ou- vrage à corne. Le deux les Ennemis tirerent de la batterie dont ie viens de parler, elle battit le flanc du baſt ion'An- guien; dont la face gauche eft dé-ja bien iuiné& la breche tres-grangde g uij 72 aufi bien que la braze de la face gauche de la demi-lune de Turen- ne, la courtine entre le baſtion de Turenne& celuy'Anguien'eſt guere en mcilleur eftat,’on iva ia- mais veu tant tirerde Canon& jet- ter de bombes quece iour-là. Le trois Septembre, les Ennemis attaquerent la demy-lune de Tu- renne,& noſtte garde'eftant lail- {ée furprendre, la plus part travail- lant au retrenchement& le reſte dormant, les Ennemis monterent à laſſaut& chaflerent noftre monde & les obligetent de paſſer le foſſé dans leau tufqu’a la ceinture, il'y reſta que le fieut de 8.PaulCapitai- ne de Champagne ê Charmont Lieutenant ayec tiois Soldats qui firent cé qui purent, leficur de S. Paul y fut tué, monfieur du Fay eftant arrivé& voyant les Ennemis faire un mechant mouuement& ne travaillant point fortement à fe lo- ger à caufe du grand feu que nous kaifions des flancs des deux baſtiens de Turenne&'Anguien& de la Courtine, dont nous leur tuaſme 3: beaucoup de monde, Monfieur du Fay commanda le fieur Chevalier de Mars Capitaine dans la marine, avec feprante hommes dans le nom= bre defquels ily avoit vingt Grena- diers& quatre Sergens, il avoit avec luy le fieur Dreu Capitaine du Dauphin: deux Lieutenans& deux ſous Licutenans, cette petite trou- pe'en alla au travers du foſſé lé- pée àla main, avec une vigueur& fermeté tres grande& chaſſerent le reſte de ce qui ſe trouva'ennemy dans la demy-lune, la reprirent& la garderent pendant tout ce tẽps, lon tira de part&'autre force Ca- non, les Ennemis ietterent plus de ſoixante bombes: iamais on a veu un fi grand feu de mouſquetterie, que celuy que nous fiſmes des ba- ſtions& de la Couttine,& le Che- valier de Mars, les Officiers& la trospe reparerent ført bien ce qui 'eſtoit palſẽ à laſſaut que les Ence- misavoient donné: où il y eut de tué& blefez trente hommes& les Ennemis y laiſſerent bien quatre- vingt hommes& trois Officiers. 74 La nuit du trois au quatre, les Ennemis firent un Pont fur le foffé dela demy-lune de Turenne vis à vis la breche, La nuit du quatre au cing, les les Ennemis firent un tres-grand feu de mouſquetterie de Canon& de Bombes, dunt un efclat tua le fieur Merlet Lieutenant Colonel, da Pleſſis qui eſtoit de garde à la de- my-lune de Turenne, Le cing Septembre fur les onze heures du matin nous a perceuſmes que les Ennemis ſe remuoist dans les trenchées plus qu'a'ordinaire, & melme gwil leur eltoit arrivé guelqu’ Infanterie ou'on vit dela paille aux Chapeaux des Soldats, cela nous patut eſtre un preparatif à quelque entreprife, ce que mon- fieur du Fay ayant reconnu luy meſine, diſpoſa toutes les troupes de la garnifon à recevoir les Enne- mis, qui ne manguerent pas de ve- nir á midy pour monter à laffaut è noftre demy-lune comme ils avoient faits ily avoit deux iours; mais ce e fut pas la melme chofe, ils ne —2 d o ES 75 trouverent point de gens endormis, ils furent receus aufſi vigoureuſe- ment qu'on le pouvoit deſirer,’on peut direà faire juftice à nos Enne- mis, qu’ils vinrent tres bien& aueg fermeté monter fur noftre breche, dont ils furent chaffez à coups de pertuifannes& de Grenades&'un feu extraordinaire des faces& des flancs des baftions’Anguien& de Tarenne, de la Courtine& de no- {tre Canon à Cartouche qui furent tres-bien{urpris, cela’empefcha pas nos Ennemis apres avoir eftê re- poulfez de revenir encore une fois, dont ils ne furent pas plus ſatisfaits e la premiere,& nous les Chaſ- ames en continuant toûjours un tres-grand feu denoftre place tant de Canon que de moulquetterie, nonobftant tout noftre feu& noftre reſi ſtance, ils vinrent une troiſié- me fois tout auſſi vigoureuſement que les deux autres, ils furent ré- pouffez& rebutez par la perte qu'ils faifoient jamais on’a veu un plus grand feu, les bombes eftoient jet- tẽées en auſſi grand nombre que les 6 Grenades& ils pleuvoit des pierres en nos baſtions& fur noftre Cour= tines qu'on ne ſgavoit où ſe met- tre, il ſe tira quatre cent yollée de Ganon de part&'autre, nous ne perdiſmes pas plus de vingt Soldats morts& autant de bleſſez, tant dans la demy- lune que dans les baſtions. le ficur de Florat& de Carle Ca- pitaine le premier dans Normandie & le fecond dans la Marine eftoient ceux qui eltoientà la demy-lune,& qui y firent tout ce que'on peut faire de fermetẽ, auſſi biẽque le fieur dela mote& Montigny Lieutenant, il y avoit avec eux quatre vingt- hommes de garde fans les Grena- diers, le Geur de Scoflas efor å la face droite du baftion de Turen- ne avec les Gompagnies de Nor- mandic, le Regiment Dupleflis oç- cupoit la Courtine de Turenne& 'Anguien; les Dragons au flanc& la face gauche d’ Anguien, le ba- taillon de la Marine occupoit le relle de ce mefme ba ftion, il fut tué le fieur de Beaulicu Cåpitaine de Picardie& Guingar Lieutenant des Dragons 77 Dragons& deux Dragons» apres cette ation finie, fur les trois heu- res apres midy, les. Ennemis de- manderent la permiflion de retirer lcurs morts& blefez, Monficeur du Fay leur accorda& leur renvoya quinze Prifonniers faits en cette ation,& le iour dela premiere at- taque qui coufta bien affeurement aux Ennemis deux cens hommes& des Officiers dixou douze. La nuit du ſixieſme, les Ennemis ne firent aucune entreprife, ils tire- rent force coups de Canons, jiette- rent une tres grande quantité de bombes& de pierres, ils firent une batterie de deux pieces qui battoit la face droitte de la contre-garde de terre, parce qu'elle voit en breche la demy-lune de Turenne. Le ſeptieſme ils mirent deux pie- ces en batterie qui battoient la face droite dela demy-lune de Turenne pres de la gorge, où il y ayoit dé-ja une breche affez grande,& qwa- paremment ils vouloient encore'a- grandir pour avoir deux endroits à monter àl'aſſaut, ayant eſtẽ fort re- h 78 butez par celle où ils'avoient de- ja donné. La nuict du ſept au huict, il ne ſe fit pas grand feu faiſant une tres- grande pluye, nous fuſmes forte- ment fur nos gardes, eftant aflez ordinaire aux ennemis de fe feryir de ce temps pour faire quelque en- trepriſe. Le huictieſme les ſieurs de Rou- vay& de Vaugiſard, furent enuoyez ſuivant la reſolution du conſeil de Guerre, ainſi qu'il'enſuir. n 79 Eſtat des Articles conte: nus en la Capitulation faite entre leurs Alteſ- fes le Duc de Loraine, Prince Frederic de Ba- den d Vrlac,& Prince i Herman de Baden: Et a entre Monfieur du Fay Oolonel'un Regiment de Dragons, Gouver- neur de Philifbourg& bafe Alface pour fa Majefté tres- Chré- tienne, Eſtat de la place& des aſſie- geants eſtant tel qu'on auroit \ eù lieu, de ne pas accorder des con- ditions ſi avantageuſe qu'on trou- vera dans la ſuite, leurs Alteſſes ont pourtant bien voulu faire voir à Monſieur du Fay& à toute la gar- h. ij 30 niſon, la diſtinction avec laquelle leur generoſité les obligeoit'agir envers des gens qui ont avec tant de valicur& de courage, fouftene Ia longueur de ce Siege,& les oc- caſions continuelles qu'il à pro- duit. KNTICLE PREMIEX. ue la garniſon ſortira, le dix- ſept à dix heures du matin, en cas qu'elle ne fult fecourüe par une Armée, avec Armes& bagages, Tambour battant, méche allumée par les deux bouts, ayant les ban- doŭilleres garnies de povdre, plomb, mẽches, enſeignes dẽployẽes, mouſ- quets& picques fur les efpaules, la Cavallerie à Cheval,'épée à la main,& les Dragons aufi à Ches val; le Fuſil haut& tous les équi- pages& eſtendart déployez. II, La place ne'entendra point eſtre ſecoulüe par une troupe de 81 kuict cens où de mille hommes partie'une Armée eſloi gace, par exemple, au dela de Straſbourg: mais au cas que’Armée du Roy tres-Chreftien compofée'Infan- terie, Cavallerie& Canon, com- mandée par monfieur le:Duc de Luxembourg ou autre General., fuſt porté à Rouflein Leifem, Gras bem Staffort> Biimal où autres lieux deça. où delà du, Rhin, de pareille diftance& qu’un pareil fe- cours de hui& cens à mille home mes entraft dans Ia place, on. pou- roit’en feryir& la Capitulation feroit nulle,& en cas que. Armée du Roy Tres-Chreltien approchaft plus pres de Philifbourg, il fe- toit permis à celle de PEmpereur & de'Empire, de fe porter hors la portée du Canon. pour fi. oppo- ſer;&'on convint que la portée du Canon'eſtendroit directement au four à chaux& outres lieux, allentour'une pareille diflance bien: eftendüe., qu'en aucuss cas cy-deſſus mentionnez, il ne ſeroit Permis à la gatniſon aucun acte iij s: dheſtilité contre l Armée de Em- pereur& de’Empire, bien moins aucune fortie. —— ue ladite garniſon ſeroit con- duite vie, Armes& bagues fauues, par le plus droit& le plus court| chemin iufqu’a Haguenau, avec une eſcorte ſuffiſante des troupes &e'Empereur, commandée par un Solonnel en chef&'on convien» åroit des Villes, Bourgs& Villa- ges où'on coucheroit chaque nuit & qui ne pourra eſtre efloignẽe que de trois à quatre lieux de Fran- ĉe, où les viures neceffaires fe- toient fournis raiſonnablement, par Jes ordres du General, de Empe- reur& de’Empire, aux Officiers Soldats, Cavalliers& Dragons, ar- tillerie& autres gens de lad'te gar- ‘nifon: Foin& Avoine pour les Chevaux. ——— I V. Que I·on emmeneroit huict pie- 83 ees de Canon de fonte, fçavoir deux de vingtequatre> deux de douze;& quatre de fix, montées {fur leurs affuts auant ramis& Ar- mes, le trout à noftre choix, avee poudre& boulets, pour fix coups de chaque piece. V. Que Pon emmeneroit auſſi un mortier à jetter bombes de cent deux livres. yI. ue'on emmeneroit auſſi qua- tre Batteaux de Cuivre, qui{ong ‘dansla place, avec leurs Chariots & attirail neceflaires. VII. Que'or& largent qui pouz roit eftre icy aux particuliers, où Officiers, Marchands où autres en ſortiroit en toute ſeureté& rendu à Haguenau. sono h iiij B4. YVI, TI feroit fourny pour Ie tranf: port des moins bieſſez& malades, vingt Chariots attellez& les au- tres blefez& malades qui ne fe- roiĩent pas en eſtat'eſtre tianſ- portez par ladite voiture> feroient embarquez fur le Rhin> tout le plus prés de la Ville qu’il(e pour- toit, pour eftre conduit fur des Ba- teaux, avec des Eatteliers& eſcor- tes neceffaires iufqu’à Haguenau,& Ia ſeureté ſeroit entiete pour lef- dits bleffez& malades, que pour: les Officiers Chirurgiens& autres: geus qui ſeroient deftinez pour la. conduite& mefme Jes medicament, ſubſi ſtances, lits, vſtancilles& au- tres choſes neceſſaires. IX A légàrd des Villes, Bourgs,. Villages& maifons qui. ont elté pillées.& bruflées,& autres actes ’hoftilité qui pourroient. ayain 35 eté comifes iufqu’à lors» tant an 7 fujet des contributions que pour ao raiſon que fe pourroit eftre en a quelque pays& à quelque: Prince ou aurres qu'elles pourroient àp- partenir, ny le commandant de Phi- i- lifboutg, ny le fieur dela Goupi- ie liere Commiffaires des Guerres, ny 5 le Receyeur de la; contribution, — ny aucuns autres Officiers tels a o qu'ils pourroient eſtre, ny Ca- K valiers, ny Dragons; ny Soldats x ne pourroient eſtre en aucune ma- niere inquieteza, ny le General ~ de'Armée Imperialle& de Em- s piile, donneroit pour ĉe fuiet ùne feureté par elcrit figné de fa main. . B N Il ne feroit point permis de re- peter, ny reprendre de part& 'autreaucun butin fait iufqu’à ce i iour, ny mefme les Chevaux pris deyant& pendant le fiege, T gcois tant Frangois bá i Tous Bour 86 qu'Allemans& aurres habituez dans Philiſbourg, auroiét la liber- té de reſter ou fortir avecla gay- nilon&'emmener tout ce qui leur appartiendroit& auroient la meſme liberté dans quatre mois, ſans qu'ils puiſſent eſtre inquie- tez, pour quelques raifons que ce puft. XIL Il ne feroit permis aucun com- merce particulier, entre'Armée de’Empereur& de’Empire,&la garniſon de Philifbourg’où per- ſonne ne lortiroit,& auſſi qu'ans cun de l’ Armée’y entreroit fans une permiffion particuliere de pare &'autre, XIILI. Pendant les huict iouts dont on eonviendroit, Pon ne travailleroir point de part’y'autres& cela feroit executé de bonne foy, fans commettre des fentinelles. fur Jes ——— 87 travaux des vns& des autres; à quoy les oſta ges pourroient pren- dre garde. XIVe Les Prifonniers faits devant ou pendant le ſiege, ſeroient rendus de part&'autre,& le party qui ſe trouveroit redevable en fourniroit un receu: les Oſtages qui feroient alors à l’ Empereur, convien droient de ceux qui nous feroient remis pourl'execution du preſent traitté, comme aufi, de ceux que nous fournirions les uns& les autres, ſe- roient renvoyez de bonne foy savec leurs paſſeports& eſcortes neceſſai- res. X V. Pendant les hui& jours dont on ſeroit eonvenu, il y-auroit ſuſpen- ſion'Armes de part&'autre,& qu'il ne ſe Feroit aucun acte dho- ítilité, pour quelque raifon que ce puſt eſtre,& chacun reſteroit ſur dle terrain qu’il occuperoit. 38 ZVI. Il feroit fourny pour les équipa- ges des Officiers de la garniſon, cinquante Chariots attęlez& le General de Armée de'Empereur eſt ſuplié, de faire fournir cinquan- te Chevaux de Selle pour fes: OM- ciers qui ferojentà pied, deux Ca- roffes pour les bleffez& dont nos oſtages ſeroient reſponſables. AVIL, Tous les Officiers generalement de la garniſon de'eſtat Major, Ar- tillerie, Ingenieurs, Munitionaiies, Entrepreneurs, Charpentiers> Ma- çons& tous autres, iouyroient de la ſeuretẽ du preſent traictẽ. XVIII, Le feize veille dela fortie de la garniſon, qui ſeroit executée le dix-fept à la pointe du iour, le Ge- neral de l Armée del’ Empereur& de’Em- tesi bake den ledi qui em lifl clef fin entr don dres cier 89 pire, pourroit envoyer tel qu’il iu- geroit à propos pour inventorier les pieces de l’ Artillerie, munitions de guerre& de bonche qui ſe trou- veroient dans les magazins, à lex- ception defdits huit pieces de Ca- non, mortier& quatre batteaux de: Cuivre cy-deflus ſpeciſiez. XIX. Ledit jour ſeiz ieſine à huict heu- res du ſoir la porte de France Ponts, baſeulle& barrieres qui en dépen- dent, feroient mis entre les mains de Oficier, qui feroit choifi par le General de'Armée de l Empe- reur& de’Empire, à condition que ledit Ofħcier auroit un caractere qui lay donne de'authoriteé pour empeſcher le deſordre,& une pa- lifadc avec une bariere fermant à clef de noftre cofté, leroit polé afa fin qu'il’y ait aucun commerce entre les Soldats des deur parties, dont il arrive toufiours des delor- dres, ce qae efmiteroieat les of- ciersde part&'autre le Plus qu'il i 90 Pourroient: qu’il ſeroit fait deux exemplaires ſouſcripts& cacheteꝝ à'heure meſme de leur Alteſſe de Baden,'Ourlac Prince Hermen de Baden, en attendant que fon Al- teflele Ducde Loraine feroit arri- vée'une part ,& de Monficur du Fay, du Lieutenant de Roy»& le major de la place de’autre» le tout de bonne foy: Fait le neufiẽme Sep- tembre 1676. Signé Charles de Loraine, Frederic Hermen de Bae den, du Fay faint Luft& la Neu- yille& au basde chacun feing leurs Armes. Traitté particulier fait avec Monſieur le Com- te Mansfeld. Onſieur le Comtè de Manſ- M feld, Collonel'un Regi- ment'Infanterie de ſa Majeſté Imperialle, promet&'oblige de faire executer les Articles cy- apres fpecifiez: quoy que non compris dans la Capitulation qui eft faite 91 gce iourd'huy. PREMIEREMENT. Que Var&'argent du Roy fot- tiroit avec teute la feureté imagina- ble de Philifbourg pour eſtre con- duit de meſme iuſqu'à Haguenau, avec les troupes de la garniſon, fans que pour quelque pretexte que ce puſt-eſtre sil y cuit aucun empel- chement. Que mille maldres de bleds fes jont voiturées au bord du Rhin». pris le fort occupé par les troupes de ſa Majeſté Imperialle, pour ẽtre embarquées dans les batteaux nè- ceſſaires& eſtre rendues inceſſam- ment& de bonne foy à Haguenau, fans que cela puiſſe eſtre diverty ny retardé, pour quelque raiſon que ſe puſt eſtre. 'aucuns Officiers de'Armée Imperialle& de Empire, de quel- gue qualité& Caractere qu'il ſoit, ne pourroit repeter’y retenir pour quelque raiſon que ſe puſt eſtre, aucuns Cavaliers„Dragons ou Sol- 1 ij 92 dats de nation Allemande où étran- gčre, quand bien mefme aucuns ’'iceux auroient delerté, quelque Compagnie de Armée de'Empe= teur, de l Fmpire& des Aliez, mcelme quand quelqu'un'iceux auroit tuć, volé, ou commis quel- que Crime. Monſieur le Comte de Hausfeld, auroit la bonté de donner fa parol- le, pour la perfonne& petit équipa- pe du nommé Euviald Cfficier de TArtillerie& artificier, comme avfli pour le nommé Iean de Frane c Canonnier. Mönfievi le Cemte de mansfeld, feroit aufi tres. humblement ſup- plié de faire tout ce qu’il pourroit, pour obrenir la liberté des Prilone niers, quj eftoienr à monihis ouau- tre lieux du Palatinat; le ficur du Fay'engsgeant'en tenir compte à qu'il appartiendroit- Or'execuzion des Articles cya deſlus„ Monſitur le Cempte de Mansfelde, donna& engagca Ía pa- rolle'honneur au ficur du Fay, qu’il xe feroif en aucune maniere -93 contrevenu, pour quelque raifon& quelque pretexte gue fe pourroit eſtre. Faiz a Philifbouig le neuf Scptembre 1676. Signé Mansfeld, & du Fay& cacheté de leurs Ar- Mes. i