A Madame la Comtesse d'Albany née Comtesse de Stollberg. â Florence. ddto. Helmsdorf le 26 Sept. 1802. S'il y avait quelque Chose au Monde, qui put ajouter aux Sentiments d'amour et de Reconnaissance, que j'ai voue pour la Vie a mon bon Oncle de Malzan, ce serait sous doute l'occasion precieuse qu'il me pro- cure, d'offrir un faible signe de Devouement, a une Dame, qui a daigné depuis tant d'années de combler notre famille de Bontés et de Bienveillance. Je compte le Jour, ou par la Recette de votre gracieuse Lettre, j'ai acquis la Permission de vous vouer mes faibles Services, entre les plus hereux de ma Vie& je m'empresse Madame! de vous donner ⌜ prealable- ⌜ ce Jour même ment les Exclacilissements, dont vous pourriez avoir besoin, â l'egard de l'Etât on se trouvent dans ce Moment les affaires de Mr le Bon de Wächter. Le Bon de Wächter, ajaut eté depouillé de sa Charge d'Envoié extrordinaire de S. M. Danoise, il y a est 3 Ans, devenu par la sujet de S. M. l'Empereur et Roy, par Rapport a des Possessions territoriales qu'il a dans la Jurisdiction du grand Baillage de Rottenbourg et ne peut plus s'envelloper dans sa Lettre de Creance, avec la quelle: il a eludé jusqu'a pre- sent toutes les Demarchés de ses Creanciers. Vous avez sans doute Connaissance d'une Creance de 30.000 lt que fut ma Tante Catharine de Mazau avait sur lui; aprés bien des Demarches et fraix, je suis parvenu, a faire enregistrer cette Dette sur le Livre des Hypotheques et je fus assez hereux d'être le premier qui a obtenu la Prenotation sur les fonds Territoriaux de Mr de Wächter, aprés moi il ya eu Mr le Bon de Groschlag de Mannheim avec une Pretention de 6000 flor: et une certaine Me la Corte née Ballettj cy Terant danseuse de l'Opera de Paris avec une autre de 32/m lt. qui ont obtenu la Praenotation au Mois d' setbre de l'année passée. Mais un arrangement particulier entre la Dernière et son debiteur aiant en lien depuis, la saisie qu'elle avait fait mettre sur ses Revenus, a eté levée& quoique M. de Wächter soit criblé de Dettes, je n'ai pas appris, qu'il ait eté procedé a une nouvelle Praenotation sur ses terres. La Valeur intrinsique des fonds en Terre du Baron, excedant la Somme de 10000 Louis, je vois la Probabilité de mettre vos Pretentions Madame! a l'abris de tout Danger, si vous ne perdez pas de Tems a faire praenoter votre Creance sur la Partie des Tems, qui est encor intacte. Il serait trop ennuiant pr. vs. Mde. si je voulais vous alleguer toutes les Loix de la Monarchie autrichienne, qui vs. prescrirent le Chemin a tenir dans cette Affaire et ma Lettre descendrait un Codex, je me borné donc a vous dire: 1. que vs devez faire presenter Requette â la Cour des Appels de l'Austriche anterieure, daus la guelle vs demanderez, gue le Grand Baillage de Rottenbourg soit autorisé de verifier la liquidité de votre Pre- tention est de prouder ensuitte a la Praenotation d y celle sur les Possessions territoriales de votre Debiteur. 2 Quand ce Tribunal aura delegué le gd. Baillage de Rottenbourg pour Ee Procide,(ce gu'il se fait toujours sans felai ni difficulté, si Variuse ne se trouve pas devoir quelque Chose a une Caisse d'Etât) vs devez ou presenter vs même, ou faire praesenter par quelqun muni de vtre Procuration accompagné d'un Avocat de la Regence de l'autriche auteriee les Titres originaux de votre Pretention, qui seront mis sous les Yeux del Debiteur, ou en son Absence, sous ceux d'un homme de Loi, delegué a sa Place par le grand Baillage. Je doit être decidé sur le Champ sure la Liquidité de ces Titres et demend procedé â l'En- registrement de la Dette sur les Livres de Hypotheques. 3. Le Prenotation faite, vs etes tenue d'Instituer, dans le Terme de 15 Jours, contre le Debiteur l'action justifi- catoire auprés le Tribunal provincial et pour d'Implorer l'Exeution du Decrêt de Liquiditê laché par le gd. Baillage de Rottenbourg en votre faveur. 'Execuation etant reconnue, vs; ou votre chargé d'affaires se transporteront sar les Lienk avec un homme de Loix er feront mettre saisre par la gd. Baillage de Rottenbourg sur tous te Mobilier et Immobilier et les Revenus territoriaux de M. de Wächter. 4. Aprés toutes ces demarches vs pourriez contracter amiablement avec Mr. de W. sur les Termes, dans les quels le Remboursement faciessiv de votre Creance doit s'effectuer – si vs su pouvez venir a Bout, vs. demanderez que ces Ternes soient regles par le gd. Bllge de Rottenbourg et si M. de W. ne remplit pas strictement ce qui lui sera imposé ⌜ le Gd. Bllge sur votre instance a cet egard ⌜ procedera a la Vente de sa terre. Voila Madame! le Chemin que je crois oser et devoir vs. indiquer, comme le plus court et le seul sur, prr. le Recoursement de vs fonds. Comme j'ai lien d'esperer que mon Oncle Conrad et les Enfants de fm ma mère feront remboursé de M. de W. avant la fin de cette année, j'ose vs presenter mes très humbles services. en cette affaire si vs soyez apropos de me honorer de cette Confiance. Quand â la somme de 20.000.l que vs proposes a celui qui vs fera paier de M. de W. je prends la Liberté de vs suplier très humble- ment, qu'il n'en soit plus Question; les Taxes pour les avocats etant reglés d'une Manière très equitable dans la Monarchie autrichienne. Il ne vs contera pas plus pr faire traiter une affaire de 100000 lt. qu'une de 20000 lt.& je me jugerais heureux d'être utile a une Dame, âlaquelle la plus respectable de mes Parentes devait uniquement sa fortune. J'attends de vs Ordles ulterieures, si je dois vs envoier des Pleinpouvoirs, que je ferais enpudier dans les formes prescrites a un Bureau autrichien et pour les quels je viens de donner Ordre a mon avocat le Dr Schneider a Fribourg en Brisgau, pr être honorés de votre Signature. Veuillez bien Madame! reflechir sur la Voie la plus sure, par la quelle vs pourriez faire assiser vs Titrer originaux en allemagne; car cette Condition est irremissiblement etablie par les Loix autrichiennes et ils doivent etre produits, non en copies conformes; mais en Original devant le gd. Baillage de Rottembourg. Si vs voulez les apporter vs même, il faudra demander a la Cour des appels que le Jour de la production soit fixé a un Terme, dans lequel vs pourrez faire le Voiâge d'Allemagne, ce qui ne ferrirait pas d'accellerer votre affaire; mais si vs jugez apropos de traiter vtre affaire vs même, je vs demande la Per- mission de vs onr presenter ma Maison de Helmsdorf qui est très agreablement située sur le Lac de Constance Pour le Procés que le Dux de Wirtemberg a voulu intenter contre le B. de W. j'ai lien de croire, qu'il n'a pas eu Lieu; car un ⌜anciens Konys d'Université qui est second. Conséiller ⌜ de mes au gr. Baillage de Rottenbourg m'en aurait surement donné connaissance. Mr de W. est depuis deux ans a Paris, ou il tient Maison, on le croit chargé et paié par les Etats du Pais de Würtemberg; mais cette Ressource ne suffirait pas a la Depense qu'il fait, le fait est, qu'il a traité jusqu'a present pour les Couverts immediats d' Allemagne, en particulier pr ceux da la Souabe, pr detourner le Ministère français de la secularisation; les Pappiers publics vs auront appris aver quel succés. Je ne crois pas que le Prince Charles de Hesse pourtait vs être de quelqu'Utilité, auprès le Tribunal, devant le quel vtre Affaire contre M. de W. doit se traiter; mais s'etant fait Caution pr. vtre Debiteur jel ferait perte, qu'il remplire les Conditions que celui a pris sur lui. Vous Madame! etes peutêtre plus dans le Cas, de l'y contraindre, quand a moi(quoique il ait aussu cautionné la Creance de feu ma Tante) je l'ai trouvé au dessus de ma Portée et n'ai pas jugé apropos de le reclamer pour cela. Aiand ⌜ autant qu'il m'a eté possible â la hate, satisfait ⌜ a ce que je crois aux Demandes gracieuses dont vs avez bien voulu depouvoir m'honorer, il ne me reste plus a souhaiter, que(vs mettre en Etât se juger de l'extrème satisfaction, que j'ai ressentie a pouvoir vs donnuer cette faible marque d'un devouement respectueux sans Bornes. Veuillez pardonner la Longuer d'une Lettre, qui n'est excusable que par son Titre de Lettre d'affaire& agréer les sentiments de Respect et d'Estime avec les quels j'ai l'honneur d'etre Madame Votre très humble très Obiessant et tout devoué serviteur Lassberg Nº. 3. Crende la Comtesse d'Albany à florence. ddto: Helmsdorf le 14 Nov: 1802. Reponse sur da Ceaean 16 Core 180 2. Je viens de recevoir la gracieuse Lettre que vous avez daigné de m'addresser le 16 du Mois passé, aujourdhui le 14 Nov: et je ne doute que vous n'aiez reçu en attendant la seconde que j'ai pris la Liberté de vs. faire parvenir en y poignantun Plinpouvoir a signer pour pousser l'affaire du B. de W. en Votre Nom. J'attends avec la plus vere Impatience votre Reponse sur cette derniere, car, aiant reçu par mon avocat le Dr Schn: l'avis, que le Procés d'Execution contre M. d. W. vat comencer, il me parait que vous n'avez pas un Moment a perdre, pour ne ps encourir l'Execution de vtre Pretension. Veuillez donc avoir la Bonté d'envoier au plutôt vs Titres originaux pr la Voie de M. Salvetti a Lindau, vs pvz les addresser ou B. de heissdorf Directeur du Bureau des Sortes imperiales en cette Ville, quiest mon beaufrere et qui me fera parvenir vs Depeches pr une Voie sure et courte a heiligenberg, ou je vais m'etablir la semaine prochaine avec ma famille pendant l'hyver. Vs'avez très bien fait Madame, en faire prendre Copie de vs Titres et de les deponr dans les archives de la Ville; car si on ne peut repondre des Evenements, cependant je ne crois pas que les Originaux courent aucun Risque pr la Voie de la Poste en prennant tojours un Reçu. Je me souviens très bien d'avoir entendu dire par mon Pere que Mde la Comtesse a eu la Bonté de lui faire parvenir une Caisse de Mdecines pr feu ma Mere, et qu'il etoit port en peine de la Voie pr la quelle il pourait s'acquitter du Montant de cet Envoi, pt être n'at it ps mêeme eu l'occasion de vous faire ses très humbles Remescoiments pr. cette Grace: permettez Madame! de m'en acquitter en son Nom et de vs suplier de vouloir bien m'indigner la Valeur de cette Caisse, pr pous air vs en faire l'Envoi. Je n'ai pas encor eté assez heureux, de faire des fraix pr votre affaire qui meritent d'être nommées et pr ceux qui pourront avoir lien dans l'avenir, je remettra votre Choix, si vs voulez m'en faire tenir un Credit a decompte sur une Maison a Lindau, ou si vs voulez me faire la Grace de permettre que je fasse les Avances necessaiire a charge de vs en indiquer le Montant toutes ls fois que j'aurai l'honneur de demander vs Ordres pendant le Cours de l'Affaire. Recraignez pas Madame! que la Terre de M. d. W. ne soit pas paiée, le Comte d'Attemis, de quel il l'a achetée, n'etoit ps homme a pouvoir attendre long tems, sur le Remboursement d'une somme qui devait le sauver& si même elle n'etait pas paiée, la Creance n'etant ps hipothequée, elle n'entreraiet en Concours qu'après vous. Il est Vrai que le Bon avait depuis des Champs er Boise d'un Convint de Religieuses, qui a eté secularise sous le Regne de l'Empereur Joseph II mais le Reste de cette Dette a eté acquitté l'année 1800. Quand M. d. W. vs a ecrit, qu'il avait des Pretentions a realiser en Angleterre, il s'est beaucoup eloigné de la Verité, il avait negocié une somme de 600000 lt pr Louis XVIII; mais c'etoient des Negociants de frankfurt qui avaient fourni l'Argent et j'ai lu une Lettre de M. le Cocute d'avarj favori de l'Infortuné roi de france, dans la quelle l'on promit, que les Sommes qu'on allendait d'Angleterre, seraient emploiées pr appaiser les Cris de ces Negociants, qui voulaient s'en prendre a M. d. W. sous le Nom du quel toute l'affaire se traitait – le Vrai est, que M. de W. tient Maison a Paris et fait l'agent de touts eux qui sont assez bons pr donner dans son Panneau. Il ressemble a les Champignons qui attendent la Pucie de la Revolution pr. pousser de nouveau. L'Essentiel parait être Madame! de me faire parvenir au plutôt possible vs Titres originaux, tout Retard so mettant sous le Peril d'etre rangée avec vtre Pretention dans la Classe des Creanciers nonhypothequés & j'ai tout lien de craindre que cette Classe ne sera que trop nombreuse. Veuillez voire Madame! que je regarderai comme l'Evenement le plus heureux& le plus agreable qui me puisse arriver, si je parviens a terminer cette affaire a vtre Contentement, d'aignez d'agréer les sentiments d'un Respect& d'un attachement sans bornes avec les quels j'ai l'honneur d'être x x Lassberg À Madame la Comtesse d'Albany à Florence. ddto. 12 Juny 1803. Heiligenberg. N'aiant pas reçu de Reponse sur ma Lettre du 15 Mars, que j'ai pris la Liberté de vous addresser en Reponse a votre Derniere du 26 fevrier, j'ai eu l'honneur de vous ecrire dernieremeret le 12 avril. Une Maladie passagère& des après Voiages frequentes dans des Affaires de Famille, accompagnés d'un Silence absolu de la Part de notre homme de Loix a Fribourg, m'ont entierement empeché de me rapeller de nouveau au Souvenir de Madame la Comtesse d'Albany& de lui fournir des Nouvelles ulterieures sur l'Etât de sa Causse. J'etois occupé a ranimer le Courage de Mr. le Docteur Schneider, dont la Centeur& les Pro- cédés trop, m'avaient donné Lieu arbitraires de me contentement, par un Monitoire, quand je reçus de mon beau frere de Lindau la Lettre du 7 May, que vous lui fites l'honneur de lui addresser. Mon Etonnement leur & ma Douleur montèrent Comble, quand j'apris par mon avocat, que vous lui aviez ecrit deux fois pour s'informer de la Cause de mon Silence supposé & de la Marche de votre Procés contre Mr de Wächter. Je ne scais, quel Kakadaemon a influé depuis quelque Tems sur le Cours de la Correspondance dont il vous a plu de m'honorer; mais j'ose prendre la Liberté Madame la Comtesse, de vous assurer très humblement, que depuis votre gracieuse Lettre du 26 Fevrier ⌜, je n'ai pas eu le Bonheur d'en ⌜ qui m'est paesenne le 10 Mars – recevoir. Dans ma Reponse du 15 Mars, j'ai pris la Liberté de vous dire, que Mr. le Docteur Schneider était allé a Rottembourg, que j'avais pensé le trouver la, pour concerte, avec lui la Voie que nous avions a prendre pour vous assurer votre Creance& effectuer après le Paiement. mais, qu'il m'en avait empeché, ne voulant pas m'indiquer la durée de son Séjour, que j'avais été obligé par la d'envoier par un Enprés vos Titres au Grd. Baillage de Rottenbourg et que je ne doutois pas, que l'Enregistremert de votre Pretention sur le Livre des Hypotheques, soit accordé tout de suite. Dans celle du 12 Avril j'ai eu l'honneur de vs mander, que notre avocat avait eu a son sejour a Rotten- bourg une Entretien avec le fils ainé de Mr de Wächter Capitaine au service de Danemark, que Mr de Wächter au Nom de son Pere avait fait des Proposition d'accomodement pour mon affaire, accélerer Et que Mr Schneider, au lien d' l'Execution contre Mr de Wächter, avait suspendu la Poursuite et m'ecrit une longue Lettre sur la Proposition de mon adversaire, en concluant, que je ne devais pas rejetter son offre. Que sur votre affaire, que je croiais deja en meilleur Train, il m'avait ecrit qu'il ne pouvait passer votre& allegué pour raison, qu'il devait avoir avant toute Chose un Compt exacte sur les arrérages de ce que Mr de W. vs doit, entre le Principal. Que ce Pretente me paraissait ridicule, vu qu'il aurait du y penser avant l'Infor- mation du Procés& que j'avais obtenu l'hypotheque sans même fiscer la Somme des Interêts echus. Que tout cela me donnait une très mauvaise Idée du Zele que notre homme avait a nous servir. Que j'avais rejetté les Propositions de Mr de Wächter que je trouvrais insultantes sur un Point, que j'estimais plus que touts les Terres du Monde et que j'avais Chargé Mr Schneider de nouveau de serrer notre Debiteur de plus près et de vive force, que cependant je priais Madame la Comtesse de me faire parvenir un Compto exact des Interets echus jusqu'au Courant. Voila Madame la Comtesse! le Cortenu de mes deux Dernieres du 15 Mars& 12 Avril. Je vois, que Mr Schneider en vrai Ancat, voudrait se detacher de ma Surveillance en votre affaire& n'avoir a rendre Compte qu'a vous. J'aprehende, que vs ne vs en trouverez pas mieux service; car je crains d'apercevoir que cet homnne cherche a faire un Paturage de nos Procés, sur le quel il ira se rafraichir quand les autres affaires lui manquent, ce qui me confirme dans cette Idée, est, que dans ce moment il n'a pas encor presenté ma Requette pour l'Excecution. & et d'opinion Cet homme change trop souvent de Language dans ses Lettres, pour ne pas me donner de Mefiance A. Mde la Comtesse d'Albany à Florence. par Augsbourg. Recomandée. ddto. 10 Juillet 1803. en Reponse a sa Lettre du 21 Juin 1803. La fortune, se plaisant a me jouer des Tours très cruels, me donne la triste Consolation de m'en plaindre, mais non, ce n'est pas a elle que j'en veux, C'est a des Malheureux, qui, en oubliant Honneur, Devoir & Sentiments, n'ont pas honte de comettre des Bassesses, qui dont les suites m'auraient pu ravir la Bien- de laquellle veillance d'une Dame, je compte la Grace entre les plus grands Biens de la Vie. Aiant I'honneur de vous accuser la Reception de votre Lettre du 21 Juin, qui m'est parvenu par mon Pere, je prends la Liberté de vous assurer, que jamais je n'ai demandé, ni fait demander, par qui que ce soit, de l'Argent au Correspondant de Mr. Salvetti à Lindau. La premiere foi, que vous avez fait donner Ordre à Mr. Rupprecht à Lindau pr M. Salvetti de Florence, de me paier 300 f pour les premiers fraix de votre Procés, M. Rupprecht aiant après que je me trouvais dans la Maison de mon Beaufrère a Lindau y a envoie un de ses Comis avec l'Argent, auquel j'ai delivré le Reçu. Durant l'Hyver dernier mon Beaufrère m'ecrit, que M. Rupprecht me faisait mander, qu'il avait reçu ordre de Florence de me faire un Paiement& que je devais lui faire savoir, s'il pourait le verser dans les Mains de mon Beau- Frère, ou si je voulais qui me l'envoie par une voie sure a Heiligenberg? J'ai repondu sur le Chamt a mon B.frère, que, n'aiant depuis long- tems pas reçu de Lettres de M. la Comtesse d'Albany & attendant de jour en Jour une Reponse a deux de a quelle fin mes Lettres, je ne pouvais comprendre elle m'avait assigné de nouveaux fonds chez M. Rupprecht, que je n'avais pas demandé, tenant encor la plus grande partie du premier Envoi, qu'il devait dire a ce Negociant, que je tirerai cet Argent se lui quand j'en aurai Besoin, mais, que dans ce Moment je n'avais pas occasion de l'emploier pour M. la C. d'Albany. Vers la fin du Mois de fevrier dernier, nous aprimes, que mon Beaufrère, que nous avions deja tiré plusieurs fois de l'Embarras, continuait toujours a faire de nouvelles Dettes, je courus a Lindau, ou je trouvais les affaires dans un fort mauvais Etât, je fus cependant assez heureux de sauver son Honneur en lui pretant les derniers 3000 f. sur les quels je pourais encor disposer, c'est a cette occasion qu'il me dit, u que M. Rupprecht avait nouvellement reçu ordre de me faire des Paiements quand j'en aurais besoin. Je lui repondis que Mde l C. d'Albany me faisait trop d'honneur en voulant m'accorder un si grand Credit, et que je ne me trouvais pas dans le Cas d'en faire usage, je demandais en même tems qu'il n'y avait encor pas de Lettre de florence pour moi? – il me fut repondu que non. Peu de tems après ma belle soeur faisait un Voiage a Augsbourg& Ratisbonne pour implorer le Grace du Prince de la Tour Tassis, à la soulager en pitoiable Etât dans le quel son sanier perci de Mari l'avait mit, et c'est pendant son absence qu'aparemert ce Malheureux, en Reconnaissance des Sacrifices que j'avais fait pour lui, a voulu escroquer les 360 f. de M. Rupprecht dont vous parles dans votre derniere Lettre, sous mon Nom. Je loue Dieu que ce Negociant a eu l'Esprit de lui refuser. Plusieurs Tours de la même façon que j'ai apris depuis, m'ont fait connaitre, mais helas! trop tard, ce mauvais sujet& j'ai tout lien de craindre, que l'heritage de mes Enfants soit emploié mon Bureau ou elle se trouvert encor inutilment pour un vil dissipateur qui va combler toute sa famille de Honte & de Prostitution. Daignez madame après tout cela, juger de la douleur extrème& de la Colère que j'ai du justement ressentir en lisant votre lettre du 21 Juin. Comment, ce Malheureux, qui a sans doute intercepté vos Lettres& les miennes, a eté Cause que vous aviez pu croire un Moment, qu'il m'aurait eté possible de ralentir mon Zele pour votre affaire& mon Attachement pour vous! Il est ci patri er Auses, que ce n'est que depuis quelques mois, qu'il nous a eté possible de decouvrir les Moiens par les quels il rousa trompé jusqu'a present& voila la Raison, pour laquelle j ai deja dans la derniere Lettre pris la Liberté de vous prier d'assusser d'orenanant vos Lettres par Insbruk& Augsbourg, avant que je savais quel mauvais Tour cet homme m'avait joué auprès de vous. Ah qu'on est malheureux Madame quand en aime ses Parents et en reçoit des Retours aussi indignes! Pour vous tranquiliser sur l'emploi que j'ai fait des 300 f que v. avez voulu m'envoier, j'ai l'honneur de vous mander, que, selon vos ordres, cet argent etant destiné, pour animer votre avocat du tems en tems par des avances, je lui ai envoié d'abord le tiers en lui promettant in second s'il me manderait en avoir Besoin; mais voiant qu'il ne se pressait pas trop a mener votre affaire a une fin, j'ai jugé apropos d'attendre la Nouvelle de la Prenotation de votre Creance& se serrer les 200 f restantes dans en attendant vos ordres ulterieures, comme j'ai eu l'honneur de vous dire dans ma Lettre du 15. Mars. Depuis ma Lettre, que j'ai eu l'honneur de vous addresser le 12 Juin, et de la quelle M Corres- pondant de M. Salvetti, le negocient Rupprecht a Lindau, m'a delivré un Reçu, je n'ai plus eu de Nouvelles du Docteur Schneider& j'ecris aujourdhui a Rottenbourg pour savoir l'Etât de mes affaires. Veuillez M. la C. ne pas mettre sur mon Compte touts ces facheux Contre temps, de quelles personne ne peut être plus affecté que moi& croire firmement que rien au monde est en Etât de me faire jamais changer les Sentiments de Respect& de l'attachement le plus vif, que vous a voué pour la Vie, Votre très h.& t: ob. s. Lassberg faites, je v. ce suplie très humblement, après mes homages a M. le C. d'Alfieri A Madame la Comtesse d' Albany, à Florence dtto: 20 Janvier 1804. Il serait inutile de vouloir entreprendre, a vous peindre Madame! l'Impression, que votre Lettre du: 7 du Courant a fait sur mon Ame& sur mon Corps. Je n'ai jamais rien lu de Pareil& je n'ai jamais cru que pareil Mots pussent être addressé a moi. Je saisis demie l'Espace d'une heure qu'il y a entre l'arrivée et le Depart de la Poste, pour vous dire, que j'espêre vous procurer, avec le Depart de la Poiste mecredi prochain, que je ne suis pas si coupable que vous me croiez, que je n'ai pas negligé vos affaires, que je vous ai ecrit der- nieremert le 2 Decembre, que j'ai distribué selon vos Ordres la Somme que vous m'avez fait parvenir a Mr le Dr Schneider& que je n'ai touché les derniers 100 fl. que pour les Soustraire aux Tentatives reiterées d'un Malhereux, qui est enfin parvenu a me miner. ⌜ Je suis hors ⌜ et pour en paier une Portée des fraix si l'affaire venait a la Conclusion, comme M. Schneieder m'a avait fait esperer l'Eté dernier. d'Etât de vous dire d'avantage, le Mouvement dans lequel mon Ame se trouve dans ce Moment, malade me rendant absolument incapable de toute Pensé; je dois d'ailleur me justifier auprès de mon Pere, lequel a ouvert et lue votre lettre que Mde la Princesse de Furstenberg lui a remis pour moi, dans l'opinion qu'elle lui etoit addressé, je dois ecrire a 3 ou 4 Bureaux de Postes pour apprendre ce que mes Lettres sont devenues. Je vous ai ecrit Madame! le 16 Novembre, que Mr le Docteur Schneider m'avait dit, que vous alliez obtenir une Sentence de la Regence; mais, que l'Avocat de Mr l B. de W. en apellera& que l'affaire n'etait pas encor si près de la Conclusion. Depuis le 25 Novembre je n'ai plus reçu de Nouvelles de Mr Schneider, qui est aller s'etablir a Gunzbourg ou siege la Regence, je lui ai ecrit dernierement m'ais je suis encor a attendre sa reponse. au Reste mon affaire est aussi peu avancée que la votre, Il m'est impossible d'ecrire d'avantage, permettiez de me nommer avec le plus profond Respect Madame! Votre x x x Lasberg A Madame la Comtesse d'Albany a Florence du 6 Fevrier 1804. à heiligenberg. L'importance de l'Object el la hâte qui en est inseparable excuseront la forme de ma lettre! Vous voudrêz bien, par l'Inspection des Copies cy jointes, prendre Notice de la Cession, que M. le Baron de Wächter a fait de sa Terre à sa Majesté danoise, il y a ouze ans& qu'il n'a jugé apropos de declarer a son Tribunal feodal, que dans ce Moment. Mr le Comte de Benzêl, Grand baillif de Rotenbourg, qui a la Bonté de s'interesser pour moi, me fait donner cette Nouvelle par son Cousin le Bon de Freiberg – il croit que cette Cession vat accélerer le Remboursement, des Creanciers praenotés,& je benis Dieu, que vous Madame! soiez de ce Nombre; car je crains beancoup, que tous les autres Creanciers, auront bien de la Peine a tirer quelque Chose du Bon de Wächter, au quel, cette declaration, aparêment très involontaire, vat attirer la Vente publique de son Mobilier, sa femme etant morte dernierement. Experant que Vous aiez eu attendant reçu mes lettres du 20& 26 Janvier, je me flatte, que votre opinion sur mon Moral& mon Zêle a vous servir, ait changé a mon avantage& j'ai osé anticiper sur vos Reso- lutions ulterieures& pour ne pas perdre le momment favorable j'ai, selon le Conseil du Comte de Benzil, ecrit aujourdhui au grand Baillage de Rotenbourg & reclamé en votre& mon Nom, contre cette Cession, & notament contre la Prise de Possession de S. M. le Roi de Danemark, au declarant que: nos Titres de Creance etant de plus ancienne Date que la Cession, nous croyions nous y devoir opposer aussi long tems, que S. M. Danoise n'aura pas liquidé& remboursé les Praenotés sur la hypotheque qu'Elle croit avoir acquise. J'ecris de même a M. le Docteur Schneider, du quel le silence opiniatre, me donne très mauvaise Idée de sa sincérté, je lui enjoins de porter nos Plaintes sans Perdre de Tems, au tribunal provincial de l'autriche anterieure, contre l'Immission du Bon d'Eyben dans notre hypotheque& de faire saisir les Revenus de Hirlingen, jusqu'a notre Remboursement. Je crois que le Grand Baillage de Rottembourg n'aurait du soufrir cette Immission, sachant, qu'une Dette ne peut être cedée a un autre Debiteur sans le Consentement du Creancier. Je desire Madame! d'aprendre, si ces Mesures ont votre Approbation& quelles Ordres vous daignez donner par l'Avenir, de même que la Disposition, que vous voulez faire sur les 100 f que sont, comme j'ai eu l'honneur de vous mander dans mes deux dernieres, encor dans mon Bureau. Les affaires aiant tout d'un Coup changé de face, je pense que l'avocat n'aura plus beau- Coup de peine a acherer; mais j'ai soumêts tout, cela a vos propres Lumieres. Veuillez Madame! aggréer les respectueux homages de votre très humble &c&c Lasberg 27 Sept: 1803 A Madame la Comtesse d'Albany à Florence ddto: Heiligenberg le 28 Mars 1804. Permettez M.de! qu'avant d'entrer dans le Detail de la Lettre que vous avez daigné de m'addresser le 24 fevrier dernier, J'aie l'honneur de vous mettre au Courant de votre Procés avec M. de Wächter. appels L'Affaire a eté envoiée à la Cour de l'autriche anterieure, qui siege a vienne, pour y être juqée en derniere instance, s'il plait a Dieu! car l'on ne peut savoir si M. de W. qui sait recede a toute Paie, ne trouvera encor un Tribunal, qui voudra bien trainer encor quelque Tems son affaire. Vous voiez Madame! que vous êtes bien plus heureuse que moi, qui fais la Guerre depuis Six ans a ce Chevalier de la Gibetiêre, sans pouvoir obtenir un arrêt contre lui. Il a dit dans sa Replique contre moi, que feu Mde de Malzan s'etoit engagée envers lui, que si le Capital ne lui serait denoncé durant sa vie, il n'etoit obligé de rembourser que deuc aus aprés que le Titre original lui serait presenté& quand il a eté sommé de produire le Titre de cêt Engagement, il n'a pu; alors il a dit, qu'il avait paié des 30.000 lt qu'il devait a Mde Malzan, depuis 17 ans la somme de 15300 lt& comme il n'a pu eu faire la Preuve, il a demandé qu'on a impose au moins le ferment que ces 15300 lt n'avaient pas eté rem- boursés par lui. ⌜ ⌜ je viens aussi de recevoir du grand Baillage de Rottenbourg la Reponse sur ma Requette du 10 fevrier, dont je prends la Liberté de vous joindre Copie. Vous voiez que le Gd Baillage dans sa Reponse fait semblant d'ignorer la Prise de Possession par le Roy de Dannemark, qu'oique elle a eu lieu au grand Prejudice des Droits feodaux que l'Empereur a sur la Seignerie de Hirlingen. J'ai tout de suite chargé notre avocat de porter sans perdre de tems nos Reclama- tions devant le tribunal provincial a Günz- bourg; mais il ne m'a pas rendu compte de cette Comission, il est – est toujours a fribourg, quoiqu'il m'avait fait le 25 Nov: dernier la Promesse ou est d'aller incessament siegera Günzbourg la Re- gence, cequi fait que tout languit faute de Sollicitations. Je suis excudé de ces Procedés, qui m'attirent des vires Reproches de la Part de mon Oncle Conrad& de une famille, qui en regette la faute sur moi. Je me prepare d'aller moi même a Rottembourg pour apprendre moi même la Nature& les Conditions de cette Cession au Roi de Dannemark. J'ai ecrit à Mr de Schwender, Membre du Tribunâl des appêls de l'autriche auterieure a Vienne pour lui recomander votre affaire, mais je crois qu'il ferait un merveilleux Effêt, si vous Madame! voudriez l'honnorer de quelque Lignes de votre Maine; c'est un homme droit& complaisant, qui trouverait très flatté de votre Sollicitation. Je vois que M. de W. aura saisi avec empressemnent la Proposition d'un accomodement, que vous lui avez fait faire; mais il n'entrera jamais dans les Conditions – il se prevalera de la Proposition, pour pouvoir remontrer au Tribunal des appêls, qu'etant sur le Point de traiter a l'amiable avec vous, il serait juste, de suspendre tout Jugement, jusqu' a la Conclusion de ce Traité; car il ne toute demande pas mieux que de trainer ses Procés, jusqu'à ce que ses adversaires, excedér de les Longeurs se rendent aux Conditions les plus desavantageuses. La Nonchalance evec laquelle le Dr. Schneider traite au transporter nos affaires, me force de moi même sur les Lieux pour prendre une fois ample& juste Information de l'Etât ou elle se trouvent; je ne manquerai de vous mander de Rotten- bourg même le Resultât de mes Perquisitions. Je viens Madame! sur des Points bien douloureux pour moi, je vous avais peint dans ma lettre du 2 Decembre les Malheurs dont le sort n'a cesse de m'accabler depuis le Comencement de l'année derniere, je vous en avais reiteré le Recit dans cette du 26 Janvier – les Tours sanglants que mon Beufrère de Lindau m'avait joué, la Perte presque certaine d'un Capital de 3000 fl qu'il a squ en m'escroquer, sa Destitution de l'Emploi qu'il avait, le fou Mariage que mon frère a cou- tracté avec une fille de rien, les Procedés de mes frères& soeurs qui receillent renverser la Donation de feu ma Tante en ma faveur de Malzan pour partager son heritage entre eux,& pour comble de Malheur, la Mort de votre filleuil, que nous avons perdu le 24 Sept: sans qu'il ait eté auparavant malade un seul jour par des Convulsions horribles. Voila je crois assez de Motirs, pour perdre le Gout de la Vie, aussi en suispe assez las,& si je n'avais pas d'Enfants je me regarderais comme un Moeuble bien superflus dans la societé. Les bons& les grands hommes disparaissent peu a peu de dessus cette malheureuse Nanête, et il n'y a que des Imbeciles& des Scelerats qui regissent le Monde. Que vous dirai je Madame! sur la Perte que vous reuez d'essuier? – je suis assez malheureux d'avoir au Coeur pour la sentir; mais je n'en ai pas pour vouvrir une Plaie, la quelle, peut cesser de saigner; mais, je le sens, ne guerira jamais. Vous voulez lui erriger un Momment – s'il y jamais un homme qui en fut digne c'est lui: mais – Monumentum aere perennius errexit sibi! Je suis avec un profond Respect Lasberg.