fl e, He ueel,̃. 23.— eE.&,. e. 7 AVECIKXA MANIERE de les bien cultiver„leurs noms, leurs couleurs,& leur beauté. A PpARIS, Chez CHARLES DE SERCV, au ſixieme Pillier de la Gtand' Falle du Palais, vis.A- vis la Montée de la Cour des Aydes, 2 la Bonne- Foy Couronnée. . EXVIII. A vec Priuilege du Roy. XXLer; EE& FTELRKEA22A 9— 2 οQον 8¹ 338 5 Æ ec la maniere de lee Avec la maniere de les tiver, leurs Nom 4 leurs,& leurs beauté E A DIFFERENCER DES Tulipes Edle leus, eſpecet. Ncore que toutes les Tit⸗ lipes ſoient d'une ſcule eſpece(je veux dire Tu.- lipes) neantmoins il eſt certain qu'il Yen a plu- ſieurs ſortes cœ qui eſt Preſentement connu des Curieux les Blanches, les Jaunes,& les Rouges cCommunes ſont Tulipes, mais de trois ſortes qui ne changent jamais, & ſont LAITE⸗ les plus communes, 3005 ſont. elles eſti- lu meeès les moindres IIs'en voit d'a les unes plus en 911 05 5 aneres 5„les unes éclatantes,& les au- tres p lus foibles. Et quand de ces ſortes 1138 35 trouve, dont le fonds eſt ſelon que la Fein gillent des Curieux, alors ils les laiſlent grenir;& ce ſont d6 ces Graines que viennent lés meilleures couleurs. On tema rque 5 deux natures de Tu- lipes, les unes printanieres,& les au- tres tardives. Nous en voyons encore d'une autre, qu'on peut direi medionnel- es, dautant + elles fleuriſſent entre les ntanieres ò&les tardives,& de tou- Cs les trois nous en voyons deè diver- lement colorẽes. Des I Eüitteinieese il s'en voit de plu- ſicurs couleurs,& de parfaitement bel- les, dont les unes ſont merveilleuſe- ment bien panachèes,& les autres ſim- plemen: bornées: la Weur avance d'en- viron trois ee ou un mois avant les autres 4 cpour cela ſe nomment Prinitani W e les Bordées, les plus be lles onr 3 55 qui ont la. fort Eclataute, le bord grand& couppẽ net: teincnt. 1 4 5 DES TUHIPES. Des Tardives, auſſi bien qu- dionnelles, il en eſt de pluſicurs ſortes de couleurs, dont les premieres ſont ſimplement bordées; elles ſont un peu plus dans L'eſtime que les Blanchées, Jaunes,& Rouges: les unes ſont rou- ges bordèes de rouge. Et ce qui les fait un peu conſiderer, ceſt que la Couron- neè qui eſt dans la fleur eſt parfaitement ronde. 5 La ſeconde ſorte, ſont couleurs qui nous viennent par le moyen des Grai- nes;& de celles-cy il s'en trouve de ſi diverſement colorées,& tellement dif- ferentes, quꝰil eſt impoſſible aux Pein- tres ny Tinturiers d'en imiter les cou- leurs: Et ce ſont de ces couleurs que viennent les plus belles, par Linduſtrie des Curieux, qui ſgavent ayder à la na- ture, par un artifice que le temps& Texperience leur a appriſe. Et quoy que ces couleurs, comme couleurs, ſoient des moindres en beautẽ„neanmoins ce ſont les plus belles comme ſeules capa- les de ſe changer en mieux,& meil- Ieures pour recueillir les Graines. Il Sen rencontre auſſi de Glacées entre ces couleurs, qui eſt comme une éẽſpece Tombre, de moindre couleur que celle du corps. A 1ij RAIE La troiſieme ſont celles quon nommè panachécs, entre leſquelles il y en a en- core de pluficurs ſortes, dont les Pre- miers& moindreés ſont les Paltots de couleur rouge& jaune,& de couleur blanche& rouge;& dont il eſt de Ae ſortes ou claſſes. La première eſt celuj ia,& Lautre ſe nomme Paltody; il a les mémes mais il eſt bien Plus fin,& bien pl a5 nettement pana- ché, il faut que celuy cy aye les pail- lettes nofres ou brunes; ſi ce n'eſt lors qu'ils ont un fonds noir, il faut que les es ſoient jaunes. La deuxiéme forte de panachées ſe nommèe Rlotillon, il n'a que deux cou- en ſa fleur& en eſt encore de deux laſſes, dont la ſeconde 5 Mo- rillon il eſt beaucoup plus fin que le Morillon,& ſes panaches ſont plus nettement couppkes. La troiſiéme ſorte de panachées ſe nomment Agates; il en eſt encore de deux ſortes, dont la premiere n'a que deux couleurs,& la deuxiẽme qui ſe nomme Agatine, en a trois,& quel- ques fois plus. LAgatine eſt ſans com- paraiſon plus belle que l'Agate,& ſes couleurs ſont plus diſtinctes,& par- DEA TFUIASEES. 7 faitement détachées les unes des autres, La quatrième eſt la plus belle de tou- tes,& ſe nommèe Marquetine,& Mar- quetrine: C'eſt cette fortè de Tulipe qui emporte le prix ſur les autres. Il 8en voit de quatre& cinq couleurs, & quelque fois de davantage: C'eſt cel- le· cy que les Curieux recherchent& à laquelle ils s'attachent le plus preciſe- ment;ʒ ceſt le bout de leur eſtude,& la lin oũ ils aſpirent. Mais il faut une lon- gue experience pour bien diſcerner les plus belles,& une connoiſſanee pour bien remarquer leurs couleurs. La Mar- quetrine eſt la plus eſtimèe, ſes pana- ches ſont detachées les unes des autres ſans aucune diminution ſont nettes en leur couleur,& arreſtécs par un petit bord, comme un filet de ſoye bien dé- liẽ. Et Ceſt à quoy on connoiſt les plus belles. Il seſt trouvè encore unè ſorte de Tu- lipe, d'une forme extraordinaire, elle eſt bigearre en ſes couleuts& affreuſe en ſon regard;& pour cela s'eſt falt donner le hom de Monſtre: On en voit de divers couleurs. I en eſt d'autres que lon nomme ſaſ- „— Pecs, leſquelles ont bien pluſicurs& A iiij 8 RαII TYE diverſes couleurs, mais elles ne ſont pas ſepartes les unes des autres, ains ſe mẽlangent enſemble, comme on remar- que que fait le Jaſpe. ILs'en voit encore que l'on peut dire doubles, puis qu'elles portent juſques à plus de vingt feüilles. II s'en eſt veu,& en voit- on encore, qui ont les feiiilles de la fleur vertes, de deux couleurs, on les nomme feüilles rayẽes, mais il s'en trouve peu de bel- les. Avant donc faire voir ſuccintement le lieu doù nous ſont venuẽs les premieres Tulipes, leur eſpece,& la diverſité des ſortes que nous poſſedons, je diray maintenant d'où elle a pris ſon nom; en ſuite je toucheray en paſſant quelle doit eſtre la Tulipe, tant en ſes cou- leurs, panaches, que forme;& laiſſant aux Curieux& excellents eſprits Lexa- geration de ſa beauté, je traiteray des moyens de la cultiver,& ſi par art elle peut ſe perfectionner. BPFAFUEIiPE& 9 4 D2 8053 6283 8083.802 653. 53 83,8083 C053 df·. ee. Du nom de Tulipe en general, des noms particuliers,& comme on les doit nommer. D Ans les Tulipes il s'en trouve un nombre infiny de differentes de chacune ſorte ou eſpece,& quon pour. roit les dicerner les unes des autres, à moins que de chacun un nom particu- lier, un Curieux qui rencontrera dans ſes couleurs une Tulipe qui aura pana- chẽ par ſon travail,& qui ayant con- tinuè deux annces ſans changer, elle ſe rectifira: ſi elle eſt unique,& qu il ne sen ſoit pas encore vèu de ſemblable (comme il eſt arrive à pluſieurs) alors il luy peut donner tel nom quiil luy plai- ra, pourveu qu' il ſoit de Leſpece ſuſdi- te,& ſe rapporte à L'une des ſortes. Par exemple, ſi cette Tulipe tient na- ture de Morillon, on la peut nommer Morillon un tel ou ſi elle eſt Agate, di- re Agate telle:& ainſi du reſte. De toutes les eſpeces& ſortes de Tu- 10 lipes, il y en a qui ſe parangonnent, & ſont celles qui deviennent plus bel- les en ſe pefectionnant: alors les Cu- rieux, auſquels elles arrivent, leur peu- vent donner un nom;& conſervant toũjours celuy de leur eſpece, ajoũter celuy de Parangon. Par exemple, on peut dire une telle parangonnèe, ou pa- tangon un tel, pourveu que le nom qu ils donneront ſoit ajoũtẽè à celuy de Teſpece(ce qui demeurera toujours Pour regle generale)& que le nom ſoit convenable à la forme, couleur& per- fection de la Tulipe; ſi ce meſt que celuy qui Laura Elèevèe luy donnaſt ſon nom propre par adition, ce qui eſt per- mis; ainſi que Monſieur Robin donne le nom d'Agate Robin à une Tulipe Agate qui ſe perfectionna,& à laquel. le(Seſtant plus embellie) on à donnẽ depuis le nom d'Agate Royale. L'A- gate Morin a eſté nomméèe par Mon- ſieur Morin Lainé, aprẽs s'eſtre paran- gonnẽe: Et ainſi chacun doit nommer les Tulipes par jugement,& non par fantaiſic. Důautres leur ont fait porter le nom des Villes où elles ont eſtè ele- vees, comme la Jaſpée de Harlan, la belle d'Anvers, le Pourpre de Roũen, BFFHFöoterks5. 11 lunique de Caën,&c. Le paſſe. Za- blon a eſtè nommé par Monſieur Tu- der, Doyen de Noſtre-Dame de Da- ris, la Jaſpée Tuder, qui depuis sꝰeſt parangonné. La Brabanſonnèe commèe venuẽ de Brabant;& IImperiale, nom- mèe par les Flamans. Les Hollandois ont une autre fagon de nommer les Tulipes; qui leur don- nent le nom de Generaux d'Armée. n b rrieu ont diverſe- ment nommè leurs Tulipes(mais crai- gnant que ces Meſſieurs ne trouvaſſent mauvais de les faire connoiſtre par leur nom) je diray ſeulement, qu'un fort conſiderable leur à donné fe nom de Royaume, Provinces& Villes; com- me la Polonoiſe( laquelle emporta le Prix à Paris, Flandre& Hollande, en 1646) la Florentine, la Lucoiſe, la Tu- rinoiſe,& la Genevoiſe. Un autre Curieux& grand Fleuriſte a donnè aux ſiennes des noms de Pais eſtrangers, comme Orientale(qui eſt une des plus belles Tulipes& des plus eſtimẽes) la Chinoiſe, la Vincienne, LAngloiſe;& à ſa derniere, il Iuy don- na le nom de Renommèe. Pluſieurs leur ont donné d'autres EER K KT E noms. Une Danioiſelle a donné des noms de Romans aux ſiennes. Un Curieux de Paris leur à donné des noms de l'ancienne Loy. Un autre s'eſt ſervy des noms de Peintres qui ont eſtè en reputation. Un conſiderable Floriſte a nommè la paſſe-Orientale. Un autre, lAmirale, la belle d'An- vers,& le Viceroy. Un autre, le Parangon Brabanſon, Agathe de Bantam TAmiral dEcoſ- ſe, le Parangon de Mans, la Medèe,& la Langdochienne. Un autre, la Pamphilie,& la Do- rotée. Un autre, la Triomphante(qui eſt une Tulipe en grande eſtime) la Pro- ſerpine,& IImperatrice. Un autre, la Cariclée„la Theage- ne, P'Aurore,& la grande Chartreuſe. Un autre, la brune Boullart„E& la SGiot pretenduè. Un Curieux de Caën„ I'Amiral Ablin, la Galatée& Funique Ablin. Et Monſeigneur le Cardinal de Ri⸗ chelieu, qui après ſes grandles occupa- tions, alloit dẽlaſſer ſon eſprit entre les fleurs& le bel émail des Jardins, ne + 13 nom au fean 0 Aà la CHA Celiere. a0 d εε agdανͥ b NZe Be CHAPITRE III. 1 10 Zuelle doit eſtre la Tulipe, tant en „ ſes couleurs, panaches, quien a forme. E neſt pas tant la quantité de couleurs qui rend la Tulipe con- ſidcrable, comme leur vivacité, la per- fection& Lagreable aſſortiſſement de ſes panaches, ſes pieces detachẽes, ſon fonds, ſes eſtamines,& la beauté de 0 ſa forme. Quant aux couleurs il laut qu elles ſoient unies& ᷑clatantes, qu elles paroiſſent&galement, tant au dedans, quau dehors,& qu'elles ſoient ſi bien placées& aſſorties, que les unes ne tuent pas les autres, ains ſe donnent du luſtre. Et pour ce qui re- garde les panaches, il faut qu elles ſoient longues, commengant du fonds de la fleur,& montant au haut de la feüille, aller finiſlaut au bord en for- 8 14 R me de coquille. Les pieces dẽtachẽes donnent encore beaucoup d'ornement à la Tulipe, lors que leurs couleurs percent à travers la feüille de la fleur,& paroiſſent Egale- ment dehors& dedans,& que les pa- naches& pieces detachèes eſtant par- faitement ſeparẽes, conſervent diſtin- ctement leurs couleurs ſans ſe méler. Pour le fonds, le plus beau doit eſtre bleu celeſte,& les eſtamines noires en apparence, quoy que bleuẽs en effet, mais d'un bleu tres-enfoncé; qui ſont les plus belles marques de la conſtante beautẽ des Tulipes., Pour la forme, il faut quelle ait Ia tige haute& droite 3 & que la fleur ſoit d'une raiſonnable proportion; la trop groſſe& grande ſeroit monſtrueuſe,& tiendroit du geant;& la trop petite ne ſeroit pas agreable, par ſon defaut, en tenant du nain ou pigmée: il faut donc qu'elle ſoit de moyenne grandeur, plus longue què courte, les feüilles de la fleur ren. verſées au dehors, en forme de cloche, & quꝰ elle ne ſoit point, ny globeuſe ny ronde. DES TULIPES. 15 688dee Sdedlerod Ses 88l Je 50B6⁸ CHAPITRE IV. De laà culture des 7 ulipes G- premie- rement du choix de celle; Jui ſont propres pour graine. Our ſuivre mon ordre j ay main⸗ tenant à traiter des moyens de cultiver les Tulipes; mais eſtant obli. g6 de prendre les choſes dans leur prin- Abe, je commenceray par les graines Puis je diray l'ordre quꝰon doit tenir Pour planter les oignons, Ies relever de terre tous- les ans,& Pourquoy il les faut lever. Vuand un curieux voudra tenter d'a- voir des Tulipes qui ne ſoient point encore veuès, il faut qu'il ſe reſolve à ſemer, puis qu il niy peut parvenir que par les graines: c'eſt pourquoy il choi- Hra entre ſes couleurs une ou pluſieurs Tulipes, qui ayent la couleur& le fond tel que les ſcavans curieux con- noiſſent devoir eſtre; TLayant laiſſe gre- nir& venir la graine à maturitè(ce Jui ſe reconnoiſſ lors que lechaton oũ 16 K RIITE· elle eſt enfermẽe ſe veut ouvrir de luy- meſme) alors on la peut mettre au ca- binet,& la laiſſer ſecher dans ſon cha- ton à Pair. Les meilleures Tulipes,& dont on doit faire Election pour recueillir des graines, doivent avoir la couleur cra- Roiſie, tirant ſur le pourpre violet obſ- cur, ou incarnadin vif. Et faut obſer- ver de ne prendre pas celles qui ont 1e fond& les eſtamines jaunätres, mais un grand fond bleu ou blanc, ou bien des deux couleurs enſemble,& que les eſtamines ou paillettes ſoient d'un bleu turquin, violet, brun ou tannéè. La graine de la vefve produit de tres-bon- nes Tulipes. r¹ αναιειεεεεεεεενε Ree. Des terres propres pour les 7. ulipes. Our bien reüſſir, il faut choiſir une terre mediocrement graſſe,& qui ſoit fumée du moins d'un an ou deux, parce que ſi elle eſtoit fumèe de Fannẽe, la quantité de vers qu'elle en- gendreroit, à cauſe de la graiſſe, en feroit I BEATiters. 17 feroit perir beaucoup, dautant que cet- te vermine S attache davantage aux Plantes foibles, qu'aux robuſtes& les Tulipes fines eſtant plus delicates que les autres, ſeroient celles qui periroient les premieres,& par ainſi il ne reſte- roit que les moindres. La terre un peu ſablonneuſe ſeroit la plus propre, eſtant moins ſujette aux vers,& pour le na- turel des Tulipes, qui ne veulent pas une terre graſſe. 83 83.683 6253 62 642. 8053 E983 f02.853 5 CHAPITRE VI. Du temps qu on doit ſemer Ies Grai- nes de Tulipe,& de leur Couvernement. Eluy des curieux qui deſirera voir les merveilleux effets de la natu- re en celuy des graines, doit les ſemer depuis le commencement de Septem- bre, juſques à la fin d'Octobre en plei- ne Lune,& ne mettre que la hauteur d'un demy travers de doigt de terre deſſus, dautant que la grainè senfonce aſſez d'elle-meſmie. 8 18 Les graines ainſi ſemées, leveront au mois de Mars enſuivant. La pre- miere annce la feüille ne paroiſtra pas plus que la petite feüille de porcau; Loignon groſſira peu,& ne paroiſtra pas plus gros qu'un petit pois: mais Ia ſeconde, ils saugmenteront beaucoup davantage. Quelques-unes ſe mettront en eſtat de porter fleur la troiſiéme, & les moins fortes la quatriẽme. Il faut avoir grand ſoin de les cercler,& te- nir les planches nettes;& ſi on remar- quoit que les oignons ſortiſlent hors de terre, il faudroit dans le mois de Juin „aprés leurs feüilles ſeches, cribler de bonne terre ſur les planches, afin de les recouvrir, pour les garantir de Lardeur du Soleil, dautant que ces petits oignons, encore foibles, salte- reroient& ſe dépoũilleroient de leur Ppremiere peau, qui ſe fendroit,& pren- droit une couleur rougeaſtre, tirant ſut celle de chaſtaigne; en ſorte qu'ils ſe f ſeicheront,& periront enfin. 8³ DES TULIP Es. 19 ναπνε CHAPITRE VII. CαD Des effeis des graines en leur g ration,& production des fleuss P5 Tulipes eſtant en fleur, ce ſera lors plaiſir de voir les merveilleux effers de la Nature en remarquant la di- verſitẽ de leurs couleuts, eſtant certain que du grand nombre de graine que produit une ſeule Plante, il ne sen ren- contre quelquefois pas une ſemblable à celle qui l'a portée;& davantage ſont Preſque toutes differentes. Jay quelquefois fait une curicuſe re- exion ſur les occultes ſecrets de la Na- ture,& penſant aux divers change- mens que l'on voit en ces graines, j en ay cherchè la cauſe. Mais certainement je confeſſe qu'on y eſt preſque aveu- gle,& qu'il eſt bien diflicile de con- noiſtre comme ſe font ces choſes. Nean- moins comme Cꝰ'eſt par les creatures que l'on connoiſt la grandeur du Crea- teur,& qu elles nous forcent& obli- gent d'adorer ſa puiſſance; jay bien voulu cherchet ces merve illes& 20 mengant par la conſideration de ce que font les Graines en leur genèration, voir leurs divers effets en la production de leurs fleurs. Sur cette penſèe, je conſidere que quoy que toutes choſes dẽpendent im- mediatement de Dieu, neanmoins plu- ſieurs ſe congoivent ſelon le cours de nature,& ſuivent l'ordre que cette puiſſance ſouveraine leur preſcrit lors de leur creation. Ainſi cette divine Providence au troiſième jour ayant creè les plantes, leur donna à chacune la faculté de porter ſemence pour la conſervation de leur eſpece. Or eette graine qui a en elle la puiſſance de ge- neration,& de reception de vie, par le germe qu'elle contient, ne peut pour- tant produire une plante de ſon genre, ſt elle n'eſt miſe en la matriee de la terre, qui ſeule y peut donner ayde pat ſa ſubſtance generative: Ainſi les retenant dans ſon ventre, le Soleibayant echauffe par la vertu& chaleur de ſes rayons Fhumeur moite& animante qu'elle contient, aidẽe encore des ver- tus elementaires; cette mere commu- ne affectionnant de produire toutes choſes ſelon leurs eſpeces, leur infuſe — DES TULIPES. 21 cette vertu,& cette eſpece de vie, qu'elle communique à toutes Creatu- res ſelon ſon genre. Et ainfi ces grai- nes eſtant animées, prennent racine, & ſugent par icelle cettè ſubſtance ani- mante& nourriſſante;& par ce moyen õaugmentant& croiſſant peu à pęu, 8Elevent& attaignent à lleur perfe- ction. SHAPITRE VIII. Diod vient quẽe des graines d'une Tu- lipe, il en ſort plaſieurs meillcures, C beaucoup de moindres. Vant parlé de la generation& production des plantes, voyons maintenant ce qui cauſe les diverſitezꝝ des Tulipes(quoy que ſorties d'une meſme)& doũ vient que de la graine d'une Tulipe, il en ſort pluſieurs meil- leures,& beaucoup de moindres. Cette curioſitèẽ m'a donné un peu de peine; mais comme je ne ſuis pas de ceux qui ſe contentent dè poſſeder un bien, ſans ſcavoir doũ il vient 5 Bii 22 PERAlEEE. bien voulu connoiſtre la cauſe de ces diverſitez: en ſor 5 que cherchant dans Ia nature de quelle facon elle agit en ſes fonctions, pour, cauſer ces change- mens; 335 ay e què que la Tulipe, ³ prés avoir naturellement laiſſe tomber les feüilles de ſa fleur, pouſſe le reſte de ſa force en ſa ſemence,& la nour- rit autant que la terre luy fournit de ſubſtance,& de vertu. Mais il arrive ſouvent, que cette ſubſtance qui don- ne nourriture& vigueur à cette Plan- te, venant à luy manquer, ſoit par Texcez des chaleurs qui defff la terre, ou par quelqu' autre accident, ou me Ane par le deffaut& foibleſſe de la Plante„qui ne peut pas Egallement nourrir 1 quantité de graine qu elle a voulu produire; tous ces grains nayant pas ſc inblable n0. rriture, les uns plus, les autres moins, il s'en rencontre de plus vigoureux que les ar res;; qui ſe- lon les degrez des veitus éle mentaires qui leur demeurent,& qu'i vent en leur germe pour les 23— lors qu ils prendront vie d- ſein de la terre 5 oduiront la des Tulipes, Laben que les Elen infuſeront leurs vertus au point de le BESroökkeksß. 23 naiſlance, par la capacitẽ qu'ils rencon- treront en chadun. Car ſi Pun de ces grains ſe trouve plus participant de Lair, le bleu qui eſt la couleur propre de cet Element y ſera plus en puiſſance; que ſi ceſt de“eau le blanc y fera ſon effet: & ſi cleſt du feu, le rouge pareillement luy paroiſtra davantage. Qué ſi auſſi le grain ſe trouve participant de deux ou trois Elemens; alors par leur mẽ- lange de couleurs feront la Tulipe de Pluſieurs. Et ainſi ſę font toutes ces di- verſitez. EEEEESEEEE KAEE2K 1— 11 CHAPITRE IX. Du gouvernement G. culture des Tu- lipes, aprés leurs fleur, Paſſees. Es Tulipes ayant porté leurs fleurs,& setant ſecouſſées natu- rellement, il faut auſſi- toſt eteſter celles quon ne veut pas garder pour graine, & rompre ou couper le Chaton, od la ſemencè eſt enfermée, alin que Loi- gnon ne samuſant pas à vouloir pro- duire ſa graine, il garde ſa vigueur, en 2 RERAKTEEE. ſorte que reſſerrant en Iuy la vertu qu'il pouſſeroit en haut, il la conſerve pour la production de la fleur Lannẽe ſui⸗ vante. Cela fait, il faut laiſſer meurir les oi- gnons, en leur laiſſant prendre leur ſaoul de terre. Et cette maturitè ſe re- marque, lors que la tige ne recevant plus de nourriture de Loĩgnon, ila com- me reſervè ſa vertu en luy,& la laiſſe ſecher. La tige eſtant ſeche, il faut choiſir un beau jour, aprés en avoir laiſſè paſ- ſer quelques-uns ſans humidité, afin que la terre ſoit ſeche:& lors avec la houlette ou deplantoir, on leve les oi- gnons pour les mettre en des caiſſes. ais il faut prendre garde que lors qu'on levera les oignons, ce ne ſoit pas durant une grandè ardeur du Soleil, car le Soleil les tuè, pour peu que ſes rayons donnent deſſus à nud. C'eſt pourquoy ſi le temps eſt trop ardent, faut differer& en attendre un plus mo- derè: ſi mieux on n'aime prendre du matin,& travailler juſques à ſept ou uit heures,& recommencer après mi- dy, envi ron ſur les cinq heures. 1 fleurs Les curieux, pendant le temps des t 0 DES TULTPDEs. 25 lleurs qui leur ſont venuẽs de graine ou des planches de cayeux, qui Ieur ſont comme des pepinieres, remarquent les meilleurs;& ayant mis des marques de plomb numerotées au pied, en font memoire, afin qu'en les levant ils les puiſſent connoiſtre„& mettre chaque ſorte enſemble dans des caiſſes, paniers, ou autres vaiſſeaux dlargent par ordre, alin qu en les plantant Lannee ſuivante ils ne ſe broũillent pas. Les oignons ainſi mis dans les caiſſes, faut les Porter au cabinet, ou chambrèe deſtinẽe Pour cela,& les laiſſant à dé- couvert ils ſe deſſecheront de Thumidi- tẽ ſuperfluẽ qu'ils pourroient avoir re- tenuẽ de la terre;& par ce moyen ils ſe conſerveront fort bien. Il faut pour- tant de temps en temps les viſiter& rourner doucement, afin que s'il sen trouvoit quelqu'un de bleſſè ou mala- de, on tächät d'y remedier, en luy 6- tant lecorce o paroiſt la bleſſcure, ou bien en le mettant en terre, oũ ſans doute il reprendra ſa vigueur. σ ,α 656 J85 8e d6 88. Jer 880 Ber 888805 CHAPITKE KX. Qu'il eſt neceſſaire de ſever tous les ans les Tulipes. Eſt une neceſſitè abſoluè de levet tous les ans des Tulipes, ce qui ſe fait environ la fin de Juin, ou au commencement de Juillet, Iors qu'aprẽs avoir porté leurs fleurs, ils ont laiſſé ſecher leurs tiges; non ſeulement pour pluſieurs inconveniens qui pourroient arriver à loignon, tant par pourritu- re, qu' autres accidens; mais encore à cauſe que naturellement lOignon de pluſieurs Tulipes senfonce,& coule dans la terre: enſorte que qui les laiſ- ſeroit pluſieurs annèes ſans les lever, ſans doute il s'en perdroit beaucoup: Et puis comme Loignon ꝰ'en porte beaucoup mieux, Ceſt une choſe ne- ceſſaire. A joindre que toutes les plan- tes,& particulierement les Tulipes, ſe perdent ou degenerent, par la noncha- lance ou pareſſe de ceux qui les culti- vent; eſtant certain, que ſi cette fleur DE&N TFUIIbES.* weſt tranſplantée tous les ans avec grand ſoin,& dans la ſaiſon, ſes per- fections diminuent,& la fleur perd beaucoup de ſon luſtre& de ſa beauté: au lieu qu'en les replantant tous les ans, trouvant une terre nouvellement labourée& bien varetée, à trois ou quatre tours, cela ayde beaucoup à ſon embelliſſement. d άdοοανά d αιναliο αναά dααν Df SRees. En guelle ſaiſon on doit motire les Zulipes en ttrre,& de llordre 4 1l faut tenir pour les Planter. A chaleur de la canicule paſſee, & un temps plus moderè eſtant de fetour, la ſaiſon de remettre les Tu- lipes en terre revient. Le mois d'O- ckobre eſt celuy pendant lequel les Cu- rieux replantent& S'occupent à ce di- vertiſſement, laiſſant le commence- ment de Novembrè pour les pareſſeux, & ſa fin aux nonchalans. Immediatement aprés que L'on aura levé les Tulipes, il faut bien foüir&- C ij 28 RAITE Vareter les terres, du moins à trois tours, les bien éplucher de pierres, de racines& d'herbes,& ce qui ſeroit à ſouhaiter les cribler meſine, comme font pluſieurs, de crainte qu'un oi- non ne ſe bleſſe contre une pierre en groſſiſſant: puis on dreſſera ſes plan- ches ou pieces de Parterre, ſelon la diſpoſition des Jardins, ou volontè des Curieux. Que ſi ce ſont planches, il ne faut pas qu elles ayent plus de deux pieds& demy de large, pour y mettre cinq rangs,& les rangs denviron cinq pouces d'intervale, tant ſur le long que ſur le large; qui eſt la plus raiſon- nable proportion, tant pour planter, que pour l'eloignement des Tulipes. Et pour la longueur, elle ſera ſelon Leſ- pace& grandeur des Jardins, ou eſten- duẽ des carreaux. Les planches ainſi diſpoſees& par- tagées également en cinq;, laiſſant à chacun bord& aux bouts, environ deux pouces& demy de terre; il faut ſe ſervir du cordeau, afin de mettre les rangs à droite ligne ſur le long d'icelle, &c de quelque toiſe ou regle, pour mar- quer les rangs à équerre ſur le travers: ainſi les Tulipes eſtant plantees dans DES TUTIPEs. 29 cette agreable diſpoſition& propor- tion, on y verra la Proprietẽ du Jar- dinier. Cela fait, il faut avoir un piquet de groſſeur ſuſtiſante pour faire un trou où Voignon entre ſans peine,& qu'il ſoit à peu prés de cinq pouces de pro- fondeur, pour qu'il en reſte plus de trois, lors que Voignon ſera au fonds: & au lieu que les piquets ordinaires des Jardins ſont pointus par le bout, il faut que celuy-cy ſoit rond, afin que le trou eſtant fait,& Loignon mis dans ice- luy, il 5ajuſte bien au fonds„& qu'il ne reſte point de vuide au deſſus ny aux coſtẽs; en ſorte que le trou eſtant rem- ply de terre delièe, Foignon ſoit telle- ment couvert, qu'elle la touche, tant Par deſſous que par deſſus. Si un Cutieux veut ſuivre un bel or= dre en plantant ſes Tulipes, il doit a- voir unè caiſſe de longueur& largeur ſulliſante; pour y mettre autant ou plus de Tulipes qu'il en faut pour planter une planche,& que par dedans il ait des ſeparations de long& de tra- vers, en ſortè qu il ſe faſſe des places ou eſpaces denviron pouce& demy, dant de profondeur, longueur, que C iij 30 KR KI F E iargeur, afin dy arranger les Tulipes, ſuivant qu'on les voudra planter dans les planches:& par ce moyen il y au- ra la ſatisfaction de voir une agreable diſpoſition de ſes planches; aſſortiſ- ſant ſes Tulipes d'un bel ordre, que par les couleurs elles ſe donnent de La- grément Fune à Lautre:& ainſi une Tulipe brune eſtant relevẽe par une plus claire,& la claire renduẽ plus brillante que la brune, elles ſe donne- ront de l'eclat& du luſtre. Les Tulipes eſtant ainſi ordonnées dans la caiſſe,& le Curieux les ayant fait apporter ſur le bord de la planche qu'il veut planter; il doit luy-meſine les mettre dans les trous, ſuivant Lor- dre qu'il seſt preſcrit,& le memoire qu'il en a fait dans ſon cabinet: cela fait, il remplita doucement les trous de la terre avec la main, ſans ſe ſervir du piquet, duquel il pouroit bleſſer Loignon, puis aprés paffera legere- ment le rateau ſur la ſuperficie de la terre, afin d'unir& dreſſer propre- ment la planche. Pour les couleurs dont on eſpere ttansformation, je ſerois d'avis d'en faite planché à part,& qu'on leur BRikEs. 3¹ oſtaſt tous les cayeux, juſques aux plus moindres, afin que ne s amuſant pas à vouloir augmenter leurs eſpeces par cette production, ils pouſſent leur vi- gueur en la fleur,& eſtant aidèe par Fart des Curieux, elles ſe panachent plus facilement,& atteignent plütoſt à leur perfection. Ce quĩ ſe peut më- me pratiquer pour les Tulipes pana- chées,& meſme rectifièes, dautant quẽ'il eſt certain que ſi elles ne nourriſ- ſent pas les cayeux, elles en ſont plus belles, eſtant quelquefois la cauſe les Tulipes changent& ne ſont pas ſemblables deux années de ſuite. que jay d'experience, pour Tavoir re- marque beaucoup de fois; auſſi la rai- ſon en eſt tres-naturelle: C'eſt pour- quoy je Lenſeigne, comme regle cer- taine, à ceux qui aimeront mieux avoir de belles fleurs, que de moindres en 5en augmentant. Revenant à Pordre des planches, il faut encore obſerver, que les Tulipes eſtant plantées(ainſi qu'il a eſtẽ dit cy-deſſus) on doit piquer aux deux coſteʒ d'icelles, autant de petits pi- quets qu'il y aura de rangs,& quſils ſortent ſeulement à deux pouces deè tet- Ciij 32 1eE 3 Curi re, mertre „que le on memoi- duble, ou un plus 5 870s quẽ les antres au cinquiẽme, puis faiſant le meſme au 10. 15. 20.& ainſi du reſte, continuer de cinq en cinq, juſques au bout de la planche; afin que reconnoiſſant les rangs, il puiſſe dire, la deux ou troiſieme Tulipe du ſept ou huitiẽme rang, cleſt une telle Tulipe; Et ainſi par ce moyen,& par Paide de ſon memoir„il connoiſtra toutes les Tulipes de la planche, tant les mor- tes, malades, que ſaines. Ce qui don- nera grande ſatisfaction aux Curicux, 8 de voir& connoiſtre leurs Tulipes a- V. 1 ieuts fleurs. νετο σ εεαεεεν SHRRHFERE XII. &com- ut c0 ent les couleuss de celles Jui les ont en- Fantées. Es cayeux ſont un autre moyen dont la nature ſe ſert Pour la con- — St Als co⸗ BEipss 33 ſervation& augmentation des Tulipes, mais differents de graine: en ce que la graine ne produit pas toũjours unè Tu- lipe ſemblable à celle qui La enf ntée, ains bien ſouvent different tant de couleur que de forme: au licu que les cayeux tiennent toũjours la nature de la Tulipe qui La engendrée ſans ſe changer ny diverſifier aucunement. En ſorte que pour conſerver toũjours les eſpeces des Tulipes qu'on veut garder, & dont on ſe veut rendrè fort„il les faut planter curieuſement„eſtant la voye plus aſſurée pour sen augmen- ter; comme les graines ſont auſſi la voye la plus certaine pour en avoir de nouvelles. Tous les cayeux qui ſortiront des Tulipes, on en peut faire une ou deux planches, ſelon la quantité,& on les peut planter aſſez proche les uns des autres; ce qui ſera commè une Pepinie- re, dont on levera tous les ans quan- titè de Tulipes portantes:& comme Ies cayeux n'ont pas la force ny la vi- gueur des gros Gignons,& meſme qu'il sen rencontrè de ſi petits& ſi foibles, qu'ils periroient s'ils eſtoient long-temips hors de tetre, il les faut ie eeeeeee⸗* 34 ERAIT E⸗ replanter dẽs la fin d'Aouſt, ou meſine quinze jours après Ies avoir tirez hors de terre:& par ce moyen ſe conſerve- ront,& porteront beaucoup plũtoſt, que ſi on attendoit à les replanter au temps des Tulipes Portantes; auquel temps il s'en trouveroit beaucoup de flẽtris,& meſme pluſieurs morts. Oii Ies peut laiſſer deux ans en terre ſans les ſever; mais il faut les bien cercler, & renir toũjours les Planches nettes. Il eſt certain que les cayeux conſer- vent la meſme nature de Oignon qui les a engendrez, ſans degenerer;& la raiſon en eſt, que comme les Tulipes regoivent leurs couleurs des Elemens au point de leur naiſſance, par I'iufu- ſion qu'ils leur en font E& ſuivant que chacun agit en leur generation: Ainſi ileſt conftant que depuis qu'une Tuli- Pe aura receu cette teinture des Ele- mens qui l'ont dominèe au point de ſa naiſſance, ayant une fois pris une ou pluſieurs couleurs; cela luy eſt telle- ment infuſẽ& rendu Propre, qu'elle ne peut plus varier de ce ol la nature la determinée; Par exemple, ſi la nature a determinè un grain de Tulipe à pro- duire un Paltot blanc, le feu& Leau BES TFUIITPES. 35 qui dominent le plus en ſa generation, & au point qu'il prend vie, luy don- nent également la teinture de blanc& de rouge;& commeè ils ſe trouvent agir avec ſemblables forces, ayans con- trarietè entr eux, ils ne ſe mẽlent pas; & reſſerrant leurs couleurs chacun en ſa part, le blanc tient ſon canton,& le rouge le ſien, en ſorte que ces cou- leurs ſeparẽes forment une Tulipe qu'on nomme Paltot blanc, lequel ayant une fois pris cette forme, ne peut plus eſtre autre; tellement que les cayeux qu'el- le enfante depuis, ſont toũjours Pal- tons blancs,& nè peuvent en aucune fagçon degencrer, ny devenir moindres, ny plus Beaux. aο ονεοοσο ονε De ανε εεο νν οον ν ενν ν CHAPITRE KXIII. Comme les Tulipes ſe Perfectionnent, de lopinion de quelques Cu- zieux ſur leur embelliſſement. E reſtant maintenant à traiter comme la Tulipe ſe perfection- ne ʒ je conſidere qu'elle le peut en deux fagons; l'une naturellement,& L'autre 5 36 TRAIT Es Par art ajoüté à la nature. Quant à la premiere, j ay rencontrè quelques- uns qui tiennent que leur transforma.- tion narrive que par la maladie de l'oi. gnon., lequel manquant de force& de vigueur, n'a pas la puiſſance de pouſ- ſer ſes couleurs en haut,& en laiſſant une partie en bas, les feililles de la fleur demeurant panachẽes. Ainfi quꝰu- ne perſonne agoniſante paroiſt de di- verſes couleurs,; lors que par une ma- ladie contagi niort: de n iſe il approche de la zelme(diſent-ils) un oi- gnon languiſſant pàtit,& marquè ſes couleurs en ſa fleur, comme s'il vou⸗ loit tẽmoigner exterieurement ſa ſouf. france, par la douleur qulil endure. Quant àa noy, je confeſſe ne pou- voir acquieſſer à cette opinion, la trou- Vant trop foible;& Ceſt avec beau- bonp de raiſon: Dautant que ſi ceſa arrivoit par maladie, il faudro Foignon fũt continuellement Pour conſerver ſes couleurs& que s'il reprenoit ſa premiere vigueur, doute il en perdroit la diverſité: qui eſt ce què nous appellons beauté en la Tulipe. Car comme une plante malade ne pourtoit pas produire une fleur ſai⸗ ſans Ie lle Iant DES ne& en perfection, i cette maladie & le blanchit. Ait 272— cauſeroi par ainſi ce ne ſeroit pas une choſe faite. Partant il faut que la perfection des Tulipes en leurs couleurs ches, vienne d'ailleurs. Jay encore enfoncé rieux ſur cette matiere,& en ay ren- contrẽ quelques-uns, qui tiennent que les Tulipes ne ſe perfectionnent que par lL'age;& que Loignon vieilliſſant, vient en ſon point de perfection, com- me les fruits parviennent à la leur,& prennent Ieurs couleurs au point de leur maturitè:& comme auſſi hommèe vient en la ſienne, par Faccompliſſe- ment de ſon àge& de ſon terme qui luy fait changer la couleur de ſon nſi(diſent-ils) la Tu- lipe capable de ſe changer en mieux, ayant atteint par Lage un certain tem Ps, dans lequel elle doit prendre ſon point de perfection; ſe rectifiant, regoit cẽt Eclat de couleurs qui la parangonne, & reſtant pour lors conſtante, elle nꝰeſt plus ſujette au changement. Quant à moy, je ne reſiſte pas à cet- te opinion,& la crois tres.verit⸗ dautant qu'il eſt certain que les Tuli- pluſieurs Cu- 38 R AUPEC pes qui ſe perfectionnent naturelle- ment, ne le peuvent faire que par le temps. Mais: celles à qui par art on a- vance la transformation, c'eſt un effort qu on fait à la nature, en avangant ce qu'elle navoit encore que commencé, & que les hommes perfectionnent a- vant le temps. Pour bien comprendre la transfor- mation des Tulipes, il faut ſgavoir que les oignons ſe changent tous les ans: & comme le Phœnix nouveau ne prend la vie que par la mort de celuy qui l'a Precedẽ, de meſme un oignon mourant, en fait renaiſtre de luy un autre, qui pour lors quitant ce qu'il pourroit avoir de terreſtre le ſpiritualiſe. Car comme le principe de leur compoſition ou crea- tion seſt fait des ſubſtances elementai- res, ces ſubſtances ayant eſtẽ corpo- rifiẽes& vivifiẽes par Leſprit genéeral du monde, au point de leur naiſlance: alors le temps& Lart fait que ces ſub- ſtances quittant le groſſier& terreſtre 5 ſe ſpiritualiſent: En ſorte qu'on peut dire, la plante a un corps ſpirituel;& cette plante demeurant tout eſprit ſpe- cifié& corporifiè, pour lors ne vit plus dans la terre que de cet eſprit converty Uut 0 1 00 Melt 15 10 DEI FUEIDES. 30 en elle;& cẽt eſprit(quoy que con- velty en terre) conſerve toũjours ſa vettu entiere, qui nourriſſant cette plante par cette vertu, luy donne la perfection. Jay pluſieurs fois fait reflection ſut ce. changement& perfection des Tuli- Pes,& m'eſtant attaché à la contem- plation de leur transformation„j'ay veu que loignon qui ſe parangonne di- minuè beaucoup, ſes ſeüilles setref. ſillent, ſa tige devient moindre& ne Produit plus des Cayeux, que tres-ra- rement: ce qui peut ſervir de raiſon Par cette opinion; puis qu'il ſemble que les Hommes, commeè les Tulipes diminuènt de corps dans leur vieilleſſe, & ne ſont plus capables de la perfe- ction de leurs ſemblables. Tenant cette opinion probable,& Layant appuyẽe de raiſons, je la conci- lie tres-volontiers à la mienne; dꝰau- tant que comme j'ay toũjours eſtimé que la perfection des Tulipes, en leurs couleurs& panaches, vient plũtoſt des choſes ſuperieures,& des qualitez ele- mentaires; que d'aucun autre ſujet: J ay toũjours crũ qu'il faut que les ſub- ſtances des Elemens, qui dominent& enſemble en la generation & production de la Tulipe ſoient la cauſe de leur embelliſſement„puis qu'ils ſont les principes des couléurs. Pour entendre cette verité, je dis quꝰil faut conſiderer de quels Elemens la Tulipe participe le plus; ce que jay curieuſement recherché, juſques à en faire la diſſection:& ay trouvẽ que cet- te plante eſt d'une nature fort humide, & què elle tient plütoſt de l'eau& de TAir, que de la terre mayant preſque point de ſel:& Partant peu terreſtre. Mais au contraire Tayant trouvëe hu- mide,& participer dè Peau& de FEAir, elle eſt toute celeſte,& capable des couleurs que ces deux Elemens pro- duiſent. En ſorte quꝰon peut dire qu'el- le n'a ſes couleurs que des ſubſtances elementaires, colorees par la vertu des rayons du Soleil. 5 DPES TULIPES. 4¹ S2582852182811756 CHAPITRE XIv. Quelle eſtla matiere des couleurs 4. conme la natuse en donne les di- vetſiteæ à la Zulipe. Omme je veux traiter à fonds de Ila matiere des couleurs avant que de paſſer plus outre faut que je faſſe voir quels en ſont jes principes,& comme la Nature les infuſe en la Tu⸗ lipe pour la perfectionner. N'enten- dant pas parler des couleurs dont ſe ſervent les Teinturiers,& les Peintres. Mais bien dèes couleurs dont la nature orne les fleurs,& des coloris verts dont: elle pare les Arbres& leès Plantes. Fay ſur ce ſujet fait les plus curieu- ſes recherches qu'il m'a eſté poſſible, & ſondè toutes les opinions des Philo- ſophes, tant anciens que modernes; 8 85 2 mais certainement je n'en ay trouvẽ aucun, qui enſeigne preciſément quel. le peut eſtre la matiere dont ſe font les couleurs des fleurs, ny quels ſont les Vrais Principes de ces beaux coloris. Je D 42 ERAILT E. ſgay bien, que pluſieurs rapportent les ſimples conleurs aux Elemens,& les Compoſeꝛ à leur mélange; mais ils ne- clairciſſent pas fuffiſammenit quelle eſt cette matiere qui regoit la couleur ſur les fleurs, ny comme ſe fait ce bel or- nement des Plantes, C'eſt pourquoy j ay bien voulu approfondiſſant cette queſtion, tàcher detablir mon opinion ſur un fondement, qui peut-eſti paſſe- ra ſans conteſtation. Ce meſt pas auſſi de leſtime des cou- leurs dont je pretens parler, ny de la re- verence qu elles ont toũjours euẽ dans le monde. Le ſieur de la Motte le Vayer en ſes Opuſcules, em a fait un Traité tres-notable,& qui peut contenter les Plus Curieux: ceſt pourquoy ceux qui en voudront ſgavoir la dignité s·y pour- ront ſatisfaire. Ily en a pluſieurs qui nadmettent en toute la nature, quꝰ'une ſeule couleur primitive, qui eſt le blanc,& dont le noir ſoit une pure privation;& veulent qu il en ſoit de meſmie que des tenebres, qui ne ſont autre choſe qu'une priva- tion ou denegation de lumiere; diſant de plas, que toutes les couleurs qui ſe voyent dans le monde, ſe font de la ꝑer- DES TULIPES. 43 mixtion du blanc& du noir. Dautres ne veulent pas qu'il y aye Plus de trois couleurs en la natute, ſga- voir le noir, le blanc,& le rouge; le noir qui eſt celle qui aſſemble les au- tres, ou plütoſt un aſſemblement de koutes; le blanc dans lequel elles s&- Iargiſſent& seſtendent, recevant celles qui sy veulent meſler;& le rouge du- quel ſe compoſe la diverſité des couleurs par le mélange des deux autres& ar⸗ tribuent le noir à la Terre„leè blanc à FAit& le rouge au feu; croyant Feau incapable de couleur,& ne ſeulement Propre pour Laceroiſſement des Plan- tes. Quelques autres ne veulent admettre que le rouge producteur de toutes les autres;& ne tenant pas le noir ny le blane pour couleurs, diſent que le noir eſtant agregatif,& le blanc diſgregatif, le noir ne ſert que pour reſerrer le rou- ge,& avec luy faire naiſtrè toutes les couleurs brunes:& le blanc eſtant dif. gregatif na autre effet que de donner 6- tente au rouge;& ainſi produire en- ſemblement les couleurs claites& ecla- tantes. Lommeę les Marquetrines ſont Fu- 5 44 RIE nique ſujet où les curieux Fleuriſtes sattachent,& employent toute leur eſtude& leur art pour lembelliſſement de cette ſorte de Tulipes, à cauſe de leur capacité à recevoir pluficurs ſor- tes de couleurs; il ſemble que la natu- re pour recompenſe de leurs ſoins, ait pris plaiſir à les enrichir plus que les autres: auſſi sen eſt- il veu qui avoient en leur fleur, juſques à ſix couleurs toutes diſtinctes& parfaitement ſepa- rées. Mais comme ce n'eſt pas pour- tant la quantité de couleurs qui font Ies plus belles Tulipes,& qu'il s'en voit qui nen ont que trois, qu'on eſti- me beaucoup plus; ce ſont ſeulement leurs diſtinctions& aſſortiſſemens qui les perfectionnent:& quand des cou- eurs fortes font un agreable mélange de diverſes panaches, dans beaucoup de blanc, alors on en fait eſtat comme de la Cedanulle, qui a un beau vio- let, fort diſtinctement ſeparé d'avec du pourprè,& qui toutes deux S'eſten- dent de bonne grace dans le blanc. De meſme en la Dorillèée, lunique de Delphe, le Paſſe-Zablon,& toutes celles qui ont pour couleur le pourpre, let,& blanc. BESTFKIPEs. +5 Or ces belles Tulipes regoivent le violet, par le mélange des ſubſtances du feu& de Lair, leſquelles ayant la capacitẽ de ſe colorer, Pune en rouge, Tautre en bleu, ſe mélent enſemble, dès Linſtant que le grain propre à pro- duire ces Tulipes prend vie dans la ter- te:& lors ces ſubſtances eſtant mon- tẽes en la fleur par Faccroiſſement de Ia plante, avec la mixtion ſubſtanciel- le qui produit le pourpre,& celle qui fait le blanc(mais ſeparèment) elles prennent leur coloris par la force& vertu du Soleil,& font le violet, com- meè les autres le pourpre,& les autres Ie blanc. Et Par ainſi font un agreable àgencement de panaches, dont la na- ture les embellit& les pare. νν ννανινν ν ν ι α αοοσν Sö NATFE. 46 4 te i · ta t·e·Iů A AK CHAPITRE XV. Comme les lanmes c& pieces detachces ſe font ſun la Tulipe,& comme elle ptend pluſieurs autres con- leurs. Es Marquetrines, il s'en trouve tant de belles, qu'il ſeroit bien difficile dplucher particulierement les perfections de toutes. C'eſt pourquoy croyant avoir ſufliſamment fait connol- tre aux Curieux comme elles s'embel- liſſent: Je diray ſeulement comme ſo font les larmes& pieces detachèes qui Paroiſſent en fleur. C'eſt que quelque- lois cette ſubſtance rouge, pourpre, violer, ou autre, ſe voulant méler a. vec la ſubſtance acqueuſe, qui fait le blanc: il arrive qu'il sen ſepare quel- que peu]; qui ſe laiſſant enclore dans ce blanc, ou autre eouleur, font les di- verſitez de ces figutes, ſelon& ainſi que la nature ſe plaiſt à embellir les K fleurs. II ſe rencontre encore pluſieurs au- ¹8 DES TULIPES. 4+⁷— tres couleurs, qui paroiſſent aux Tuli- pes, comme le coulombin aux Agates Romaines, Dentelées: le triſtamin aux aſpẽes: la roſeſeche& tanné en la Gallatée,& la Veuve,& tant d'autres differentes, que ce feroit une envieuſe longueur de les vouloir diſtinguer par- ticulierement. Ceſt pourquoy je me contenteray de dire aux Curiẽux, que le coulombin ſe fait de cette ſubſtance qui produit le rouge, dans laquelle ſe meſle un peu de celle de Pair; qui le rend plus ou moins vif; ſelon la quan- titè qui s'y meſlange. Le triſtamin ſe fait pareillement de la ſubſtance du rou- ge, avec un peu de la terreſtre, qui fait Ie noit,& paroiſt plus brun, ou plus clair, ſelon qu'il sy en meſſe plus ou moins. Et ainſi que le tannẽ ſe fait, lors que ſe meſlant plus de ſubſtance terre- ſtre ayec un peu de celle de rouge, la roſeſeche ſe compoſe des ſubſtances quĩ font le violet, avec celle qui fait le rouge. Les Jaſpees ſont encore un autre gen- re de Tulipes, dont il ſe voit de plu- ſieurs ſortes. Mais commè leurs cou- leurs ne ſont jamais parfaitement di- ſtinctes, ains meſlangẽes, ſans qu'on eeee, 4 RRKE: puiſſe prẽciſement diſcerner juſques oũd elle seſtendent,& oũ elles ſe joignent. Pour éviter prolixité, je laiſſe aux Cu- ricux la regle generalle pour les con- noiſtre,& en juger:& diray ſeulement, qu'entre les Jaſpẽes il sen tiouve quan- tité de belles,& particulierement la Jaſpee Tuder, qui s'eſt parangonnée, la Jaſpèe de Harlan, la Jaſpee Angloi- qui ſont Tulipes treseſtimẽes entre les Fleuriſtes. XEAREEKEEEAKAKATER CHAPITRE XVI. ſques,& d'où vient la diverſitè des Coulcum. uis quelques années, les grai- sont produit un certain genre qui ſont fort dans leſtime,& ont maintenant à la mode. Les Curieux leur ont donnè le nom de Fantaſques, en terme general; quoy qu'elles ayent cha- cune leur nom particulier, pour plus fa- cilement les diſtinguer. Et certainement ceſt avec raiſon quꝰon les nomme Fan- taſques, à cauſe de leurs couleurs bi- gearres. 700 DEV FUTLIiDES. 4 gearres. Neantmoins comme l'incon ſtance des hommes les porte à courir a- Pres les nouveautez, il ſemble qu'on a- Kese en quelque fagon les autres pour ſuivre celles-cy, parce quꝰelles lont rares. Cè neſt Pas qu elles ſe puiſ- ſent parangonner aux Marquetrines dont la beautè eſt au delà de celles-là. Et la difference qu'il y a en leurs co. curs; eſt que les Marquetrines ont beaucoup de blanc en leur felilles„au travers deſquelles s'eſtendent diſtincte.- ment les pannaches de diverſes cou- leurs: aulicu que les Fantaſques ou Tu- lipes à la mode, ont les feüilles de la fleur jaunes,& les pannaches de cou- eurs brunes, avec leſquelles seſtendent quelquefois des fles& panaches de Pourpre. Mais quelque bel aſſortiment de couleurs qui s'y rencontrent, elles ſont toũjours ſalles: ce qui vient, de ce que ſemant les graines„le grain propre à produire cette ſorte de Tulipes, par la qualitè quꝰ il a reccuẽͤ lors quẽ'il a eſtẽ noutry dans le chaton de celle qui La Pproduit, recevant au point quꝰil prend vie, Leſprit ou ſubſtance de lelement qui agit plus puiſſamment en ſa genera- tion, regoit auſſi la qualité de Ia cou- E emens:& comme cette plante tient toũjours plus de Thu mide, elle participe pl l'eau. Mais comme la product e ſe fait jamais generation; ce feu auſſi y introduit ſon eſprit& luy communique la tainture. Et ainſi le feu qui ne domine pas ſi puiſſamment en cette ſorte de Tulipes, y laiſſe ſcule- ment ſa couleur propre, qui eſt celle de la flamme& de Por, laquelle ſe meſ-. langeant avec cette ſubſtance aqueuſe, qui produit le blanc, font un jaune en- foncè s'il y a plus de feu,& 8il y en a noins; font le chamois,& s il S ren- contre davantage de blanc font le jaune commun, mais qui eſt toũj cauſe d'un peu de ſubſtan qu'elle rencontre& emp en montant avec Paccroiſſe ſans ce feu, qui agit e noir le ouleurs. Ce neſt es'en trouvVe de & qui peuvent er dans Peſtime des Curieux pout des plus precieuſes: Entre leſquelles ſont VAmidor printanier,& tardif, la belle Fantaſque des Chartreux ptintaniere, 0 EAminte, PAmarille, LErimante, Ia 1 2 — — 2 2 2 — 2 0 0 e e DEFFiREs. 5r Senoiſe,& pluſieurs autres quꝰon con- ſidere maintenant. 2 KRAPITRRE XVII. Daũ protede Ia conſtance des Tulipes, Jui ne chan gentj amais,& de celles gui ont conſervs un peu d odeur. Pon les Tulipes qui demeurent conſtantes& ſans changer aucu- nement, comme les rouges, jaunes,& blanches: cela vient dè ce que le feu Ayant par ſa puiſſance diſſipè& cuit tou- te la ſubſtance aqueuſe qui seſtoit ren- contree à la naiſſance de la Tulipe, l'a calcine& reduite en couleur rouge:& ayant par ſa chaleur fait evaporer la ſub. Kance que Lair y avoit introduite, il demeurè le maiſtre,& fait que la Tu- lipe eſt entierement rouge; laquelle sẽ. tant rectifièe, neſt plus ſujette au chan- gement. Et auſſi quand le feu ne ſe trou- ve pas avoir un ſi puiſſant effèt ſur cette ſubſtance aqueuſe,& que enſemble- ment baniſſant celle de lair elles mon⸗ tent en la fleur,& ſe meſlangent: alors E ij 60 elles font un jaune parfait en la fleut des Tulipes, lequel eſt plus ou moins en- foncè, ſelon qu' il ſe trouve de blanc; & ſe rectiflant demeure de cette cou- leur. Comme pareillement quand la Tu- lipe ſe trouve plus capable d'humidité, & quꝰ elle participe d avantage de lEau, cette ſubſtance aqueuſe lemportant ſur le feu,& excluant entierement celle de Tair, ſa grande humidité ſurmontant la chaleut de Pautre, la fait demeurer blanche: Et comme les rouges& jaunes ſe rectifent, les blanches font le mè- me, par Pentier banniſſement de la teintute de lair: dautant que ſi elle re- ſkoit, elles ſeroient toũjours changean- tes. Eſtant choſe certaine, que tant queè trois couleurs ſubfiſtent aux Tulipes, elles ne ſont jamais aſſurées qu en ſe lectifliantʒ mais toſjours ſujettes à quel- que changement. Et ainſi, cela fait quẽ les Tulipes rouges, jaunes,& blan- ches, ſont toũjours conſtantes; de mẽ- me que les Panachécs, depuis qu elles ſe rectifient. Les Paltots jaunes ſe ſont tellement rendus communs, par Labendance des caycuxæ qu ils produiſent, quil ſemble Auon les delaiſſe. Neanmoins„ à vr — 8 8 iBEES. 3 dire, ce ſont les Tulipes qu'on devroit davantage eſtimer, eſtant les ſeules qui ont plus retenu de lodeur. qu'elles ont au lieu doũ on les a apportẽes,& dont Leclat eſt plus vif& plus fort. Ce qui ſans doutè vient de ce que comme les deux couleurs de jauue& de rouge qu elle porte en ſa fleur ſont produites du feu, elles ſont auſſi moins humidcs, & partant plus capables d'odeur. Et ce feu qui a entierement cuit ou diſſipẽ les autres ſubſtances lementaires y eſt demeuré le maiſtre, en mélant par de ſa ſubſtance avec celle de Leau qu il a cuite& renduẽ rouge,& Lautre é- tant reſtèe de ſa couleur naturelle, qui eſt le jaune, ſe ſont partagèes en forme de flame; qui donnent un tel Eclat à ces Tulipes, qu'elles ébloüiſſent lors qu il y en a nombre de plantes enſem- ble,& par leur ſuavitł rempliſſent le Keen od elles ſont plantees d'une odeut aſlez agreable. — * 46 TRAIT E. D686965 86 Z886866 286906 8256 CHAPITRE xviII. Des ſegnes qui marquent quelles ſont les Tulipes qui ſe doivent Panacher. Es ſgavans Curieux n'ont pas be- L de voir la fleur des Tulipes pour connoiſtre celles qui ſe doivent Ppanacher,& meſme parangonner. Cela Ie reconnoiſt facilement par les experts Fleuriſtes, qui sacquierent cettèe con- noiſſance par une longue experience, & par la remarque qu'ils font, lors que les Tulipes ſortent de la Terre,& qu'elles ont pouſſè deux feüilles; ils tiennent pour regle certaine, que les Tulipes qui ont comme une forme d'ar- gor, ou denx petites cornes,& qui montrent des figures aux feũilles au ſor- tir de la terre, ſont abſolument pana- chées,& les autres rarement: ce qui eſt cauſẽ par Linfuſion des ſubſtances que les Elemens ont miſes en ces plan- tes, qui affectionnant de monter,& la perfectionner par ſon accroiſſement; BFES FUFPIPES. 57 1 65 röffier s affeſſat keſte 8 le plus groſſier s'affeſſant, reſte pour % IEs Ceiii fles feüilles de la plante,& ſe mélant P avec la ſubſtance propre à ſon augmen- tarion, y forment ces figures; comme le plus ſubtil montant pour la perfe- 4%% Etion de la fleur, prend le coloris pro- · pre à LElement qui le produit. Mais commeè ces figures paroiſſent ſeulement au ſortir de la terre, elles ſe diſſipent auſſi, lors que les feũilles croiſſant, sĩa- vancent davantage dans Fair, qui abon- dant totijours en ſa ſubſtance, leur com- munique; en ſorte qu'elle les fait diſ- paroiſtre de feüilles, en les teignant, & faiſant prendre le vert. F2E12KKKPKKEKK4E2 I* 5 CHAPITRE XIX. Qule par art on peut faire embellir les Tulipes,& avancer leur transformation. Prés avoir fait voir comme la Tulipe ſe perfectionne naturelle- ment,& comme la nature luy donne les couleurs, reſtè maintenant à dire, ſi par art on peut faire embellir celles E iiij 16 ERAITE“U qui nont point encore atteint leur point de perfection. C'eſt choſe qui a beau- boup de fois entré en controverſe en- tre pluſieurs Fleuriſtes mais comme J en ay certaine connoiſſance par ſcien- & pratique, je ne fais pas difliculté de dire qu'on le peut,& que ſans dou- te par art en les rend capables de ſe changer en mieux„& avancer leur transformatien de Pluſieurs annses, Par des nourritures. qui augmentans la force de loignon& des plantes, feront Paroiſtre les beautez que la nature a- Yoit reſſerrées en leur fonds„en les aiſant monter aux feüilles de la fleur. Il eſt ſans doute, que non ſeulement en ce point IArt ſurpaſſe la nature 8 dont nous en voyons les effets, mais encore en pluſieurs autres choſes qu'el- le commence,& que les hommes à. chevent& perfectionnent par leur in- duſtrie. Ce qui vient d'un effet de la Divine Sageſſe en la creation de lUni- vers, qui voyant que lhomme demeu- roit aſſujetty au travail par ſon peché, a bien voulu luy donner matiere d'æu- vrer& achever ce que la yature euſt rendu parſait, s'il fuſt reſtè dans leſtat Jinnocence. C'eſt choſe ſi bien con- DRESHUrLrEs. nuẽ des ſgavans 3—„E& dont nous. avons tant de tẽmoignages, que l'in- eredulitẽ meſie nien peut douter. Ceſt pourquoy, non ſeulement appuyè ſur pluſieurs exemples, mais encore ſur les Pratiques journalieres des doctes Fleu- riſtes; je ne craindray point de dire, que les Tulipes ſe peuvent perfection- ner,& que certainement on peut par art les embellir& les rendre parfai- tes. Je ne m'amuſeray point à produire icy, pour exemples& autkoritez, les merveilles de pluſieurs Artiſtes, qui ont mis au jour des choſes ſurnaturel- les& incomprehenſibles. Je diray ſeu- lement, qu on a toũjours eſtimẽ que Tart ſurpaſſoit la nature; puiſque par art on aclieve& perfectionne les cho- ſes qu'elle navoit qubauchẽes. Ce que le Sieur du Nuiſement(L'un des grands Hommes de ce ſiecle) a fort bien donné à entendre, par un Sonnet qu'il a inſerè au commencement d'un Traitẽ qu ·il a fait de lEſprit univerſel du monde,& dans lequel il fait l'ada- ption des choſes divines, naturelles& artificielles, en cette ſorte, TNAITE Dieu, la nature& Lart Triade incom- arable. Raviſſent tout eſprit en adiniration, Du deſſein, du labeur, de la perfection, Ou reluit de tous trois Ia puiſſance in- croyable. Bien qu en ſes hauts projets Dien ſoit inimitablo, Nature en ſes progri ſuit ſon intention, Et puis Lart qui ajolite à la ſimple action, Fait admirer nature,& ſe rend admirable. Qui contemple& comprend d um juge- ment profond, 78 Dien, la nature& Vart, voi⸗&ſęait comme ils Font, Ordonnant, produiſant,&- Pparfaiſant les choſes, Car Ditu, nature& art, dun trian- gle Divn, Sont le commencement, le milien& la fin De tout; tenant en eur tontèt vertid en. Coſét. Et ſuivant la meſme penſeè en ſon Poëme Philoſophique, traitant des ef- fets de la nature& de Tart, en parle encore en ces termes, Dieu donc, nature& art, d'um animt vouloir, Aontrent linfinitè de leur iriple pouvoin SD e I0 66 i, DES TULIPES. 55 Dieu commande à naturt,& fournit la matiere, La nature Vinforme& la met en Iumiere, Et puis Vart poliſſant ce que nature a fait, Le vicieuæ corrige& parfait Limparfait: Tellement que ſans lart qui les choſes il- Iuſtre, Leurs vertus languiroient ſaus eſfet& ſæns Iuſtre. Ce ſeroit choſe ſuperfluẽ, de vouloit mettre en queſtion ſgavoir ſi par art on peut ajoũter à la nature, auſſi bien que d'en donner des exemples; les curieux Fleuriſtes& ſgavans Jardiniers le con- noiſſent aſſez, par la pratique qu'ils ont, de faire embellir les Tulipes& perfectionner les arbres en les culti- vant,& combien les fruits les plus ai- gres& ſauvages ſont adoucis& rendus fertiles à forcè de les greffer& planter. Pour la perfection des fleurs, ce n'eſt pas d'aujourd huy qu'on en a le ſecret. Virgile, dans ſes Georgiques, nous témoigne que de ſon temps les curieux le mettoient en uſage,& par leur art les obligeoient tellement à changer de couleur, qu'ils Ies rendoient mẽcon- noiſſables. Et Levin Lemne nous ap- pipnd en ſon Traité des occultes ſe- ieeeeeee⸗ RRRr crets de nature, que la ſubtilité des Jardiniers de ſon temps à faire varier les fleurs; eſtoit tellement en pratique en ſon pais, que par leurs mixtions ar- tificiellement appreſtẽes, ils faiſoient beaucoup croiſtre les Plantes& em- Bellir les fleurs; en ſorte qu'ils ren- doient leur variation agreable. Ce qui eſt auſſi tẽmoignẽ par Eraſme, en ſon Livre de la maniere de haranguer, oũ il dit que la nature ſe plaiſt à voir chan. ger les fleurs par Lartifice des hommes, afin d'éguiſer leur induſtrie. CHAPITRE XX. Aus toutes les Tulipes ne ſont Pae ca- Pables de ſe changer en mieux,&- de celles qui ſon: Propres. Eſt choſe certaine, que les Cu- rieux peuvent par Tart faire em- bellir Ies Tulipes encore plus que les autres fleurs, y ayant davantage de diſ- Poſition en elles, mais ce ne lont pas generalement toutes; il n'y en a que Cun ſeul genre propres à ſe perfection⸗ em- Len- b5 1 BEAFTULIES. 6· ner, qui ſont celles que Lon nomme couleurs, dont il en eſt un noinbre in- ſiny de diverſes ſortes,& dont la ca- pacitè& la transformation nꝰeſt con- nuẽ que des Sgavans,& particuliere- ment celles qui produiſent les belles. Ce neſt pas aſſez davoir des couleurs, & ne les connoiſtre pas(ce qui eſt aſ- ſez difficile) il faut une longue expe- rience pour les bien diſcerner, dautant que vous verrez quelquefois deux Tu- Iipes ſemblables en apparence,& qui neanmoins en produiront de differen- tes en ſe perfectionnant. Et puis il y a des couleurs qui ne font jamais d'au- tres Tulipes que celles oũ la nature les a determintes. Comme par exemple, il ſe trouvera des ſortes de couleurs qui ne feront que des Chapelles, les autres des Vefves,& d'auttes de quel- quautre genre ſelon leur capacitè,& qui ne peuvent jamais en faire d'autres, quelque choſe& peine que Ton y pren- ne. Ce ſont regles certaines, mais qui ne peuvent secrire,& qu'on ne peut cauoir qu aprés une longue pratique. Cꝰeſt pourquoy, ceux qui voudront ſca- Voir perfectionner les Tulipes, il faut ꝗu'ils travaillent pour s'acquerir Lex- — 62 + R A 1 + E' perience, par la connoiſſance de leurs 0 tonds,& qu'ils ne simaginent pas les 15 faire ẽgalement changer, c'eſt choſe Jui ne ſe peur; mais s'ils prennent des Tulipes de bonnes couleurs, avec un fonds tel que les expers connoiſſent 1 avoir capacité à la transformation, a- lors ils verront ce que peut L'art en l'a- chevement des choſes que la nature a commencées, 858866 836856 588895 865899 806 CHAPITRE XXI. Quc le ſecret pous Faire perfoctionnern 4 3 Les Talipes, ne dott eſtre enſeignẽ 6 4% ae Sages Curitax. 0 0 Eſtois dans la penſce d'enſeigner le 1 ſecret pour faire changer les Tuli- 9 pes& les perfectionner; mais comme 10 dans cette volonté ma memoire mẽa re- 0 preſentẽ ces deux vers de Virgile. f0 Car point nia plii à ge Pers Celeſte, 06 Lagriculture eſtre à tous mani feſte. 1 Certainement, j'ay penſé que c'eſtoit K quelque guiſſance ſouverainè qui me le 1 deffendoit, ne voulant pas que les ſe. bas q DES TULIPES. 65 erets de la Divinité fuſſent connus que des Sages, afin de n'eſtre pas profanẽs du vulgaire; eſtant choſe certaine, que ſelon le ſentiment du docte Bacon, ce- luy qui revele les choſes miſtiques, en diminuẽ& rabaiſſe la majeſtẽ. Cꝰeſt pourquoy me ſoũmettant à ſuivre ſon ſentiment, je Lenſegneray; mais com- me les Anges ont fait la Pierre Philo- ſophale, dont ils n'ont jamais ecrit que par figures,& par enigmes, Fenſei- gnant ſeulement à ceux qu'ils en ju-⸗ geoient dignes. Et ſuivant ce deſſein, je diray aux curieux Fleuriſtes. Si tu multiplie la vertu de ta Mere, la nourriſſant de la cendre de ſes os.& de la ſubſtance de ſon Pere; alors tu poſ- ſederas la terre de promiſſian en laq;uell ſera un eſtang de lait, an trauems duque paſſera des fleuves de vin,& autres li- gueurs de diverſes conleurs, pluſieut ro- ohers dOr ſeront epars en luy; ſon fonds ſera remply de ſes Hliſtres, qui vomiſo ſants leus rouge cramoiſj ſur le ſable, pro- duiront le beal Pourpre. Et ſi tu veux ſui- vre la mode, le lait de lieſtang ſe chan- Jera en liqueur de ſaffrant, qui te den- nera du ſoucy, Ceus qui auront des yeuα& des o- 64 R NIT E reilles, pourront voir& entendre,& conduiſant la nature par leur induſtrie, Keront voir ſur les Tulipes les beautez quꝰ elle avoit reſſerrèes en elle. ay connu pluſieurs perſonnes à qui Ia coũté beaucoup dè temps à la re- cherche de cette curioſitẽ; mais com- me ce ſont Fleuriſtes du moyen eſtage, & dont la ſuffiſance ne paſſe guere cel- le des ignorans: la Deeſſe Flora ne les a pas jugea dignes de ſes miſteres,& leur a fermé la Porte de ſon Temple. Jen ay veu un entrautres dèe la ville de Roiien, qui ſans doute avoit rencontré quelque donneur de contes: Ce bon- homme eſtoit curieux, aſſez riche en Tulipes,& particulierement en de bon.- nes couleurs; il s'aviſa il y a quelques années de vouloir pratiquer un ſecret quꝰ'on luy avoit donné pour faire chan- ger les Tulipes; en ſorte quaccommo- dant quatre de ſes planches, il broüil- la quantité d'iingrediens, mélez avec du fumier de pigeon, dont il brüla telle- ment ſa terre, qu'il ne ſortit pas une de ſes Tulipes,& toutes perirent dans cette chaleur. Voila ce que Limpru- dence apporte à ceux qui ne ſont pas ſages, auſquels aprés un long travail & Me Ult I. 1 0 Len l M1 fir BESTUTLIFEES. 65 & grande depence, il ne reſte que le deplaiſir de leur perte. Il me ſouvient ſur ce propos, d'avoit lu dans le Coſmopolite un plaiſant diſ- cours fait entre un Alchimiſte, le Mer- cure& la Nature. C'eſtoit un Curieux qui travailla long-temps à la recherche de la pierre des Philoſophes; mais comme il n'eſtoit pas ſgavant, il ne pou- voit pas reüſſir en une ſi haute ſcience: il pratiqua tous les moyens imagina- bles pour fixer le Mercure;& n'y eut point de fientes dont il ne ſe ſerviſt pour ſon deſſein, mais inutilement: en ſorte qu'aprés l'avoir mis en toutes les poſtures que ſon caprice luy ſuggeroit, il ſe reſolut de le traiter encore plus ſa- lement: dequoy le Mercure s'eſtant apperceu, ſe plaignit ainſi; Eh miſe- rable que je ſuis que feray- je? ce fol icy me va encore mẽler avec de la fien- te. Et puis sadreſſant à PAlchimiſte, luy dit: Monſieur le Philoſophe, je vous ſupplie au moins d'une choſe, ne me meleꝛ pas avec de la fiente de pour- ceau, car cette puanteur me perdroit. Mais ſa priere fut inutile, en ſorte qu'il fut contraint de ſe plaindre à la Natu- rte, qui ayant pitié de voir ſon cher en- 66 PR II E fant ſi mal-traité, fit une rude repri- mande à cè fol i ignorant. Certainement ce ſeroit avec plus de raiſon que les Tulipes(quꝰon peut dire avec verité eſtre filles aiſnẽes de la Na- ture) feroient de juſtes plaintes à leur Mere; puis qu il n'y a point de geſnes qu'on Ed ait it ſouffrir, pour t taſcher de les faire embellir. II 7 a un nombre infiny de fols qui courent apres cette recherche, mais commeèe ce ſont gens de peu d' experience, qui mettent en uſage des ſecrets 5 Charlafans: ce mpoſen ſans raiſonnement: il1. ient à rien;& po 1007 35 165114 laiſſe dans leur TL I erreur, car auſſi bien de 8 apprenc dre les ſecrets de lEchole, ce ſeroit jetter des marguerites devant les pourceaux, Pourquoy je ſuis d'avis què ce treſot ar voye de manuſ- ublie pas dans les on rend un ſecret paſſe chez les Sages p crits& quèon nè les Hvrés: d'aut—89 conneu il n'eſt plus vulguẽ il eſt mëpriſ cè beautez eſtant roient prophances. D eſt po ſui⸗ vant la penſẽe du docte n ſon traittè deladmirable Punles* PArt & de Nature, il faut dire que celuy-la — BESFUILIDES. 67 ſeroit infracteur du celeſte ſceau qui communiquoit les ſecrets de Nature& del Art; neſtant pas raiſonnable quꝰa- pres quun curieux ſera parvenu à quel- que connoiſſance par ſon induſtrie, de la publier à tous; dautant que c'eſt fo- lie de donner des laictués à un aſne, veu que les chardons luy ſuffiſent. 6253 b82. 26853 6582 KJ83.2859.8889 762 E2: 853 6R SHAPITRE XXII. Qut les Tulipes ne detvent pas eſtre renduès communes,& de leur conſideration eniie les FIA 8 mna¹n¹sõ οο Holandois. S. les Tulipes eſtoient renduẽs com⸗ munes, ce ſeroit encore oſter le plus loũable commerce qui ſe pratique entre les hommes,& les priuer de la plus douce ſocietẽ qu'il v aye entre les gens d'honneur. Combies leur raretè donne- t'elle de connoiſſance aux Eſprits cu- rieux ꝛ combien d'agreables viſites 2 combien de douces converſations!& combien de ſolides entretiens? Certai- nement cieſt la plus douce vie du monde, F ij eeeeeeeeeeeee 68 ER & un tres-agreable entretien que dè mediter entre les fleurs,& conſiderer les merveilleux effets de la nature,& la puiſſance de ſon Autheur; ce qui au- roit ſans doute eſté Loccupation con- templative de noſtre premier Pere, Sil fuſt reſtè dans l'eſtat d'innocence. Les Tulipes ont toũjours eſtè en tres⸗ grande conſideration,& particuliere ment chez les Flamans& Holandois; & qui en Lannẽe 1637. les penſerent faire entrer en commerce, commeè lès Dia- mans& les Perles: mais les Eſtats par une maxime politique le deffendirent; en ſorte' que la ventè& revente publi- que en eſtant interdite, on en eſt venu- aux eſchanges& ventes particulieres. Mais comme cela ne ſe peut ſans qu'ili arrive quelquefois du trouble entre les kommes, ces curieux Flamans ont in- Eitué par les Villes une Confrairie 33 pour laquelle ilsont pris Sainte Dorotée pour Patronne, dont le Syndic eſt Juge des differents qui peuvent naiſtre à cau. ſe de leurs troques;& pour juger avec Plas d'authorité, il appolle avec luy qnatte des notables de Ia confrairie. Et:- cettèe Confraitie eſt en tres- grande ve- neration, à cauſe de la douce ſocieté 1 DES TUTTPES. 69 & agreable converſation des Confre- res. Les Holandois en conſequence de leur religion pratiquent un autre ordre, ils font aſſemblẽe tous les ans à certain jour quꝰ ils remarquent lors que les Tu- lipes ſont en leur perfection;& apres avoir eſtẽ viſiter les Jardins des Fleuri- ſtes, à la ſortie dun feſtin qu'ils font entreux, ils eliſent un de la compa- gnie, qui eſt Juge des differents qui naiſſent Lannẽe à cauſe de leurs fleurs. νDοοανναd άνεο υ de αεdοσνον deο CHAPITRE XXIII. Des maladies des Julipes& de leurs, remedes. Vomme la ſantẽ eſt entretenuẽ au corps par Iaccord des principes qui le compoſent,& par une juſte con- ſtitution de ſes parties; de meſme les maladies ne procedent que par le recu- lement ou diminution dè ſes principes, ou par le diſcord de quelques: uns qui font que la partie oũ ſe rencontre ce de- faut eſt de neceſſité bleſſee,& cauſe le E iij eeee eeeeeeee⸗.4 70 ERKITE“E deſordre qui altere leurs He. Ce n'eſt pas que quelquefois il ner ſurvienne des accidens qui font ſouffrir les corps, ſoit par cas non preveu com- me aux bleſſeures, ou par le deregle- ment des appetits qul cauſent des in- firmitez,& alterent leur conſtitution en changeant l'accord de leurs princi- Pes. Tous ces deſordres ne ſè rencontrent pas ſeulement au corps humain, mais tous les autres qui ont vie* ac- roiſſement ſur la terre. Ce qui ſe re- marque auſſi preciſement en celuy des ntes— en E des animaux, 1 ui 1e ou⁰ e ent 85 5 alitez 1 principes, que par les accidents eur fürViena en voy pluſieurs effets en a Tulipe uelle quoy que Plante tres-accom- plie, ne laiſſe pas de reſſentir les deſor- sdes maladies, ſoit par le manque de quelques-uns des principes qui la ſent, ou par 1 changement que le climat ou le terroir leur a s. contra- cter. Cꝰeſt ane, ihe ayant traitté de ſes perfections il faut di W elque cho- ſe de ſe s ſouffrances,, 8545 ece que j en 65˙— 2 RFES FUEIPES. V25 ay peu remarquer, cherchant la cauſe de Ieurs infirmitez, pour y trouver des remedes ſalutaires. Commenęant donc par les Tulipes qu'on eſleve de grain, les oign 10nsS E tans encore petits S& foibles, n'ont pas la—5 ny la vigueur pour Kätker aux accidens qui Leur peuvent arriver, ſoit par la rigueur du froid, ou excez de cha- leurs, qui ſans Not en font perit plu- feurs, par Falteration qułils cauſent en eux. G-⸗ eſt pourquoy ayant à remedier à ce deffaut, il faut avoir ſoin de les cou- vrir durant Thyver avec des ais ou des nattes les 3 5 des plus for- tes g 80100 neiges& verglas,& meſme du dolei Ldhyver qui le E tuẽ autaut que les plus rigoureuſes froidures. Le gouvernement des petits Cayenx ſe doit faire de meſme, car en ayant une PIAnene ou deux, qui 101 nt comme une pepiniere, il faut les couvrir avec le meſme ſoin pour les preſerver de ſem- blables Aecid165 Apres une longue meditation ſur la maladie des Tu llipes„j'ay remarqué quẽau commencement de I* illeur en ſurvient une qui eſt conta leur arrive lors que Loignor ieuſe,& pouflant 8 65 2 Es feuilles hors de terre; il entre des eaux froides qui coulent entre leurs peaux,& deſcendant juſques au cœur, Ies font pourrit; ce qui ſe voit par une couleur rougeaſtre, mais blafarde qui paroiſt au bout des feüilles, en ſorte qu'en les tirant elles quittent loignon, & font paroiſtre la pourriture quꝰil a juſques au cœur:& cette maladie eſt ſi maligne qu' elle infecte toutes les autres, Pour à quoy remedier, il ſera bon de le- ver Loignon avec un deplantoir, tel que celuy des melons, afin qu'en le tirant avec ſa terre cette peſte ne paſſe plus a- vant,& n'infecte le reſte. Ou bien faire tranchee au tour, de la largeur de demy pied,& de dix à douze ponces de Profondeur, pour que celle qui eſt deſia gaſtẽes ne perde pas celles qui ſont bien ſaines. Le mal que la rigueur du froid ou excez des chaleurs a rapportèẽ à nos Tu- lipes; paroiſt auſſi dans le temps qu on les leve de terre; car alors on trouve les petits cayeux dẽpoüillez de leur peau, qui eſt une marque d'alteration& de foibleſſe, qui leur cauſe un deſſeche- ment qui les fait perir. Pour remedier à ce deſordre, ¶ faut ſi. toſt J DESTUITPES. 75 A.toſt qu'on les aura levẽes prendre les cayeux, ou meſme les merès, s'il s'en rencontrent, incontinent dans du ſable, ou en terre en quelque lieu à Pombre, alin de les conſerver par unè agreable fraĩcheurʒ& ſi Pexcẽs des chaleułs eſtoit ſ̃violent quꝰ elles deſſechaſſent par trop la terre, pour lors il les faudroit arrou- ſer legerement,& continüer ce gouver- nement par prudence& jugement juſ- ques au mois de Septembre, qu'on les Plantera ailleurs. Le dépoüillement de peau qui ſur- vient aux Oignons des Tulipes, proce- de de ce qu'on ne les plante pas aſſez ⁊vant en terre;& n'ayant pas todjours la force de senfoncer deux meſines, il advient qu'ils groſſiſſent beaucoup,& crevent leur peaũ qui eſt aſſea tendre; & de là procedent des chancres, od Sengendre en ſuitte une cangraine qui les fait finalement mourir: mais ſiatoſt qu'on S'apergoit que ce chancre com- mence, faut couper juſques au vif,& Pourveu que le bas de l'Oignon de- meure encore entier, le remettant en terre il ſe peut garantir. Si Lon ne tenoit pas les Tulipes cou- vertes durant les mois de Février& 74 rrrE Mars, il leur pourroit ſurvenir encore pluſieurs accidens par la rigueur des greſles, qui: leur donneroit un mal, quon nomme tache de Mars, qui eſt une pourriture qui attaque leur premie- re feüille à fleur de terre; ce qui leut eſt cauſé par des coups de greſle& des froidures qui tombent ſur elles: ce qu'a- percevant faut exactement oſter la pourriture,& pour cela dégrader,& oſter de la terre juſques où on jugera neceſſaite, pour pouvoir couper& rà- cler juſques au vif le chancre que ce mal y pourroit cauſer. Car ſi on laiſſoit quel- que temps le mal croupir ſur la Tulipe, il seſcouleroit juſques au cœur de lOi- gnon,& le feroit mourir. La principale marque de ſanté aux Tulipes eſt Iors que les tirant de terre on trouve les Oignons durs,& leur eau d'une couleur rougeaſtre, tirant ſur celle de chaſtaigne; car cette cou- leur eſt celle que doivene avoir les Oi- gnons des Tulipes ſaines: que ſi ils ſont mollaſſes& leur peau blafarde ou noi- re, ſans doute il y aura de Lalteration. Les plus notables Curieux ont trou- vẽ un moyen de conſerver leurs Tuli- pes bleſſées,& les Oignons offenſez; 8 18 8 DESTULIPES. 75 dar immediatement aprẽs qulelles ſont levèes, ils les arrangent ſur terre à lombre, comme s'ils les vouloient re- planter;& laiſſent ſeulement un travers de doigt de diſtance entrelles. Alors ces Oignons qui tendent toũjours à leur vi- vification, attirent cẽt eſprit que la ter- re contient,& qu'elle fournit à toute Plante pour la ſubſiſtance de leur eſtre; & recevant auſſi de' Air ce ſouffle nu- tritif quil communique à tous les ve- getaux, ils reprennent leurs forces,& ſe nourriſſant des ſubſtances de ces deux pringipes ſe rendent plus vigoureux,& reprennent leur point de perfection. Mais comme quelques animaux, comme mulots, limaçons, ou autres, les pourroient endommager, ils ont un equarrie de bois, de la grandeur du lieu od ſont les Tulipes malades,& de hauteur d'environ quatre pouces, où Fon fait au deſſus un treillis de fil de fer, dont les trous ſont eſtroits, afin qu'&- tans enfermez dans cette machine, tels animaux ny paſſent pour les endom- mager. XXIV. Contre ceuæ qui mopriſent les Fleurs. Ais que m'a ſervy de vouloir par⸗ ler de la dignitè des Tulipes, veu que dans ce ſiecle il ſe trouve ſi peu de gens qui ſe portent à les aimerell ſemble que les belles choſes ſoient au rabais,& que la pluſpart des Hommes faſſent gloire de les mèpriſer. Lavarice eſt ve- nuẽ à tel point, qu'un Homme n'eſt plus honneſte s'il eſt liberal;& la plus belle& vertueuſe Femme du monde (auſſi bien que les Tulipes) ſera delaiſ- e pour une laidure jui clochera de rigue davoir portẽ ſur ſon dos ſa boſ- ſe pleine de piſtoles. Quoyꝰ diſent ces gens du temps, à quoy bon ces beau- te2 f e2 paſſageres; qu elle utilitè rapporte la heautè des Femmes& des Fleurs? ne voit on pas que leur luſtre ſe paſſe en un inſtant,& que la poſſeſſion en eſt tres- courte? Certainement ce ſont perſon- 0 8 nes dont la brutalitè n'eſt pas ſeulement nis du commerce des Hommes: perſonnes qui nont pour but quꝰv lité infame,& qui ne ſcavent pa les ames bien nées, ont pl té pour objet, qu'un avanta naire,& que la ſatisfaction n ſeulement en la poſſeſſion des tre mais bien à ce qui nous contente. Il ſemble que les Tulipes nayent eſtẽ apportées en lEurope, que pour eſtre le but& le mépris de la pluſpart des Hommes; ils nè penſent pas qu en les voulant blàmér, ils en rehauſſent le me- rite:& ainſi que la vertu mẽpriſẽe par les mechans paroit èclatante entre les gens de bien; de meſme ces beautezꝝ 65 trangeres, ternie par la bouche des vi- lains font davantage éclater leur luſtre, & leurs perfections dans la bouehe des ſolides eſprits; qui les logeant dans le plus beau de leurs Parterres, ſgavent les eſtimer ſclon leur valeur& merits 8 2 ors; K S : 81 8 18483515 CHAPITRE XXV. S2 4 La cauſe du peu de durce des fleurs. A Tulipe ſans doute n'eſtoit pas un des moindres ornemens du Paradis terreſtre: car comme nous apptend Moyſe en la Geneſe, Dieu ayant ſe⸗ parè la lumiere des tenebres„crea ce Jardin de delices, qui fut l'un de ſes pre- miers Ouvrages,& le remplit de la beauté des Fleurs& de la bontè des Fruits. Ce qui fait connoiſtre ſuivant le texte de Moyſe, que la creation des Plantes preceda celle du Soleil& des Aſtres. Et comme la Tulipe eſt ſans contredit la plus belle de toutes les Fleurs, elle eitoit ſans doute le plus bel ornement de ce divin Parterre; on la Pourroit dire le Clief.d'œuvre de Dieu. Car 8il Yavoit eu du temps en Dieu pour la creation des Plantes„on pour- roit croire quꝰelle auroit eſté la ptemie- re creẽe, puis qu'elle eſt la plus belle& la premiere en dignitk. Mais commeèe toutes choſes avoient eſtè creccs pour E DESTULIPEs, 7³ Thomme, s'eſtant attiré la mort, pour ſon crime, il l'à auſſi donnè aux Cxea- tures. C'eſt donc ſans plus le pechè qui cauſe la courte vie des Fleurs, comme un membre bleſſè fait ſouffrir tons les autres: Ce qui peut apporter de la con- fuſion au mẽdiſans, qui ſe plaignent de leur peu de durẽe. Car s'ils veulent fai- re une ſerieuſe reflexion ſur ce que la nature produit de plus rare, ils verront que la courte vie eſt le deſtin des plus belle choſes;& que la volontẽ Divine par un ſecret dont il seſt reſervẽ la con- noiſſance, a voulu mettre de lincompa- tibilitẽ entre la longue duree& la beau- té, comme ſi par une punition deuẽ à nos crimes, il nous vouloit priver de ſes Chefs-d'œuαfres,& de ſes merveil- les. ν ανάν αεενσ A αενσ ααενο ν αε A αάiun 80 rr ιιιεσν εαε CHAPITRE XxVI. De la diſference 4½¹Y à entre len Veritables Fleuriſtes,& les Cuitux%hnorans. 0 25 belle Eſtrangere n'a pas trou- Vẽ plus de bon- heur en cette troi- ſième partie du monde, que la belle An- gelique de Arioſte, qui apres avoir couru de Province en Province Pour trouver um azile, my rencontra enfilꝭ quẽ'un tas de Picoreurs qui la proſtitue- rent pour ſervir de paſture à un Mon- ſtre marin. C'eſt vous belle Angeli- que, qui apres avoir eſté Fobjet le plus chery des Princes,& qui ave2 fait mé- Priſer les choſes les Plus precieuſes, Pour courir apres vos beautez animécs 2 eſtes enfin le ſujet du mopris de la pluſ- part des hommeès. C'eſt vous, què ces infames ont attachèc à une roche, pour ſervir de paſture au Monſtre de la mẽ- diſance. Mais courage, belle Eſtrange- 1 j appergoit ce valeureux Roger, je le voy dans la nuẽ᷑ ſur LIpogrifie avec FPRKAES. Sr fon eſcu enchantẽ, qui vient fondre ſur ce miſerable Monſtre, pour vous deli- vrer de ſa tyrannie. Ce ſont vous, beaux Eſprits, dont la generoſitẽ& la vertu n'eſt pas moindre que celle de Roger, qui conſervez cette belle Angelique, cette fille aiſnèe du Sielz & la garantiſſez de la bouche infame des mẽdiſans, par la retraite que vous luy donnez dans vos Parterrées. Mais finiſlons, par la difference des vrais Fleuriſtes, d'avec un certain tas de gens qu'un peu de curioſitè porte à aimer les fleurs: ce ſont de ces vains amoureux qui croyent meriter les affections des Dames ſans avoir la peine de les acque- rir,& poſſeder le treſor de leur beautẽ ſans qu' il leur couſte aucune choſe; ce ſont Fleuriſtes leſquels moins diſcrets que les Abeilles qui viſitent les fleurs ſans les endommager, vont comme des pourceaux foũillans& picorans nos par- terres pour en enlever les richeſſes par leur authoritè ou demandes importunesʒ & aprẽs qu' ils ont ravy ces beauteꝝ con- tre le grè de ceux qui les conſervent, veulent paſſer entre les vrais Fleuriſtes. C'eſt un rompement de teſtes que de leur entendre parler de Tulipes,& il 82 R AITE. ſeroit à ſouha 35 qu'ils euſſent eſté a. veugles& muets, ou qu'on neuſt point d'oreilles. 38 55 gens qui ſacrifi flent à des Dieux inc onnus, 83 qui dans le Temple de Flora Arent des Divinitez qui leur ſont eſtrangeres. Ce ſont Cu- Tieux ignorans qu i poſſedent des treſors ſans en connoiſtre ja valeur;& enfin ce ſont perſe lonnes qui demeurans dans lad- miration tant de diverſes couleurs qui ſe re contrent au Inligss; Sarré⸗ tent à la contemplation de Ae beau- tez,& croyent eſtre bien ſoe Wans quand ils 355 de toutes ces choſes. En- quoy il paroiſt bien queè Lecl- belle fleur ne leur ehloüit 50 les yeux t de Cettèe 8 keleme 5 e juge- ment, puis qu'il ntlombre pour Ie corps,& tà Lexterieur, ſans re chercher! la cauſe ny la dignité ſujet dont ils ſe rendent adorat teurs. Cꝰeſt donc pPar la differencè des veri- tables Curieux, d'avec les ignoran que je deſire finir;& me ſervant du Precepte Chimique, qui ſepare le pur de Limp ur, pour n la dignitè de lun par Iemépris de autre: je veux rebuter ces gens-là, ſans les admettre dans le Cat talogue d68 Vrais Fleuriſtes; 1Es 83 Alin quꝰen eſtans ez on les puiſſe diſcerner. Mais pour faire voir encore à ceux qui mẽpriſent les Fleurs combien leur penſèe eſt infame, je leur feray connoiſtre le crime dont il ſe rendent capables envers Dieu, en traittant de mepris ſes premiers& plus dignes ou- vrages. C8l KW53.CW8 SSls 52 b8d.EE2 8l&5 l. SEKGSeUE De plaffeurs noms de Tulipes, avee PA Ia quantitè& diſtinction de 4 4 leurs couleurs. A Agate Royale n'a que trois cou- leurs, mais parfaitement diſtinctes & Teparées les unes des autres; elle a — 4 22 un pourpre clair avec du rouge, qui 8é- tendent en panaches dans beaucoup de Pplanc. C'eſt une des plus belles Tulipes du temps. Agate Chapelle, ronge- colombin& hlanc. Agate ſaint Marc eſt gris de lin, incan- E zat,& blanc. + 75 „colos. hin clair. Agate dentelée, 4à du colombin chargẽ de rouge avec du blandc. Agate Coſte, gri de lin cha vif,& hlang de ſatin. Agate du Vaſſeur, eſi dun gris violet, aDοον du hlane,& un penu d incarnat. Agate Brabanſonne, rauge obſcur, co- lombin clair,&blans ſcur. Agate Romaine eſt colombine, avec un pen de lacque& du blanc. Agate la Piemande bin, rouge& hlanc. Agate Robain, à du Pourpre, rouge G- ge, rouge ris de lin, colom- blanc: mais quoy-qu'elle aye les cou- leurs de IA gate Royale, neanmoins 15 le eſt beaucoup differentes d'autant que LAgate R oyale a bien plus de blanc,& es panaches ne ſont pas ſemblables. gate du Mont Iſabelle couleur de chair, rouge,& couleur de citron. Agate Minime a Juatre couleurs aſſez diſtinctes, Jui ſont gris de lin, jaune, amarante,& dn rouge. Agate Guerin, Feltille morte,& hlanc. Agate Gobelet, Longe cramoiſi, colom- in, blano&. ſaune. Agate la deſerte, colomhin, peu de DES TCUEIPES. blane, printaniere. Agate Coblin, eſt ornée de cinq cou- leurs„ſcavoir, d'incarnat, rouge, jaune, C Lacau 6, ch de chamois. Agate de Qui bly, gris delin, colombis ſcur, colombin 8 2 dentrée. Agate ſaint Denis. Agate Ferrary, pounprs en foncdò, couleun 855 Vice-· Roy,& pen de 3 Agate Morin, a du pourpre& g7 is ſale⸗ 8570 beaucoup A ane Agate de Mare, gris cendrè, gris viola. & peu de blanc. Agate Liante, amarante& blanc, non Mentrée. Agate Ochée, triſtamin, ronge& cha- möoit. Agate Friol, gris de lin enfumò, iriſta- mnin G. gouleur de cetron brolnille. Agate Proſerpine, minime briſli, jaune, 6* citron terny. Agate Lionnoiſe, couleur de hrique, ca 10 blanc, le tout broüillé. Agate Amirale, gris de lin, flamette, rouge vif,&. hlanc. Agate ſans pareille, ſouge cramoiſi, co- 5 blano d'entre, Agate Patin, couleur de roſe, colombin bhlanso, non d'entrèe 85⁵ — 2 85 rn Agate de trois couleurs„rvouge briſie, bn¹̊e couleurn de citron Hronille. Agate Broſſet, rouge fort enfancd bin clair& blans d entrée. Agate le Cointe, colombin 9 lombin clain,& hlanc terny. Agate de Lorney, colom Mentréé. Agate du Saunier„Lris de lin clais- lombin& blamne, Aentrée. Agate Rouſy, rouge brun blanc d'en. le tout colomꝗ Vſcur, co⸗ bin&· blanc, non co colombin,&- Agate du Chon, colombin minime, G. leumn de citron terny. Agate Riviere, rouge bruſle, ſcur,& peu de blano tern 5 Agate Magnin, colombin, obſcure, meſe 2 Aun Colon hin dlaiy 8 G blanc. oolombin obſaur, colombin clain, G. blanc. colombin ob- Agate d'Arquelaine 4 Agate de Savoye, violet, Pourpre enfon- c G 6 Agate Gorle, rouge ſang de bœuν, G⸗ blanc. Agate d'Aſt, rouge, Pounpre, roſe ſeche, &blanc. Agatte Da eramoi). tte, gris lavendè', 6 Pourpre 16. K1 23 10b. DEU TCUL IP ES. 87 Agate de Monſieur de Chartres, colom- bin obſcur, gris lavandè,& blanc. Agate Moſe, colombin obſcur, colombin clair& blanc. Agate Billet, colombin& niere. Agate Govion, vonge obſour, chulombin, citron. Agate d'Eſpine, hlanc de laidt,& 1 ohe- 1“6 de rouge cramoiſj claiv. Agate Armand, gris de lin ſalle, coloma bin& hlanc. Agate Picot, colombin obſcun, oolombin clain,& terny. Agate Mollard, colombin obſcur, gris lavendè& blanc. Agate du Dru, couleur de roſe meſii d'in- carnat, colombin, couleur de citron,&. hlanc terny. Agate de Monfieur de Mets. Agate de cinq couleurs. Amarilis, 7oſe-ſeche, pourpre enſonce G blano. Amiral Caſtelin, eſt colombin, rouge pdl- le&. blans Amiral de France, pourpre ohſcur; c0 lombin clain,& hlano, non dlentrte. Amiral du Mans, ronge de ſang G hlanc. Amiral de Delf, voſe rong⸗ G HManc. 8 blanc, Printa-⸗ Amiral Venitien. Amiral de Boiſſiere, rouge brun, colomt. bin&. blanc entrèe. Amiral Fray, gris lavendè, minime bruſß I Cr blann. Admiral du Villers, Ppoupre colombin&- blanc d'entrde. Amiral Vallier, orangè, couleur de roſe, citron,& blanc ſalle. Amiral Catelin, colombin, rouge palle, &blano, printaniere. Admiral de Veſnes, rouge triſte, roſe.& chamois hlanchiſſant. Amiral Chreſtien, colombin Palle, meſ Iè d'un colombin obſcur,& blano dientrde, printaniere. Amiral Triverman, couleur de roſe, co- lombin& blanc, non d'entrés. Amiral d'Heverte, Pourpre obſcur, vio- Iet clair& blans dentre, printaniere. Amiral d'Angleterre, ronge brun, co- lombin vif,& hlanc. Amiral Poncet, fleur de lin, colombin blanc d'entfbe. Amiral de Hollande, rouge&. blanc. Amiral Fournier, triſtamin rouge,&. Jaune blanch iſſant. Amiral Peregrin. Amiral de Lief. Amiral ſ„ 131 PPIERPEsS. Amiral de Villan. Alidore, eſt couleur de fæu avtc un gris de lin enfoncè, ſur du chamois blanchiſſant. Albertine, à de petits traits pourprex par menuẽs panaches, avec gris de lin clair & blanò. Audenarde, eſt d'un colombin chargè de rouge, avec des panaches blanches. Amarante, à un fonds blans ſur Iequel Veſtendent des panaches amarante. ö Aurore, a des panaches menuès d'un beau lacque ſur du blanc. Aminte„ eſt couleun de gorge de pigeon, ronge, jaune dorè,& blanc. Amarantine, eſt panaohde de pourpre ſur du blanc. Adimion, eſt amarante, avec un pen de rouge du blanc de lait. Ambriſe, eſt colombin, rouge,& blanc. Angloiſe, eſt d'un beau colombin, rouge, blanc. Amidor, eſt une des plus belles Tulipes du temps, elle eſt couleur fau de clair, a- vec un peu de rouge, iſabelle jaunaſtre& amarante. Amiable, blanc de lait, rouge brun ve- loutb. pourpre colombin,& blanc printanière. 89 H ER Argus„chuleur de feu 3 Cris deè din, hlanc de lait. Auguſte le grand, couleur de roſe ecla tante,& 5 onon Mentedbe. Auguſte, colombin, blanc& rouge. Agreable 3 iere. 6* R 2 Elle Morine, rouge cramoiſy,&. heaucoup de hlanc d'entrée. Belle Helene, wunge en ongᷣ o¹ SVαuf,& blanc dlentrée. Belliſſime, couleur de peſcher, fleun de Iin,& blanc dentrbe. Belle d'Anvers, gris de lin, pourpre, Hlanc. Belin ordinaire, rouge, colombin,& blanc. Belin Trelon, violet, pen de rouge,& bealcoup Ae blanc Brabanfonne, eſt b un pen de mouge. Beau Courroy, pounpre obſeur, violes, Slair& blanc zerm. Boſuel, 6 ronge de Belle perlée PeAi)up Beaup! ſang de E 5 lanc de lait, Pou-pre, 4 DES TULIPES. 9 Boulonnoiſe, rouge pacle,& blanc. Bourgeoiſe, rouge vif tirant ſur l orangl. Vlanc. Bizarre du Cadet, fretille morte, rouge Vruſi',& jaune enfumũ. Barre, tirant ſur le wuge, colombin clair, blanc. Bruxelle, ronge obſcun, colombin clair, & blanc. Bolhuert, incarnat,& hlanc. Branſion, nacarat,& blanc. Bourbourg, gris lavandeè, coulombin ohſoun, coulombhin clain,& blanc, Belle la Barre, a des couleurs de la Bra- banſonne, qui ſont pourpre, ronge,& Blano; mais il y a de la diflicultè aux panaches. Bellincourt, eſt couleur de feu,& Hlanc. Branſion Morin, rouge, colombin,& blanc printaniere. Brandebourg, ronge pulle tirant ſur le co- Iombin,& hlanc terny. Beautẽ de Chartres. Belle mignonne. Belle Calite. Belle Troyenne. Belle Mariniere. Blanche Printaniere. Blanche tardiye. eeeeeee 7 T RAI.E* Bordée& Rebordée. Branſion de Boh. Branſion de Aublepine. C Edanulle a un nom fort convena⸗ ble à ſa beauté, puis qu' elle ne cede à nulle autre, ſoit en la forme de fleur, ou agreable diſpoſition& aſſor- timent de ſes couleurs, qui font un pour- pre violet, avec peu de rouge,& heaucoup de hlanc. Caillarde, colombin chamois, incarnat, jaune dorł. Camuſette, incarnat rougiſſant,& Plane de lait. Charite, gris lavendè, incarnat,& blanc. Cernioiſe, incarnat, tirant au colombin, aulc du hlanc de Init. Carlite, pourpre,& hlanc. Canette, beau violet,& Hlanc. Chinoile, colomhin, griſaſtre, rouge,& chamois. Carmelie, eſt jaund paille,& incarnat Fort eclattant. Columelle, roſe ronge Hlanche. Coquille marbrée, fleur de prunier, BEA TUIIPRES. 93 pourpre,& blano. Cadette, pourpre,& heaucoup de blanc. Canelèe, gris, incarnat,& jaune. Caliſte, pourpre,& blanc. Ceſar, lacque chargè,& beaucoup de Hlanc d'entrèe. Concubine, colombin& hlanc. Cupidon, violet d Exeſque, pourpre clair &hlanc. Celeſte, gris lavendè, un peu de rouge, &blanc de lait- Chanceliere, violet,& Hanc. Cæſarẽe, Hlanc dientrèe, avecque lacqus chargb. Chartreuſe, gris de lin, pen de pourpre. & blanc de lait d'entrèc. Carlẽe, gris rougeaſtre,& chamois. Couronne ardante, blanche,& par les nilieuæ de couleur dlagriotte, printa- niere. Cheſneau, ronge, gris de lin,& blanc. Curè printaniere, gris de lin fort pälle, & blanc. Curé tardif, gris de lin fort palle,& blanc. Citadelle, pourpre, gris de lin,& blanc. Colombin& blanc à grand bord, prin- taniere. Colombin& blanc à grand bord, tar- Hiij 6. 24 RKIT dive. Confidente,. Couronne Royale. Cardinale. Chamois, Hordée d'łcarlatte, E D D Jalle eſt d'un beau rouge& Sblanc. Piligente, rouge, colombin,& blanc de lait, printaniere. Dorillée, violet,& blanc. Du Cheſne, pourpre, rouge,& blanc- Dolincouri pourpre, rouge,& blanc. Dom Chaſteau, violet cramoiſy, pour- pre,& blanc. Dorimene, lacque violet& blanc. Delaunay, pourpre, gris de lin& blanc. Denelee, rouge palle,& blanc ſalle. Deviſée, blanc,& rouge. Dorade, rouge& chamois blanchiſ- ſant. Drnide, rouge terny, colombin obſcur, & blanc. Dorinde, colombin, rouge,& jaune blanchiffant. Doblan, fiamette,& blanc, printa- viere. 1 S S⸗= —.— S Touge Dalepou, couleur de brique, le fonds. noir. Doramie, pourpre, gorge de pigeon,& jaune blanchiſſant. Doris, eſt d'un blanc de lait comme à piece emportèe avec du rouge tres-vif. Du Pont, colombin chargẽ de rouge a- vec du jaune blanchiſſant. Dulcine, lacque& blanc de lait. Drap diargent, panaché, printaniere. Drap d'argent de Valentienne. Drap d'argent de Paſteur. Drap d'argent le Berger. Du Pouſſin. Duc à grand bord, printaniere. Duc à grand bord, tardive. Duc à petit bord, tardive. Dom Federic. Dom Jeroſme. Dom Frangois. Dom Petre. De Clermont. De Malines. Droleſſe. BEPSFPEIöES. Du Leſme, lacque, blanc tres-net, TRAITE; E Stoillée, à preſſjue les couleurs de la Dorillee, qui ſont un beau violet, & blanc. Elixee, a du pourpre violet,& blanc dès ſon entrée. Erimante, rouge, feüille morte,& jaus ne. Euffaſque, rouge,& blanc de ſatin. Eſperance, triſtamin, rouge& jaune. Eriſtte, eſt pourpre,& blanc. Eſtivale. Eminente. Oeille dEſdine, eſt d'un, beau na- carat,& rouge brun. Tleuricourt, a ſes pannaches d'un beau pourpre ſur un beau blanc de lait. Feniæ, ſe panache, d'un beau rouge brun, ſur un blanc de ſatin. Flamboyantè de Tunis, rouge bruſié,& jaune broüillé, tirant ſur Ia couleur de citron. Flamboyante colombine, eſt d'un beau colombin,& blanc. Flambo yante BES TUIIPSES. 97 Flamboyante de Tuder, rouge& jaune reguliere. Flamboyante Maximis, minime brul fueille morte,& citron, le tout broũiill Fſambohante cCcolombin& blanc. Flamboyantæ du Sautier, rouge& jaune fort vif. Flambopante hlanche, eſt panachée dm beau rouge brun, ſur du blanc. Fleurdeliſèe, couleur de roſe tirant ſur le colombin,& blanc. Filandre, a ſes panaches tres-fines, d'un beau pourpre ſur du blanc. Fleurimont, eſt d'un haut pourpre& blanc. Fronteval, eſt rouge, couleur de roſe, & blanc. Florentine, colombin clair,& beaucoup de blanc. Frigienne, eſt panachẽe d'un beau rou- ge dlẽcarlatte, ſur du blanc de lait. Forte à connoiſtre, rouge& blanc. Frangée, chamois blanchiſſant,& rou- ge brun. Frere Andrò, rouge obſcur, meſlèẽ de blanc printaniere. Frere Claude, couleur de roſe, rouge & blanc, le tout broũillé. Frere Fean, couleur de laque vif& blãc. 1 S5 E e eeeeeee⸗ RE G Alatbe, eſt iſabelle jauniſſant,& jaune doré. Genevoiſe, colombin obſcur, colombin clair& blanc. Gentilly, eſt rouge, fiamette,& blanc. Geant, couleur d'agriotte, tirant ſur le colombin,& blanc terny. General Gonda, eſt d'un incarnat fort Eclattant,& blanc. Geande, eſt rouge, colombin& blanc, Glorieuſe, eſt une belle Tulipe,& a pour couleurs un iſabelle qui tire un peu ſur le jaune,& un rouge doré. Genoiſe, triſtamin rougeaſtre,& jaune. Griſe Orientale, ou Agaibe Orientale, eſt d'un beau gris de lin,& lacque ob- ſcure. Griſe Orientale ſecond, gris de lin,& lacque obſcure,& blanc. General Picot, eſt d'un blanc de lait, panachè d'un beau pourpre. Grinſec, incarnat& blane, printaniere. Grande Brabanſonne, rouge cramoiſi, colombin,& blanc non d'entrée. Grand Etendar, tané, roſe,& jauns blanchiſſant. AESTpiipks. 99 Grand Cornard, rouge tirant ſur le co- lombin,& jaune citron. H 3*3ü Robin premier, rouge cras moiſi,& blanc. Hascard Robin ſecond, colombin„gris de Iin& blanc. Hasard Dru, incarnadin cCouleur de roſe, nacarat, colombin,& blanc d'en- trée. Hercule, eſt touge de ſang,& blanc de 41T. Hemue, rouge brun,& blanc de lait non d'entrée. Hercan, eſt rouge brun& chamoĩs. Heron, violet,& blanc de lait. L Aſpte Truder, eſt triſtamin, rouge mort,& jaune blanchiſſant. Aſpee premiere, eſt rouge mort,& chamois. Falbee de Ravaſcot, rouge pale, gris de lin,& blanc. Falßes de Harlan, eſt triſtamin cou- vert, ſemö de larmes rouges. 1 100 + KRAI T E- Faſfpde ſaint I arceau, gris lavandé, co- lombin& blanc. aſpte Angloiſe. eſt triſtamin& rouge, &æ jaune blanchiſſant. Faſpde ſaint Fean colombin minime, & blanc. Imperiale, eſt d'un pourpre brun, un peu de rouge,& blanc de lait. Fean Guerche, jaune& rouge fort clair. Facobèe, eſt kouge, brun& chamois blanchiſſant. Fean le Fevre, rouge& jaunc. Iris, eſt triſtamin, rouge& jaune. Incarnadin,& blanc laterain. Fean Gueret, eſt d'un beau violet,& blanc. Incarnadin& blanc de Bachelier. Folicourt, couleurs de tuile, rouge& jaune. Incarnadin,& blanc de Traverſp. Infanie, iſabelle foittèe de blanc. Inco mparabit. L Duch ſſe, a les couleurs de la Brabanſonne; mais elles ſont dif- feramment aflorties,& ſont blanc, 4 nre L-„ 18 pourpre& ronge. Lh10 140 Ueüm DES Ftipxs. 107 Dante, amarante, tirant ſur le violet & blanc. Lamie, ou Agate Peruchot, eſt gris de Ilin,& blanc. Lorette, rouge, tirant ſut la couleur de roſe& blanc. Larmoye, gris de Iin,& blane de lar- mes. Jindot, ronge brun,& blanc. Lionne, incarnat, rouge& blanc. Liv e ou Livia, a de fort jolies Pana- ches violettes ſur du blanc. Læuf̃ de Paſques, rouge enfoncék,& blanc d'entrée. Lucque, eſt panachẽe de gris de lin ſur un beau blanc. La Blin, eſt d'un beau violet„ſeparẽe d'un blanc naiſſant par un peu de rouge. ip); rouge brüléè,& jaune terny. JOrianne. L'Aſtrlte. M Orillon lrun Rolin, touge d'a- griotte& blanc. Morillon ſuperlatif̃ dit le petit Auguſte, incarnadin,& beaucoup de blanc non d'entrée. Liij 102 RRNITE. Morillon de Fleurs, incarnat,& beau- coup de blanc. Morillon Chirat, incarnat tirant ſur la coleur de roſe,& blanc. Mofillon d Anapes, eſt d'un chamois blanchiſſant, ſur lequel eſt un incarnat bien mélangé. Morillon Studer, couleur toſe ob- ſcure,& beaucoup de blanc. Morillon Brun, eſt d'un beau rouge brun& blanc. Morillon Dru, couleur de grenade, jau- ne, citron& blanc. Morillon Cloutier eſt panachẽ d'un beau nacarat,& incarnadin ſur du blanc. AMorillon Dry, incarnadin tirant ſur la couleur de roſe,& blanc non d'en- tr&E. Morillon Nacarat, eſt nacarat& blanc. Morillon Surhrun, rouge cramoiſy, ſang de bœuf,& blanc fort vif. Morillon Medionel“, rouge cramoify, colombin& blanc. Morillon de Flien, gris lavandè, colom- bin obſcur, colombin clair,& blanc. Morillon Roſan; couleur d'agriotte claire, tirant ſur Torange& blanc. Moritlon de Tournay, violet, obſcur, calombin obſcur,& peu de blanc. BES FUEIPRF. 103 Morillon parfait, rouge cramoiſy,& blanc. Morillon d Aquin, couleur d'agriotte elaire& blanc. Morillon ſang de bœuf, rouge cramoiſy obſcur,& blanc non d'entrée. Morillon Dondry, rouge obſcur,& blanc non d'entfèe. Morillon des Champs, couleur de gre- nade,& blanc. Aorillon Facquet, couleur de roſe& blanc. Morillon Picard, rouge tirant ſur L'in- earnat,& beaucoup de blanc. Morillon Paſcal, colombin obſcur i. rant ſur lè rouge,& blanc. Jon Zuret, rouge, couleur de roſe, & citron terny. Morillon AMadamèe, rouge& b d'entrée. Montfort, a ſes panaches d'un gris de in, chargé& meſlé de rouge ſur un beau blanc. Marbrbe ſaint Germain, gris mourant, incarnat& rouge. Maniſſicre, à un rouge ferme, un peu de rouge couvert& un tres-beau blanc,& bien net. Aarbret Grenier, rougen, colom- 1 111¹ lanc, non 2 104 FER AIT E bin„& blanc. Melidor, eſt panachèe d' incarnat ſut du blanc. Morinotte, incarnat vif,& blanc. Marbrͤe de Bõtre, eſt un gris de lin mourant, un beau rouge,& relevè d'un incarnadin fort èclatant. AMoulette, orangè tirant ſur la brique, & blanc, printanierc. Monſtre double, eſt une Tulipe qui ſa- tisfait peu, dautant que ſa fleur vient rarement en perfection: elle eſt fort double,& a plus de cent ou cent vingt fueilles,& a pour couleurs rouge, oran- gé,& jaune. Morſtre ſimple, eſt ainſi nommèe pour la grandeur de ſa fleur: elle eſt rouge & jaune,& diroit. on d'un drap dot que ſa fleur. Marquiſe, rouge, roſeſeche,& jaune blanchiſſant. AMedionelle, poutpre couleur d'Eveſ- que,& blanc non d'entrée, printaniere. HMeſtre de 8 5 colombin, couleur d'agriotte,& blanc, printaniere. Meruveille d Amſterdam gris de lin, cou- leur forte& vive,& blanc. Melinde, a pour couleurs un beau Pourpre rouge, ttes- vif,& un beau ſin at l DES TFUIETPES. blanc de lait. Melißee, couleur de roſe, incarnat& hblanc. Morine, a un incarnat chargè, aſſez beau& bien panachè ſur un beau blanc d'entrée. Alerveille de Harlem, colombin ob- ſcur,& colombin elair terny. AM ercure, rouge, incarnat& chamois. A onſtereulle, eſt panachée d'un violet eramoiſy vif, ſur beaucoup de blane. N Oiron, a un rouge ſang de bœuf, I& colombin, chargè fur du cha- mois. Nantoiſe, eſt d'un gris de lin, chargẽ & meſſè de rouge, qui ſe panachent aſ- ſez bien ſur du blane. Noirlis, eſt rouge, gris de lin,& blanc. Nevers, a les meſines couleurs que la Nantoiſe, mais elle a ſes figures& pa- naches differentes: ſes couleurs ſont gris de lin, rouge& blanc. Nouvelle de Holande, blanche,& pi- cotẽe de pourpre clair. TRAITE“ O Palle, eſt rouge char- gẽ jaune doré, nc. Ourl Feſt ckun beau 45 ſur du Blanc. Ouriee rectifice, rouge brun, titant ſur le cramoiſy,& beaucoup de blanc d'en- trée. Olinde, a de menuẽs panaches de rouge, & incarnadin ſur le bord des fueilles, qui ſor nt bl eèſt panachee d'un beau gris de ſur un be eau blanc. eſt mẽlẽc de chamois, avec une oulcur de gorge de p igeon fur du blanc. W à un Peau⸗ rouge brun, ſur du blanc de lait. E .e Ledlanus, rouge tres-vif,& f aune clair, printanitss. Paltot Robin dean rouge brun,„& jau- nẽ palle. Paltot ſaint Philbert, couleur de roſèe obſcure, rouge& citron broüillé. Paltot ſaint Paul rouge tirant ſur l'in- DBES TPUETPES, to⸗ earnat,& jaune de ſouffre. Paltot de trois couleurs, eolombin pale, couleur de ſouffre,& rouge. Paltot Pluton, rouge brülè,& jaunè. Faltot Tenebreux, rouge brülé,& jaune tixant ſur le chamois. Palto: Laydene, rouge brülé, citron, eouleur de ſuif, le tout broüillé. Paltos Enfumè, minime, fueille-morte, le tout broiillẽ. Paitot Queton, minime brülé, fueille morte claire, le tout broüillé. Paltot ſcint Pierre, rouge enfumé, co- lombin,& jaune citron, broũüillé. Paltot Cadory, rouge obſcur& jaune, Printaniere. Paltot ſaint Foſeph rouge& jaune, Print Hallot Kobin, fautif. Paſſe Cablon, eſt d'un beau pourpre violet& blanc. Faſſe Reſte, rouge& blanche. Paſſe Citadelle, eſt dun beau gris de lin, pourpre& blanc,& les couleurs ſont beaucoup plus vives que la Citadelle. Paſſe Tuilloiſe, colombin clair, colom- bin obſcur,& blanc ſalle. Papillone, a ſes panaches tres-fines,& a les meſme couleurs que la Galatèe, qui 208 TRAIT E? ſont iſabelle jauniſlant,& rouge doré, mais les ligures ſont differentes. Perroquettè de trois couleurs, fueille mor- te, colombin& vert. Verroquette de trois coulcurs. fneille mor- te, blanc& vert. Perroquette de deuæ couleurs, jaune& vert. Perroguette de deuæ couleurs, rouge& vert. Perroquetie de deux couleurs vert& blanc. Perroquette de deux oouleurs, citron& vert. Perroquette de deux conleurs Ièe,& vert fantaſque. Perroqutettie de de couleurs, fueille morte,& colombin. Penſde, on belle Penſes, eſt de couleur de penſee, avec du blanc de lait. Panachèe de Fief rouge brun tirant ſut le colombin& blanc. Panachès d' Arras, Pourpre clair, vio- Iet& blanc„hrintaniere. Picarde, eſt panachte de rouge,& un Peu de gris de lin ſur du blanc. Fanachee de l' Aube, roſe, rouge& blane, non d'entrée. Tanachde Kobert, incarnat& blanc 1 rouge brũ. Ion I11 Intt Pm D V11 10 U n irn Il0 K P ſi Peh Wan P.i 705 ech Pent 2 Pen Priß 00 Ut DESFULIpE& 109 non d'entrée. Tanachee de Caen, rouge éclattant„ bland, à grandes panaches. Pretenduè, eſt bien panachæe d'un beau lacque ſur du blanc. Pomméè, incarnat& blanc. Plumerolle, eſt rouge mort„& chamois. Palas, pourpre& blanc. Proſerpine, eſt rouge, chamois& jaune doré. Prevoſtale d Ibbeville, eſt colombin incarnat chargé,& blanc ſale. Payſane, rouge ſang de bœuf, colom- bin& blanc. Peintre, colombin vif& blanc prin- taniere. Petit Alexandre, colombin clair„& blanc d'entrée. Fetie Auguſtis, fiamette, incarnadin vif, & blanc d'entrẽe, fort tardif. Pæanaclite de aris, eſt d'un rouge fort eclatant, avec un beau blanc d'entrée. Hetit Suiſſe, rouge, brun& jaune. Perſe, incarnat& blanc. Pervienne, incarnadin, vif& blanc. Prixceſſe, incarnadin, fueille morte, couleur de citron,& blane non d'en- tree. Puceile Nichon, rouge d'ẽcarlate, co- 116 RAILF E lombin,& Elans non d'entrée. Preſidente, couleur de roſe tirant ſur L'incarnat& blanc d'entrée. Patite Brabanſonne. 0 Paran gon Villory, rous- tirant ſur le colombin,& 18 vif. Parangon d dc pourpre, rougèe cra⸗ moiſy, gris& 1 anc. Parangon ſaint Mandè, incarnat& blanc. Parangon Simile. Prothůe. Polianthe. nbii 2 Vatricolor, a quatre couleurs, qui ſont couleur de feus, colombin chargèe, chamois,& blanc ſalle, ou jauniſſant. R Amoneuſe, colombin obſcur, e. lombin clair,& peu de blan Robine, amarante,& peu de blanc. Rochefort, a pour couleurs rouge, iſa- belle,& gris. Rovennoiſe, Num. 1. ou C hapelle, rouge, — DE&N FTUILIPES. 111 colombin& blanc. Recrocedie, eſt panachẽe de colombin. ſur du blanc. leguliere, colombin clair, rouge,& beaucoup de blanc. Roſee, eſt couleur de roſe, incarnat& blanc ſale. Reine, amarante, pourpre& blanc d'en- trẽe, tirant ſur la Robinette. Richeval, eſt tres-richement panachẽ de violet lavè ſur du blanc. Kobinette, amarante, rouge, pourpre & blanche non d'entrée. Richemont, a deè belles panaches de gris de lin,& rouge ſur du blanc. 8 Cipien, rouge vif,& jaune blan- V chiſſant. Sultane, rouge brülé, gris lavendé ob- ſcur,& blanc. Seigneun, rouge clair,& chamois blan- chiſſant. Cuiſſe du Chaſteau, rxouge brun,& jau- ne pale. Suiſſe de Portugalrougo brun, peu de colombin,& blanc terny. Sabins i eſt panachẽc dun beau gris 111 TRAITE ſur du blanc. Sergent, jaune& rouge, fort tardif. Salinde, eſt d'un beau blanc de ſatin, ſut Ilequel elle ſe panache de rouge. Specieuſe d'Iuart, pourpre, rouge clair, colombin,& blanc, printaniere. Specieuſe, eſt d'un beau pourpre violet, avec panaches blanches,& les eſtami- nes d'un bleu ſi brun& ſi enfonce, qu'elles paroiſſent noires. Savoyarde, eſt d'un iſabelle couvert, rouge mort,& jaune. Solimene, eſt de petite ſtature,& ſes couleurs ſont un beau pourpre,& blane. 5 Antre, roſe ſeche, couleur de roſe, & blanc. Traverſi, gris lavendè pàle, rouge ob- ſcur& blanc, le rout broüillé. Lailloiſe, colombin, rouge& blanc. Triomphante. Toſitjours belle, eſt conſtante à ne point changer,& ſes couleurs de blanc naiſ- ſant,& rouge päle, ne diminuent ja- mais depuis ſa naifſance juſques à ſa mort. Tulipe de Candie, colombin clair,& fait f N. DESATUEWES.—— fait ſa Fleur en forme de Colchiqi Troyenne. V hue de Caen, eſt panachẽe, à dls Panaches, d'un rouge ecla- ant bör d. Je beau blanc. Unique d' Ablin, eſt panachè un beau vourpre violet, roſe ſeche& blanc. Dniquè de Delphe, eſt d'un* vio⸗ 8 57 1de let& blanc, Pattagé par un peu de rouge. Veffuue commune, roſe ſeche,& blanc. Hefe des 05 eſt pouef tpre brun, roſeè 855 he,& blanc. Ai, ol Ciprine, couleur de ſoulfre, colombin viß& ro¹ ige. Henitienne, ro uge en ſes panaches, ſur un beau chamois blanchiſſan I. Fernois, colombin clair, couleur de xo- ſe 32 ble AnC ter ny. Virginie, eſt 8 ne ſur baie zveée de 51 eces dètachèes, qui ſemblent des gouttes de ſang. V. 3 violet 33 beaucoup de blan Valde eſt d'un beau pourpre ſur du blanc. 14 FArrE Villeneuve, rouge terny, colombin& blanc. Villemarets, violet clair, pen de pour- pre,& blanc tres-vif. Vigny, colombin clair, rouge& jaune. 2 IAnet, colombin tirant ſur la cou- leur de roſe, chamois,& rouge clair. Saiblon commun, violet, commun, peu de rouge& de blanc. Zaiblon rectifié, violet, pourpre,& Blanc de lait. Zeilane, a de grandes panaches, violet dEvẽque, bordẽes de couleur de feu, ſur un beau blanc. Zurandale commune, a ſes panackes rou- ges, diſtinctement ſeparẽes davec dus blanc, ſur lequel elles seſtendent. Surandale rełtiſibe, rouge clair,& beau- coup de blanc, non d'enttee. Zurandale de Goa, colombin& blanc- FEIN. IIß. EEEEATESSTFEEEEEAEEs TABLE DES CHAPTTREs. Chap. 1. E la differenoe des Tuli- pes,& de leurs eſpeces, 3 Chap. 11. Du nom de Tulipe en general, des noms particuliers,& comme on les doit nommer, 9 Chap. 111. Quelle doit eſtie Ia Tulipe, tant en ſes couleurs, panaches, qlen ſa forme, 13 Chap. 1v. De la culture des Tulipes,& premierement du choix de celles qui ſont Propres Poun graine, 15 Chap. v. Des terres propres pour les Tu- li pes, 15 Chap. vi. Du temps qu on doit ſemer les graines de Tulipe,& de leur gouver- nement, 17 Chap. vi1. Des effets des glainet en leur Leneration,& production des feurs, 19, Chap. virI. D'oꝶ vient que des graines de Illipes, il en ſort pluſteuns meilleu- res,& beaucoup de moindres, 21 Chap. ix. Da gouvernement& culture dles Tulipes, après leurs fleurt paſſces, 23 Chap. x. Qu'il eſt necefßaire de lever tous las ans leg Tulines, 26 Eij hap. xi. En ꝗ ſaiſon on doit mettre les Tii lipes en terre,& de Hordre qu il faut tenir pour les planter, 27 hap. xiI. De la ci comme ils couleurs de celles Chap. NIIt. 64 zeren, nt de 1 Curieuæ Char 5. XIV. Quelle leurs 5 G di ve 4 à la Tulipe, Comme les larn ulipes fantaſques,& verſitè des o len 48 Chap. xVII. D'o procede la 4 4ui ne chane gent jamais GAe celles qui ont conſerve un peu 4˙0 deur, 57 hap. xVIII. Des ſignes qui marquent ſont les Tulipes qui ſe doivent * 54 Quẽe par art on peut faine les Tulipes,& avancer leur 4¹νn, 55 Que toutes les 7 Tulipes 2 qui ne BESCHAPITRES. 117 ſont pas capables de ſe chan ger en mieux,&de cçelles 4ui y ſont pro- Pres, 60 6 Chap. xxr. Que le ſecret Pour faire per- ‚ fectiouner les Tulipes, ne doit eſtre en- ſeignè qu'auæ ſages Curitus, 62 Chap. xxII. Que les Tulipes ne doivent Pas eſtre renduẽs communes,& de leur conſideration entre les Flamans& Ho- 90 landois, 67 Chap. xxIII. Des maladies deTulipes. 1& ds leurs remedes, 69 11 Chap. xxiv. Centre ceur gui mepriſent les Kleurt, 7 . Chap. xxv. La cauſe dn pen de durèe des Fleurs, 7⁸ ö Chap. XXVI. De la difference qu'il y à entre les veritables Fleuriſtas,& les Curieuæ ignorans, 8 1 Catalogue de pluſieune nome de Tulipes, 1 aVον la quantitè'& diſtinction de leure couleurs, 85 Fin de la Table. Fxtrait du Privilege du Roy. Ar Stace& Privilege du Roy, donné 4 Daris le 12. May 1673. ſigné, par le Roy en lon Conſeil BERKAU-νIl eſt permis à Char- les de Sercy, Marchand Libraire à Paris, dim- primer, ou faire imprimer, deux Manuſcrits, qui traitent de Ia taillè des arbres, les anter, greffer &cultiwer, pour faire des Eſpaliers,& pouùn touteès les choſes neceſſaires poun les Iardins: Com- me auſſi la maniere diclewer toutes ſortes de Fleurs, chacune ſelon leur eſßece,& les facons 4ll ſaut flaire pour les cultiver: dutant leſpace de dix années, à compter du jour qu'ils ſeront achevez d'imprimer pour la premiere fois: D&- fenſes ſont faites à tous Libraites& Imprimeurs, & autres perſonnes, d'imprimer ou contretaite leſdits L'vres, à peine de ſix mil livres d'amen- de; comme il eſt porté plus au long audit Pri- vilege. Regiſir“ ſur le Liure de la communauts des Marchands Libraires&& Imprimeurs de Paris, le 1. Miay Id. ſuivaut Arreſt du parlement da h. Abril tegs.& celuy du Conſel du ꝛa. Fe- urier 1dd,ã. Signé, THIERRTY, Syndic. Achevez d'imprimer le 9. May 1678. 2e Exemplaires ont etè fourm it, U f 4 1